Conflits homme-faune : le Gabon envisage une commercialisation encadrée de la viande de buffle
Libreville, Vendredi 26 Décembre 2025 (Infos Gabon) – En séjour dans la province de l’Ogooué-Ivindo, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a ouvert un débat sensible mais stratégique : la possibilité d’une commercialisation encadrée de la viande de buffle.
Une réflexion inédite qui s’inscrit dans une approche équilibrée entre préservation de la biodiversité, protection des populations rurales et valorisation durable des ressources naturelles.
Une réponse pragmatique aux conflits homme-faune
La question des conflits entre l’homme et la faune sauvage demeure l’un des défis majeurs des zones rurales gabonaises. Dans plusieurs localités, notamment en périphérie des parcs nationaux, les incursions d’animaux sauvages causent d’importants dégâts aux cultures et mettent parfois en danger des vies humaines.
Face à cette réalité, le chef de l’État a tenu à rappeler que la protection de la biodiversité ne saurait se faire au détriment de la sécurité et de la dignité des populations. « Protéger la biodiversité ne doit jamais mettre en danger des vies humaines », a-t-il affirmé, appelant à une régulation mieux adaptée et à une évolution du cadre juridique lorsque la vie des citoyens est menacée.
Vers une commercialisation encadrée de la viande de buffle
C’est dans cet esprit d’équilibre que Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé avoir instruit le gouvernement d’ouvrir une réflexion sur une commercialisation encadrée de la viande de buffle. L’objectif est double : apporter une réponse concrète aux conflits homme-faune tout en évitant toute dérive susceptible de menacer les équilibres écologiques.
Cette approche viserait à encadrer strictement les prélèvements, à en assurer la traçabilité et à garantir le respect des normes environnementales, dans un pays reconnu pour son engagement en faveur de la conservation de la nature.
Une vision centrée sur l’humain
Au cœur de cette réflexion, le Président de la République a réaffirmé une ligne directrice claire : placer l’humain au centre de l’action publique. Cette posture concerne autant les populations rurales que les acteurs de la conservation.
Le chef de l’État s’est ainsi montré particulièrement attentif à la situation des écogardes, en première ligne dans la protection du patrimoine naturel gabonais. « Je n’ignore ni les sacrifices ni la précarité des écogardes, qui protègent notre patrimoine naturel parfois sans salaire durant des mois. Cette situation est inacceptable », a-t-il déclaré.
Vers une meilleure reconnaissance des écogardes
Pour mettre fin à cette précarité, Brice Clotaire Oligui Nguema a instruit le gouvernement d’examiner l’intégration des écogardes à la fonction publique. Une mesure qui permettrait de sécuriser leur statut, de garantir une rémunération régulière et de reconnaître officiellement leur engagement au service de la Nation.
Cette décision s’inscrit dans une volonté plus large de professionnaliser et de renforcer les dispositifs de protection de la faune et de la flore, tout en améliorant les conditions de travail des hommes et des femmes qui en assurent la mise en œuvre.
Un débat national en perspective
L’ouverture d’une réflexion sur la commercialisation encadrée de la viande de buffle marque un tournant dans la gestion des ressources fauniques au Gabon. Elle appelle à un débat approfondi associant experts environnementaux, autorités administratives, communautés locales et partenaires de la conservation.
Pour les autorités, il s’agit de concilier impératifs écologiques et réalités sociales, dans un pays où la richesse naturelle doit être un levier de développement et non une source de tensions.
En posant ce débat sur la place publique, le président Brice Clotaire Oligui Nguema affiche sa volonté d’explorer des solutions pragmatiques et responsables, capables de répondre aux attentes des populations rurales tout en préservant l’identité écologique du Gabon.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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