Fonction publique gabonaise : Laurence Ndong veut mettre chaque compétence à sa juste plac
Libreville, Mercredi 28 Octobre 2026 (Infos Gabon) – La modernisation de l’administration gabonaise passe aussi par une meilleure connaissance de ses métiers et des compétences dont elle dispose. C’est l’objectif des travaux de consolidation et d’harmonisation du Répertoire interministériel des métiers de l’État gabonais (RIMEG), ouverts mardi sous la présidence de Laurence Ndong, ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités. Prévue jusqu’au 5 novembre, cette séquence doit contribuer à structurer la gestion des ressources humaines au sein des administrations.
Engagée avec les experts du ministère de la Défense nationale, cette nouvelle phase s’appuie sur un répertoire déjà présenté en Conseil interministériel. Celui-ci recense 17 domaines fonctionnels et 141 emplois. L’enjeu est de disposer d’une cartographie plus précise des métiers de l’État, des besoins des services et des qualifications nécessaires à leur fonctionnement. Au-delà de l’inventaire, le RIMEG doit devenir un outil d’aide à la décision pour mieux anticiper les besoins de l’administration.
La démarche marque une évolution dans la manière de gérer les agents publics. Il ne s’agit plus seulement de suivre les effectifs, les affectations ou les situations administratives, mais de rapprocher les postes des compétences réellement disponibles. Cette logique de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences doit permettre d’orienter plus efficacement les recrutements, les formations et les parcours professionnels, tout en facilitant la mobilité des fonctionnaires entre les services.
La réforme prévoit également l’élaboration de référentiels métiers et de fiches de poste détaillant les missions, les responsabilités et les qualifications attendues. Ces instruments doivent contribuer à clarifier les exigences liées à chaque fonction et à mieux répartir les ressources humaines entre les fonctions support et les métiers essentiels au fonctionnement de l’État. L’objectif affiché est notamment de réduire les situations de sous-utilisation des compétences, alors que l’efficacité d’un service public dépend autant des moyens disponibles que de leur adéquation avec les missions à accomplir.
La consolidation du RIMEG nécessitera toutefois une mobilisation de l’ensemble des ministères, notamment de leurs secrétariats généraux, de leurs directions centrales des ressources humaines et de leurs services techniques. Cette participation est déterminante pour construire un référentiel cohérent, représentatif de la diversité des métiers publics et suffisamment opérationnel pour guider les décisions de gestion.
Le répertoire doit aussi servir de socle au futur Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH). Son articulation avec cet outil numérique pourrait favoriser une gestion plus structurée des effectifs et des compétences, à condition que les données soient régulièrement actualisées et effectivement utilisées dans les décisions administratives.
Inscrite dans l’orientation défendue par le président Brice Clotaire Oligui Nguema en faveur d’une administration fondée sur la compétence, le mérite et la culture des résultats, la réforme porte une ambition claire. Mais son succès ne se mesurera pas au nombre de métiers répertoriés ni à la production de nouveaux documents. Il dépendra de leur traduction concrète dans les recrutements, les affectations et la formation. Placer le bon agent au bon poste suppose en effet de dépasser les intentions pour faire de la compétence un véritable critère de fonctionnement de l’État, au bénéfice des citoyens et de la qualité du service public.
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