Célébration de la Journée mondiale de l’eau au Gabon : Le plaidoyer de Ibrahim Tsendjiet Mboulou
Libreville, Vendredi 27 Mars 2026 (Infos Gabon) – Dans une lettre ouverte adressée au Vice-président du Gouvernement, Ibrahim Tsendjiet Mboulou, président de l’Organisation Gabonaise des Consommateurs (OGC), présente un plaidoyer en faveur d’un meilleur accès à l’eau pour les populations gabonaises sans exclusive.
Depuis 1992, le 22 mars est inscrit dans le calendrier mondial comme étant « La Journée mondiale de l’eau ». Une Journée qui se commémore sur fond des activités diverses : ateliers, campagnes de sensibilisation, tribunes, etc.
Le Gabon n’a pas dérogé à cette tradition avec en prime, côté cour, une cérémonie institutionnelle à Libreville avec des partenaires de l’Etat, l’opérateur clé du secteur comme la SEEG, les experts sans oublier la forte présence de jeunes et acteurs de la société civile.
Discours officiels des autorités, échanges techniques et sectoriels des experts et opérateurs sur la gestion durable de l’eau, les projets d’extension du réseau ou d’accès à l’eau potable, sensibilisation à l’éco-citoyenneté et à une gestion durable de la ressource ont été au rendez-vous.
Mais, au regard du thème évocateur de cette édition « L’eau, source d’égalité », il nous est paru surtout utile de mettre en lumière le plaidoyer adressé au Vice-président du gouvernement venant de Ibrahim Tsendjiet Mboulou, acteur majeur de la société civile et président de l’OGC.
Son intervention, que lui-même ne présente pas comme une accusation, constitue plutôt une série des témoignages poignants, comme la voix de ceux qui n’ont que leur patience pour survivre, ou comme l’expression d’une urgence humaine.
Dans sa missive, le président de l’Organisation Gabonaise des Consommateurs lance une alerte à l’ensemble du Gouvernement et dresse la réalité qui touche profondément des nombreux concitoyens.
Morceaux choisis ! « Je vous écris au nom de Madame Léonie, mère de trois enfants à Nzeng-Ayong. Chaque soir, elle récupère l’eau de pluie dans des bassines, faute d’eau au robinet ; elle sait que cette eau n’est pas toujours sûre, mais elle n’a pas d’alternative. Elle m’a dit Je prie juste pour que mes enfants ne tombent pas malades ».
Cette réalité ne s’arrête pas à Libreville. Port-Gentil n’est pas en marge. « Je vous écris au nom de Ghislain, étudiant à Port-Gentil. Il se lève à quatre heures du matin pour aller chercher de l’eau dans un quartier voisin. Il m’a expliqué que ses retards en classe ne sont pas dus à un manque de discipline, mais à la nécessité de subvenir aux besoins essentiels de sa famille ».
Même un secteur aussi sensible que la Santé n’est pas à l’abri du stress hydrique. « Je vous écris de la part de Clarisse, une infirmière dans un grand centre de santé de Libreville. Elle m’a raconté comment certains soins sont retardés parce que les réservoirs d’eau sont vides. Elle m’a dit comment sauver des vies quand il n’y a même pas de quoi se laver les mains entre deux patients ».
Quartiers populaires ou huppés, tout le monde dans le même panier. « Je vous écris enfin au nom de ces quartiers entièrement touchés ou partiellement : Mindoubé, Kinguelé, Avea, Akébé plaine, Akanda et tant d’autres où les habitants vivent des semaines sans eau ».
Pire encore dans les villages de l’Intérieur du pays, la pénurie d’eau s’inscrit presque dans le quotidien. « Je vous écris au nom des villages où les femmes parcourent encore plusieurs kilomètres pour trouver un point d’eau ».
Malgré cette carence, les factures, elles, n’attendent pas du tout. C’est le cas « de nombreuses familles qui achètent des bidons et cube-teneurs à prix élevés, tout en continuant de payer des factures pour un service irrégulier ».
Le plus intéressant dans la sortie du président des consommateurs, c’est son insistance à signer que : « L’eau n’est pas un luxe ; l’eau est une dignité ; l’eau est une égalité ; l’eau est une vie ».
Avec foi et respects, le président des Consommateurs propose au gouvernement de la République : « d’agir avec détermination et humanité pour que l’eau ne soit plus un privilège réservé à certains quartiers, mais un droit réel pour tous ». Et que : « L’eau redevienne ce qu’elle a toujours été : un lien, une justice, une égalité ».
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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