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Cameroun : Kamto, seul contre tous

Libreville, Mardi 9 octobre 2018 (Infos Gabon) – Le président autoproclamé est la cible de nombreuses critiques depuis sa sortie de lundi dans laquelle il dit avoir remporté la présidentielle de dimanche.

Au lendemain de sa sortie tonitruante au cours de laquelle il a annoncé lundi avoir marqué son «pénalty», synonyme d’avoir remporté l’élection présidentielle de dimanche dernier, Maurice Kamto se retrouve isolé. Le candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) qui croyait faire foule autour de lui après avoir invité le président Paul Biya à préparer les conditions d’une transition pacifique, reçoit plutôt en retour des tacles venant de partout. Aussi bien au sein de la majorité que dans l’opposition, la classe politique semble prendre ses distances vis-à-vis de cet ancien ministre délégué de la Justice et professeur agrégé de droit.

Pour le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) et ses alliés, «certains candidats tiennent des discours enflammés pour s’autoproclamer vainqueurs et appellent au soulèvement des populations pour défendre leur prétendue victoire, en créant un climat de tension, d’insécurité et de violence dans le pays», a déclaré Jean Nkuété. Le secrétaire général du Comité central du RDPC dénonce vivement de tels comportements qui, à son avis, «relèvent de l’immaturité et de la fébrilité politiques. Ils traduisent, par ailleurs, un mépris des règles du jeu démocratique et des institutions que leurs auteurs ambitionnaient de défendre en se portant candidats à l’élection présidentielle».

Ses camarades de l’opposition se montrent plus virulents envers lui après cette maladresse. Joshua Osih, candidat du Social Democratic Front (SDF) s’inscrit en faux contre la démarche du «tireur de pénalty» qui n’a donné aucun chiffre. «Je trouve qu’il est important de comprendre qu’une élection est d’abord un exercice démocratique qui s’inscrit dans les textes en vigueur et qui devraient être respecté. C’est ce que nous sommes en train de faire. Nous pensons et nous espérons que l’agitation n’ira pas jusqu’à des pertes en vies humaines», a-t-il souligné.

«Je suis surpris parce que Maurice Kamto est un juriste. Je crois même qu’il doit être agrégé de droit public. On doit respecter le droit surtout si on l’enseigne. Si on l’enseigne et qu’on refuse de se l’appliquer, ça veut dire qu’on perd du temps aux étudiants», a lancé pour sa part Garga Haman Adji, candidat de l’Alliance pour la démocratie et le développement (ADD). Serge Espoir Matomba, candidat du Peuple uni pour la rénovation sociale (PURS), s’aligne sur la même lancée que les autres candidats. «Je pense que la sortie de M. Kamto répond certainement à une stratégie pensée par lui avant l’élection. Toutefois, nous devons attendre la publication des résultats. A notre niveau, nous continuons de recevoir des procès verbaux et les résultats que nous tenons, ne nous permettent de confirmer, ni d’infirmer les déclarations de M. Kamto», affirme-t-il.

Les religieux ne sont pas en reste dans cette avalanche de dénonciations. Le Conseil camerounais des imams, des mosquées et des affaires islamiques (COCIMAI) condamne également pour sa part «toute auto proclamation de victoire par un quelconque parti en lice ou qui que ce soit en dehors du Conseil constitutionnel». Même les missions d’observation accréditées, ont toutes, à l’unanimité, salué une élection présidentielle crédible, sincère, transparente, juste et démocratique.

Pour l’instant, Elections Cameroon (ELECAM) s’attèle à la compilation des résultats qu’il devra transmettre au Conseil constitutionnel qui a jusqu’au 22 octobre 2018 pour donner son verdict. Et comme disent les camerounais, à chaque pays son Jean Ping. Le Cameroun a désormais le sien en la personne de Maurice Kamto.

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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