Côte d’Ivoire : Quand la rue parle dans le calme, il faut savoir écouter
Libreville, Lundi 11 Août 2025 (Infos Gabon) – La foule a marché samedi. Pas pour casser. Pas pour brûler. Mais pour dire. Dire qu’une élection ne doit pas être un terrain miné.
Dire qu’une démocratie qui ferme ses portes à certains candidats ne peut prétendre à l’unité nationale. Dire, enfin, que la paix n’est pas un héritage figé mais un édifice fragile que chaque décision politique peut renforcer… ou fissurer.
Les manifestants n’avaient ni pierres ni bâtons, seulement des convictions. Trois messages simples : non à un quatrième mandat, oui à l’ouverture du jeu politique, et réintégration des candidats exclus pour que le scrutin du 25 octobre ne devienne pas un rendez-vous biaisé avant même d’avoir commencé.
Le murmure de l’histoire
L’histoire ivoirienne, récente, est un livre que l’on ouvre avec prudence. Les pages du passé racontent les fractures, les rancunes, les drames. Fermer les yeux sur ces leçons, c’est jouer avec les braises encore tièdes d’un incendie qui a déjà ravagé la maison. Ceux qui pensent que la colère est éteinte oublient que, sous la cendre, le feu couve toujours.
Un pays au carrefour
Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire n’est pas au bord du précipice. Mais elle avance, pas à pas, vers une pente glissante. Une élection perçue comme verrouillée est le plus sûr chemin vers la défiance. Et la défiance, lorsqu’elle s’installe, ne se dissout pas dans les discours officiels : elle se propage, elle s’enracine, elle divise.
Le geste qui change tout
Il est encore temps. Un geste politique fort, une décision d’ouverture, et la tension retombe. Car la paix n’est pas l’absence de bruit : c’est l’acceptation des règles par tous. Ce que demande la rue, ce n’est pas la victoire d’un camp, mais la garantie que le match se jouera à armes égales.
La responsabilité des élites
Ceux qui dirigent aujourd’hui doivent se souvenir : le vrai pouvoir n’est pas de gagner coûte que coûte, mais de laisser derrière soi un pays debout, apaisé, respecté. Gouverner, ce n’est pas s’imposer ; c’est convaincre. Ce n’est pas écarter ; c’est inclure.
La Côte d’Ivoire a connu le chaos. Elle a connu la peur. Elle a connu le silence des armes qui ne signifiait pas toujours la paix des cœurs. Ne rallumons pas la mèche. Écoutons la rue tant qu’elle parle doucement. Car si elle se met à crier, il sera trop tard
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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