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Bénin-France : 65,5 milliards pour transformer le quotidien

Libreville, Vendredi 9 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Électricité, agriculture, expertise médico-légale. En deux jours à Paris, les 4 et 5 octobre 2026, le président béninois Romuald Wadagni a donné une traduction financière aux priorités de développement de son pays. Près de 100 millions d’euros, soit environ 65,5 milliards de FCFA, ont été mobilisés à travers des accords et engagements associés à l’Agence française de développement (AFD), à des financements européens et à Bpifrance. Au-delà du montant, l’enjeu est de convertir ces ressources en améliorations palpables pour les populations.

Cette visite de travail, la première du chef de l’État béninois en France depuis son investiture en mai 2026, s’est ouverte le dimanche 4 octobre avec sa participation au dîner de l’Africa France Impact Coalition à l’Élysée. Le lendemain, Romuald Wadagni a été reçu par Emmanuel Macron pour un entretien en tête-à-tête, suivi d’une réunion bilatérale. Les discussions ont porté sur les relations entre Paris et Cotonou, notamment la coopération économique, les investissements, l’énergie, la formation, la sécurité et la culture. Les signatures financières ont donné à cette séquence diplomatique une portée opérationnelle.

L’électricité, première condition du développement

La plus importante enveloppe, de 52,1 milliards de FCFA, concerne le programme PEDER+, destiné à étendre et renforcer le réseau de distribution électrique. L’objectif annoncé est de réaliser plus de 120 000 nouveaux branchements dans 750 localités réparties sur quinze communes des départements du Mono, du Couffo et du Borgou. Le programme doit contribuer à réduire les disparités territoriales et à améliorer la fiabilité du réseau.

L’électricité ne constitue pas seulement un service domestique. Elle conditionne aussi l’activité des petites entreprises, la conservation des produits agricoles, le fonctionnement des établissements de santé et l’attractivité économique des territoires. L’impact du programme dépendra donc autant du nombre de raccordements réalisés que de la continuité du service, de son coût pour les ménages et de sa capacité à accompagner les activités productives.

Produire davantage pour réduire les dépendances

Une enveloppe de 9,8 milliards de FCFA est consacrée au développement agricole, notamment à la structuration d’une filière piscicole dans dix communes du nord et au soutien des productions avicole, cunicole et oléagineuse dans seize communes. L’ambition est de renforcer les chaînes de production nationales, d’améliorer l’offre alimentaire et de créer des débouchés économiques dans les territoires.

Cette orientation répond à une question centrale pour les économies africaines, celle de leur capacité à transformer leur potentiel agricole en revenus, en emplois et en approvisionnement régulier des marchés. Les financements ne produiront toutefois leurs effets que s’ils bénéficient aux producteurs, facilitent l’accès aux équipements et aux marchés et s’accompagnent de dispositifs efficaces de conservation et de transformation.

Le troisième volet concerne la santé et la justice. Une lettre de mandat de 3,54 milliards de FCFA conclue avec Bpifrance doit contribuer à la mise en place de la plateforme PRIAM, dédiée à l’expertise médico-légale et aux analyses ADN. Le projet prévoit une capacité de 30 000 analyses par an, la formation de plus de 500 professionnels et le développement d’une filière universitaire spécialisée. Il vise ainsi à renforcer les compétences nationales et à réduire le recours aux analyses effectuées à l’étranger.

Des engagements à l’épreuve des résultats

La mobilisation de 65,5 milliards de FCFA représente une étape importante, mais elle ne constitue pas en elle-même une transformation économique. Les résultats dépendront du rythme de décaissement, de la qualité d’exécution des projets, de la transparence des marchés et de la capacité des institutions à rendre compte de l’utilisation des fonds.

Le déplacement parisien illustre une coopération qui cherche à relier dialogue politique et investissements ciblés. Pour le Bénin, le défi est désormais de faire de ces engagements des infrastructures fonctionnelles, des filières plus compétitives et une expertise scientifique durable. La réussite ne se mesurera ni aux signatures ni aux montants annoncés, mais aux foyers effectivement raccordés, aux producteurs capables de vivre de leur activité et aux services publics qui gagneront en autonomie. C’est à cette condition que les financements mobilisés à Paris pourront devenir un levier concret de souveraineté et de prospérité partagée.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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