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ONU : le Gabon réclame une place pour l’Afrique

Libreville, Mardi 29 Septembre 2026 (Infos Gabon) – L’Afrique veut désormais être présente là où se prennent les décisions qui engagent la sécurité du monde. À New York, le Gabon a remis la réforme du Conseil de sécurité au cœur de son agenda diplomatique, en défendant une revendication portée depuis deux décennies par l’Union africaine.

Libreville demande que le continent obtienne une représentation permanente au sein de l’organe le plus puissant des Nations unies, avec deux sièges permanents et, tant que le veto existera, les mêmes prérogatives que les autres membres permanents.

La ministre gabonaise des Affaires étrangères et de la Coopération, Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbénény, a porté cette position lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale. Cette prise de position intervient alors que le débat sur la réforme du Conseil de sécurité connaît une nouvelle phase dans les négociations intergouvernementales. Le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, a lui-même placé la sous-représentation de l’Afrique parmi les priorités de la réforme, estimant que le continent devait être davantage associé aux décisions du Conseil.

Une anomalie héritée de 1945

Le Conseil de sécurité compte toujours 15 membres, dont cinq permanents, la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie, auxquels s’ajoutent dix membres élus pour deux ans. Aucun État africain ne figure parmi les cinq permanents.

Cette configuration est directement héritée de l’architecture internationale mise en place après la Seconde Guerre mondiale, à une époque où la plupart des États africains n’étaient pas encore indépendants. Depuis, le continent est devenu le groupe régional comptant le plus grand nombre d’États membres de l’ONU et demeure fortement concerné par les questions traitées par le Conseil, notamment les opérations de paix, les conflits, les sanctions et les crises humanitaires.

Pour Libreville, l’enjeu n’est donc pas seulement symbolique. Il porte sur la capacité de l’Afrique à participer directement à la définition des réponses internationales aux crises qui affectent ses intérêts. Le Gabon a déjà siégé trois fois comme membre non permanent du Conseil, en 1978-1979, 1998-1999 et 2010-2011, mais cette expérience ne lui donne évidemment pas accès au statut permanent.

Deux sièges permanents et cinq sièges élus

La demande gabonaise reprend la position commune africaine définie par le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. L’Afrique réclame au minimum deux sièges permanents et cinq sièges non permanents au Conseil de sécurité, contre dix actuellement. Pour les sièges permanents, l’Union africaine entend obtenir l’ensemble des droits et responsabilités attachés à cette qualité.

Sur le veto, la position africaine est précise. Le continent a historiquement demandé sa suppression. Mais si le mécanisme est maintenu, les futurs membres permanents africains doivent en bénéficier eux aussi, afin de ne pas créer une nouvelle catégorie de membres permanents dépourvus des mêmes pouvoirs. Cette option figure explicitement parmi les positions défendues dans les négociations actuelles.

La revendication ne concerne toutefois pas uniquement le Gabon. La question essentielle pour l’Union africaine est de parvenir à préserver une position commune, puis à déterminer quels États africains occuperaient les éventuels sièges obtenus. Cette dimension pourrait devenir particulièrement sensible si la réforme franchissait une étape décisive.

Le débat entre dans une phase plus concrète

L’intérêt de la séquence actuelle tient au fait que la réforme n’est plus seulement évoquée dans les discours politiques. Les négociations intergouvernementales conduites sous l’égide de l’Assemblée générale examinent désormais différentes options concernant l’élargissement du Conseil, la représentation régionale et le statut du veto. Un document de synthèse de juin 2026 recense notamment les divergences entre États sur l’extension éventuelle du veto aux nouveaux membres permanents.

Le Gabon intervient donc dans un processus dont l’issue reste ouverte. Les États membres ne sont pas encore parvenus à un accord définitif sur la composition future du Conseil, et les positions divergent sur l’ampleur de l’élargissement comme sur les pouvoirs des nouveaux membres permanents.

Mais le rapport de force diplomatique évolue. Plusieurs dirigeants africains ont renouvelé leur demande lors de cette 81ᵉ Assemblée générale, tandis que le président de l’Assemblée générale a reconnu la nécessité de corriger la sous-représentation du continent.

Pour Libreville, cette mobilisation dépasse donc la seule défense d’un intérêt national. Elle consiste à rappeler qu’une réforme de la gouvernance mondiale ne peut durablement laisser à l’écart un continent de 54 États, alors même que les décisions du Conseil ont des conséquences directes sur sa sécurité et son développement. Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette convergence africaine en résultat institutionnel. Après des décennies de revendication, la question n’est plus de savoir si l’Afrique demande une place à la table. Elle est de savoir quand et selon quelles modalités cette place deviendra une réalité.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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