Centrale d’Achat du Gabon : les premiers résultats annoncent une révolution dans la commande publique
Libreville, Lundi 20 Octobre 2025 (Infos Gabon) – À peine deux mois après sa création, la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG) affiche déjà des résultats jugés prometteurs. Annoncée comme l’un des leviers majeurs de la réforme de la dépense publique, la structure semble tenir ses premières promesses en matière de rationalisation des coûts et de transparence dans les achats de l’État.
C’est le ministre d’État en charge de l’Économie et des Finances, Henri-Claude Oyima, qui a livré les premiers éléments d’évaluation lors de son passage à l’émission Gouv’Actu, diffusée le 19 octobre sur Gabon 1ère. Selon lui, la CEAG aurait permis de réduire le coût d’achat de certains intrants essentiels de 30 à 50 %, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’agriculture.
Une baisse significative des coûts dans les premiers lots publics
Créée par le Conseil des ministres du 12 août 2025, la Centrale d’Achat du Gabon a pour mission de centraliser les commandes publiques, d’harmoniser les procédures et de négocier de meilleurs prix grâce à des volumes d’achat mutualisés. D’après les premiers chiffres évoqués, les économies réalisées sur les premiers lots, incluant médicaments, fournitures scolaires, engrais et autres produits stratégiques, se chiffreraient déjà à plusieurs milliards de francs CFA.
Pour Henri-Claude Oyima, ces premiers résultats confirment la pertinence de la réforme : « La CEAG a été conçue pour rendre la commande publique plus efficace, plus lisible et surtout plus équitable. Ces économies, si elles se confirment, représentent une avancée concrète dans la lutte contre la vie chère et le gaspillage des deniers publics. »
Une réforme ambitieuse, mais encore en attente de transparence
Si les chiffres annoncés suscitent l’optimisme, ils soulèvent également des interrogations. Le ministre d’État n’a pas précisé les prix de référence utilisés pour calculer ces réductions de 30 à 50 %. S’agissait-il des tarifs maximaux pratiqués avant la création de la CEAG, souvent jugés excessifs, ou d’une moyenne nationale issue des différents appels d’offres antérieurs ?
Cette clarification est jugée essentielle par plusieurs observateurs, qui estiment que la publication de ces données permettrait d’évaluer de manière plus rigoureuse la valeur ajoutée réelle de la Centrale d’Achat. Mais pour l’heure, Henri-Claude Oyima reste le seul à avoir communiqué sur ces premiers résultats, se posant ainsi en garant politique et technique de la réussite du projet.
Des effets concrets attendus dès janvier 2026
Au-delà de la rationalisation des marchés publics, la CEAG vise également à réduire le coût de la vie pour les populations. Selon le calendrier fixé, les premiers effets palpables sur les produits de grande consommation devraient être visibles dès janvier 2026.
Les prix des denrées alimentaires, du matériel scolaire, des médicaments et des matériaux de construction devraient connaître une baisse progressive, grâce à une meilleure gestion des circuits d’approvisionnement et à la réduction des intermédiaires.
Le modèle de la CEAG, à la fois public et privé, repose sur un capital détenu conjointement par l’État et des partenaires stratégiques du secteur privé. L’objectif affiché est de créer une structure souple, efficace et réactive, capable d’assurer la disponibilité des produits à des prix compétitifs, tout en favorisant les producteurs locaux.
Vers une nouvelle culture de la dépense publique
La mise en place de la Centrale d’Achat du Gabon s’inscrit dans la vision économique portée par le Chef de l’Etat, qui fait de la bonne gouvernance et de la rationalisation des finances publiques des piliers essentiels de la Transition.
Pour de nombreux économistes, la CEAG pourrait bien marquer un tournant dans la gestion des ressources de l’État, en introduisant davantage de discipline et de transparence dans les dépenses. Encore faudra-t-il, soulignent-ils, que les mécanismes de contrôle et d’audit soient renforcés pour garantir la crédibilité et la pérennité du dispositif.
En attendant, les premiers signaux sont encourageants. Si la tendance se confirme au premier trimestre 2026, la CEAG pourrait rapidement devenir un modèle de référence en Afrique centrale, démontrant qu’une gestion plus centralisée et rigoureuse de la commande publique peut être un puissant levier de développement et de justice économique.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
Copyright Infos Gabon

















