Gabon : Le Gabon mise sur Josefa Sacko pour la direction de la FAO
Libreville, Dimanche 20 Septembre 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon vient d’inscrire sa diplomatie dans la bataille qui s’annonce pour la direction générale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Réuni vendredi 18 septembre à Port-Gentil, le Conseil des ministres a officiellement entériné le soutien de Libreville à la candidature de l’Angolaise Josefa Leonel Correia Sacko pour le mandat 2027-2031.
Un choix qui place la question agricole, la sécurité alimentaire et la représentation africaine au cœur d’un nouvel enjeu multilatéral.
Un soutien qui dépasse le cadre bilatéral
La décision gabonaise intervient alors que l’Angola cherche à porter une candidature africaine à la tête d’une institution stratégique du système des Nations unies. La FAO intervient notamment sur les politiques agricoles, la sécurité alimentaire, le développement rural et la transformation des systèmes alimentaires. Le prochain directeur général sera appelé à prendre ses fonctions après le second mandat du Chinois Qu Dongyu, dont le mandat actuel court jusqu’au 31 juillet 2027.
Pour Libreville, le soutien à Josefa Sacko constitue donc un acte de coopération avec Luanda, mais aussi une prise de position dans un processus international où les États africains disposent d’un intérêt direct à faire valoir leurs priorités. La décision s’inscrit d’ailleurs dans une séquence diplomatique plus large, le Conseil des ministres ayant examiné plusieurs dossiers liés aux relations multilatérales et aux organisations internationales.
Le choix de la candidate angolaise repose aussi sur un parcours largement consacré aux problématiques agricoles et au développement du continent. L’Union africaine indique qu’elle a exercé comme conseillère spéciale auprès du ministre angolais de l’Agriculture sur les questions de coopération internationale, avant de diriger l’Organisation interafricaine du café, où elle représentait les intérêts économiques de 25 pays africains producteurs.
Une candidature africaine à l’épreuve des réalités mondiales
Josefa Sacko dispose également d’une expérience au sein de la Commission de l’Union africaine. Elle y a occupé le portefeuille de l’Agriculture, du Développement rural, de l’Économie bleue et de l’Environnement durable. Des fonctions qui l’ont placée au cœur des débats continentaux sur la sécurité alimentaire, le développement rural et la résilience climatique. Des documents institutionnels récents la présentent par ailleurs comme ambassadrice d’Angola en Italie et représentante permanente auprès de plusieurs agences onusiennes basées à Rome, dont la FAO.
Cette trajectoire donne une dimension particulière à sa candidature. Son projet est présenté autour de la valorisation de l’expérience africaine, de l’innovation et de la résilience face aux défis alimentaires mondiaux. L’enjeu dépasse ainsi la seule reconnaissance d’un parcours individuel. Il touche à la capacité du continent à faire entendre ses priorités dans les grandes institutions internationales et à peser sur les politiques qui concernent directement ses agricultures, ses populations rurales et ses systèmes alimentaires.
Pour les pays africains, la question est également économique. L’agriculture demeure un secteur essentiel en matière d’emplois, de revenus ruraux, de lutte contre la pauvreté et de sécurité alimentaire. Une direction de la FAO attentive à ces réalités pourrait contribuer à renforcer la visibilité des problématiques africaines dans les programmes et les mécanismes internationaux. Cette perspective relève toutefois des objectifs affichés de la candidature et non d’un résultat acquis.
Libreville se positionne avant le scrutin
Le soutien gabonais intervient plusieurs mois avant l’élection. Contrairement à une première présentation limitée au mois de juillet 2027, le calendrier communiqué par les autorités angolaises prévoit la présentation formelle des candidatures entre le 27 novembre 2026 et le 26 février 2027. Le scrutin doit ensuite se tenir lors de la 45e session de la Conférence de la FAO, prévue à Rome du 26 juin au 2 juillet 2027, pour un mandat allant du 1er août 2027 au 31 juillet 2031.
D’ici là, la campagne diplomatique devrait progressivement prendre de l’ampleur. Le soutien du Gabon vient ainsi s’ajouter à la dynamique régionale autour de la candidature angolaise, sans préjuger de l’issue d’un scrutin qui réunira les États membres de l’organisation.
Pour Libreville comme pour Luanda, l’enjeu est désormais de transformer ce soutien politique en mobilisation diplomatique autour des priorités agricoles africaines. À l’échelle de la FAO, la compétition pour le prochain mandat se jouera autant sur les parcours des candidats que sur leur capacité à proposer une vision crédible face aux défis de la faim, du changement climatique, de la productivité agricole et de la transformation des systèmes alimentaires. Le vote de 2027 dira jusqu’où cette ambition africaine pourra se traduire dans la gouvernance de l’une des principales institutions mondiales consacrées à l’alimentation et à l’agriculture.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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