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Fegafoot : une élection sans suspense ?

Libreville, Samedi 4 Avril 2026 (Infos Gabon) – À mesure que s’approche le congrès électif de la Fegafoot prévu le 18 avril à Mouila, l’issue semble déjà scellée.

Le président sortant de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), Pierre Alain Mounguengui, apparaît plus que jamais en position de force pour décrocher un quatrième mandat. Dans un climat marqué par des tensions, des contestations avortées et des rivalités internes, cette élection pose une question centrale : peut-on relancer durablement le football gabonais sans véritable compétition démocratique ?

Une contestation étouffée avant même d’exister

Annoncée comme un tournant, la mobilisation initiée par la Coalition pour le Salut du Football Gabonais n’aura finalement été qu’un épisode sans lendemain. La marche prévue dans les rues de Libreville, destinée à dénoncer le processus électoral et la candidature du président sortant, a été interdite par les autorités. Privée d’espace d’expression, la contestation s’est éteinte avant même de prendre corps.

Ce revers illustre les limites d’une opposition fragmentée, portée notamment par des candidats recalés pour non-conformité de leurs dossiers. Faute d’organisation solide et de stratégie cohérente, la contestation n’a pas réussi à s’imposer comme une alternative crédible. Dans ce contexte, Pierre Alain Mounguengui avance sans véritable adversaire.

Une élection verrouillée par les règles

Au cœur de cette situation, un élément clé : la validation des candidatures. Contrairement aux accusations de verrouillage politique, la commission électorale s’appuie sur les textes pour justifier l’absence de concurrence. Sur les dossiers déposés, un seul répondait aux exigences statutaires, les autres ayant été jugés incomplets, notamment en raison d’un nombre insuffisant de parrainages.

Résultat : un scrutin avec un candidat unique. Une configuration qui, mécaniquement, renforce la position du président sortant. Sur les 63 délégués que compte le congrès, 42 disposent du droit de vote, et les projections évoquent déjà un score écrasant, oscillant entre 80 % et potentiellement 100 % en cas d’abstention stratégique de certains opposants.

Une victoire annoncée, un défi intact

Cette dynamique conforte l’image d’un dirigeant solidement installé, dont l’influence dépasse le cadre national, notamment à travers ses fonctions au sein de la Confédération africaine de football. Mais derrière cette apparente stabilité, une réalité plus complexe se dessine.

Car si Pierre Alain Mounguengui semble aujourd’hui indéboulonnable, le football gabonais, lui, reste en quête de renouveau. Résultats en dents de scie, organisation contestée, attentes fortes des acteurs du milieu : les défis sont nombreux et pressants.

L’absence de concurrence dans cette élection, loin de clore le débat, pourrait au contraire l’amplifier. Elle interroge sur la capacité du système à se réformer de l’intérieur, à intégrer de nouvelles idées et à répondre aux aspirations d’une nouvelle génération de dirigeants, de joueurs et de supporters.

Entre continuité et nécessité de rupture

En réalité, cette élection dépasse la seule personne du président sortant. Elle met en lumière les limites d’un modèle de gouvernance où la stabilité se confond parfois avec l’immobilisme. La reconduction attendue de Pierre Alain Mounguengui pourrait être perçue comme un choix de continuité, mais elle devra impérativement s’accompagner d’une transformation en profondeur.

Car le football gabonais ne peut plus se contenter de gérer l’existant. Il doit se réinventer. Formation, infrastructures, compétitivité, transparence : les chantiers sont immenses et exigent une vision renouvelée.

Une légitimité à construire au-delà des urnes

Au soir du 18 avril, sauf surprise majeure, le verdict sera sans appel. Mais la véritable élection commencera après. Celle de la crédibilité, de la réforme et des résultats. Car dans un contexte où la victoire semble acquise d’avance, la légitimité ne se mesurera pas seulement au score, mais à la capacité à répondre aux attentes.

Être indéboulonnable est une force. Mais dans le sport comme en politique, c’est aussi une responsabilité. Celle de prouver que la longévité peut rimer avec renouveau. Faute de quoi, le football gabonais risque de rester prisonnier de ses propres certitudes.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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