Politique

Dialogue politique au Gabon : L’offre de Minlama Mintogo

Libreville, Jeudi 13 Avril 2017 (Infos Gabon) – Le candidat à la dernière élection présidentielle fait des propositions portant sur les alternances pacifiques au pouvoir, l’équilibre institutionnel, les enjeux de développement de l’heure et le renforcement des capacités des animateurs de la démocratie. Il a exposé ce jeudi 13 avril 2017 à la plénière organisée au stade d’Angondjé.

Dans sa contribution au dialogue politique en cours, Dieudonné Minlama Mintogo a tenu à faire le chemin parcouru par le Gabon depuis la Conférence nationale en 1990 à nos jours. L’orateur a ainsi salué l’avènement du multipartisme qui est venu sonner le glas au monopartisme et célébré l’adoption d’une nouvelle Constitution.

Mais, plus d’un quart de siècle plus tard, la démocratie tarde à s’enraciner. «En 1990, nous avons adopté la démocratie et le multipartisme comme mode de gestion de notre pays, mais nous n’avons ni formé les démocrates ni donné les moyens aux acteurs chargés d’animer cette démocratie d’assumer leurs différentes missions avec efficience. Nos partis politiques dans leur très grande majorité n’existent que de nom. Ils ne disposent ni de siège, ni de moyens financiers ou matériels. Ils organisent très rarement les activités», regrette ce candidat à la dernière élection présidentielle.

«Dans la plupart des cas, ils souffrent d’un déficit démocratique dû au fait qu’ils appartiennent le plus souvent à des familles ou à des groupes d’individus qui apportent les moyens et dictent la loi. Pour la vitalité de notre démocratie, il nous parait important d’assurer le renforcement de capacités des acteurs démocratiques afin de leur permettre de jouer pleinement leurs rôles», ajoute-t-il.

Face à ce déficit, Dieudonné Minlama Mintogo se saisit de la tribune du dialogue politique pour faire une offre aux Gabonais en vue d’améliorer la démocratie, d’affermir l’Etat de droit, d’améliorer le système électoral, de moderniser la vie publique, de consolider la paix et la cohésion sociale.

Alternances pacifiques au pouvoir

A ce titre, il suggère de ramener la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans; de ramener le fait majoritaire en réintroduisant l’organisation des élections présidentielle et législative à deux tours; de limiter le nombre de mandats présidentiels à deux. Soit un mandat renouvelable une fois; ne pas limiter le nombre de mandats pour les députés, les sénateurs et les élus municipaux.

Pour lui, il ne faut pas introduire la notion de limite d’âge (maximum) en ce qui concerne la candidature à toutes les élections et élire le Président de la République en binôme avec son vice-président.

Renforcement de l’équilibre institutionnel

Dieudonné Minlama Mintogo propose de revoir les modalités de désignation des membres de la Cour constitutionnelle et du Conseil national de la communication, la durée de leurs mandats dans le but d’assurer une plus grande autonomie et une marge de responsabilité plus grande à ces deux institutions qui régulent la démocratie au Gabon.

Un système institutionnel aux enjeux démocratiques et de développement de l’heure

M. Minlama Mintogo qui relève que 26 ans après la conférence nationale certaines institutions tardent toujours à produire les résultats escomptés, suggère de nouvelles institutions qui permettront de renforcer la participation des autres forces vives de la nation dans le débat public en apportant une grande vitalité et d’accélérer le rythme de développement du pays.

A son avis, le Conseil national de la démocratie (CND) qui est un palliatif au déficit de démocratie, n’a pas sa place dans une démocratie véritable et doit pour cela être supprimé. «Par contre ces dernières années ont été marquées par la montée en puissance de la société civile. Mais, très peu organisée et faiblement structurée, la société civile tarde à jouer un rôle efficace dans le développement du pays. Il nous parait important d’organiser ce pan essentiel de notre société pour lui permettre de jouer un rôle citoyen de contrôle de l’action du gouvernement et d’évaluateur des politiques publiques», propose-t-il.

Dieudonné Minlama Mintogo est favorable à la création du Haut Conseil des acteurs non étatiques qui assurera ces missions ainsi que d’un Conseil national du dialogue social (CNDS). «Le CNDS aura pour principale mission d’assurer un dialogue permanent et sincère entre les différents acteurs. L’objectif est de trouver des solutions justes et consensuelles aux différentes récriminations soulevées par les partenaires afin de réduire les risques de crises ouvertes au sein des administrations et dans le secteur privé», soutient-il.

Renforcement des capacités des acteurs chargés d’animer la démocratie

A ce sujet, il propose de bâtir un Etat de droit démocratique, de moderniser la vie publique, de consolider la paix, la cohésion sociale, de réconcilier les Gabonais, lutter contre la corruption et d’améliorer le climat des affaires.

Ceci dans le respect et la promotion des droits et des libertés fondamentales; la promotion d’une justice indépendante et impartiale au service des citoyens et des entreprises; la construction d’une armée républicaine.

«Je propose la mise en place d’un Fonds d’appui aux acteurs démocratiques. Ce fonds qui n’excédera pas 10 milliards de francs CFA par an nous permettra de subventionner les partis politiques et les Organisations de la société civile qui travaillent dans les domaines de la démocratie et des droits de l’Homme», mentionne l’orateur.

FIN/INFOSGABON/SM/2017

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