Bénin : tentative de putsch avortée, un signal fort pour les dirigeants africains
Libreville, Dimanche 7 Décembre 2025 (Infos Gabon) – Le Bénin s’est réveillé ce dimanche 7 décembre dans une atmosphère de confusion. À l’aube, un groupe de militaires a brièvement pris le contrôle de la télévision nationale, annonçant la chute du gouvernement et appelant à un « changement de régime ».
Mais l’épisode n’aura finalement duré que quelques heures. Selon les autorités, la tentative de coup d’État a été « totalement maîtrisée ».
Dans une déclaration solennelle, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Seidou, a annoncé la fin de la mutinerie. « Au petit matin […] un groupuscule de soldats a engagé une mutinerie dans le but de déstabiliser l’État et ses institutions. […] Les Forces Armées béninoises sont restées républicaines. Leur riposte a permis de faire échec à la manœuvre », a-t-il indiqué.
Le gouvernement a immédiatement appelé la population à reprendre « normalement » ses activités.
Un malaise réel, mais des méthodes dangereuses
Les putschistes ont tenté de justifier leur action par des critiques désormais bien connues : exclusion politique, cherté de la vie, concentration du pouvoir entre les mains de quelques-uns. Des frustrations que l’on retrouve dans plusieurs pays du continent, mais qui, une fois encore, ont débouché sur une réponse violente et archaïque.
Le recours aux armes pour résoudre des dysfonctionnements politiques ou sociaux continue d’handicaper profondément l’Afrique. Ces comportements rétrogrades ne font qu’alourdir un retard déjà considérable en matière de développement. Chaque tentative de putsch, qu’elle réussisse ou non, vient fragiliser les institutions, freiner l’économie et miner la confiance des citoyens.
Patrice Talon rattrapé par la réalité du pouvoir
Le président Patrice Talon, qui a affirmé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat et qu’il passera la main en avril 2026, se retrouve directement interpellé par cet événement. L’avenir jugera son action non seulement sur ses réformes économiques, souvent saluées, mais surtout sur sa capacité à laisser un pays stable, paisible et sécurisé.
C’est à l’issue d’un mandat qu’on reconnaît un véritable homme d’État : non pas à l’ampleur de ses ambitions, mais à la solidité des institutions qu’il laisse derrière lui. Talon, comme l’ensemble des dirigeants africains, doit mesurer la responsabilité qui lui incombe : celle de gouverner en écoutant, en ajustant, en anticipant, afin de ne pas laisser le terreau fertile aux déstabilisations.
Une interpellation pour toute l’Afrique
Cette tentative de putsch au Bénin n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une tendance préoccupante : les coups d’État, mutineries et soulèvements se multiplient sur le continent, révélant une fragilité institutionnelle et une déconnexion persistante entre gouvernants et gouvernés.
Elle pose une question essentielle : Comment un continent peut-il espérer se développer durablement s’il reste prisonnier de cycles politiques violents ?
Pendant que des nations du monde entier investissent massivement dans la technologie, la recherche, l’innovation ou l’exploration spatiale, une partie de l’Afrique continue d’être accaparée par des rivalités politiques internes, des querelles de pouvoir et des coups de force qui n’apportent aucune solution.
Chaque putsch avorte une opportunité. Chaque mutinerie retarde un progrès. Chaque instabilité détourne l’Afrique de ses priorités vitales.
La voie du dialogue, seule route vers l’avenir
Aux dirigeants africains, ce nouvel épisode rappelle que gouverner, c’est écouter, réformer, anticiper. Aux militaires, comme aux populations, il rappelle que la violence n’a jamais construit une nation prospère. Les armes peuvent faire tomber un régime, mais elles ne bâtissent ni des institutions, ni une économie, ni une paix durable.
Dialogue, inclusion, transparence et responsabilité doivent devenir les fondements d’une nouvelle culture politique africaine.
Le Bénin a évité le pire ce dimanche. Reste à savoir si le continent saura apprendre la leçon, et enfin choisir la voie de la stabilité, de la modernité et du développement.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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