Environnement

Deux scientifiques gabonais au cœur du dialogue entre le Bassin du Congo et l’Amazonie

Libreville, Vendredi 14 Novembre 2025 (Infos Gabon) – Pendant dix jours, la caravane scientifique Iaraçu a parcouru le fleuve Amazone entre Manaus et Belém, transformant cette traversée en un espace flottant de coopération internationale dédié aux grands enjeux climatiques.

À bord, une délégation du One Forest Vision a représenté le Bassin du Congo, avec deux scientifiques gabonais en première ligne : Alfred Ngomanda, Commissaire général du Cenarest, et Aboubakar Mambimba Ndjoungui, Directeur général de l’AGEOS.

Leur présence a souligné l’engagement du Gabon dans la diplomatie scientifique et environnementale à l’échelle intercontinentale, au moment où les forêts tropicales jouent un rôle crucial pour contenir le réchauffement climatique et préserver la biodiversité mondiale.

Un pont scientifique entre les grands poumons tropicaux

La caravane Iaraçu, qui réunissait des experts d’Amazonie, d’Asie du Sud-Est et d’Afrique centrale, avait un objectif clair : rapprocher les trois grands bassins forestiers du monde et renforcer leur coopération. Les bassins de l’Amazonie et du Congo, considérés comme des régulateurs majeurs du climat global, partagent des défis similaires, dont la déforestation, la pression démographique, les feux de forêt, la fragilité des financements, et disposent d’une expertise qui ne demande qu’à être mutualisée.

Dans ce cadre, les chercheurs gabonais ont présenté les avancées nationales en matière de surveillance satellitaire, de collecte de données écologiques, d’évaluation du carbone stocké dans les forêts, et de gouvernance durable des écosystèmes. Leur contribution, saluée par leurs pairs, s’inscrit dans la continuité de l’ambition gabonaise de devenir un acteur majeur de la science climatique en Afrique.

Un laboratoire flottant pour la diplomatie environnementale

À bord, les activités se sont multipliées : ateliers techniques, comparaisons de bases de données forestières, échanges entre botanistes, climatologues et experts en télédétection, immersion virtuelle dans les forêts tropicales, débats sur les mécanismes de financement ou encore réflexion sur la place des communautés locales. Ces interactions ont jeté les bases d’une plateforme scientifique interbassins, appelée à devenir l’un des leviers majeurs de la gouvernance climatique mondiale.

La traversée a également été rythmée par des moments symboliques, dont la visite du Président Emmanuel Macron, venu saluer la dynamique scientifique internationale qui se déploie autour de la préservation des forêts tropicales. Il a insisté sur le rôle central de la science dans la diplomatie écologique contemporaine.

Le Gabon, un acteur incontournable du Bassin du Congo

La présence d’Alfred Ngomanda et d’Aboubakar Mambimba Ndjoungui témoigne de l’importance accordée par le Gabon à la coopération environnementale sud-sud. Les deux scientifiques ont rappelé que le Bassin du Congo, plus préservé que l’Amazonie, constitue un régulateur climatique essentiel qui mérite une reconnaissance et un soutien accrus.

Avec l’appui du programme One Forest Vision, le Gabon ambitionne de renforcer sa capacité d’analyse, d’observation et de protection de ses écosystèmes. Il s’agit d’un modèle que plusieurs pays du Sud souhaitent désormais étudier.

Vers une vision commune des forêts tropicales

À l’issue de la mission Iaraçu, un constat s’impose : la protection des grands massifs forestiers ne peut se concevoir qu’à travers des alliances scientifiques solides et durables. Le dialogue choisi entre Amazonie et Bassin du Congo ouvre la voie à une coopération renforcée autour, notamment sur la lutte contre la déforestation, la gestion durable des ressources, l’innovation technologique, et du partage des connaissances.

Pour les deux scientifiques gabonais, cette participation marque un jalon important dans la construction d’une diplomatie climatique portée par la science.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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