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France : Olivier Faure veut reprendre le pouvoir sur l’économie

Libreville, Mardi 29 Septembre 2026 (Infos Gabon) – À l’approche de la présidentielle française de 2027, une question traverse désormais le débat à gauche avec une acuité particulière. Jusqu’où le pouvoir politique peut-il encore peser face aux grandes puissances économiques, aux marchés financiers, aux multinationales et aux transformations technologiques qui redessinent les rapports de force ?

C’est autour de cette interrogation que la Fondation Jean-Jaurès recevra Olivier Faure le 2 octobre 2026, pour une rencontre publique consacrée à son nouvel ouvrage, La Loi du plus juste, publié chez Robert Laffont.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, désormais engagé dans la primaire de la gauche sociale-démocrate, y défend une conception de la politique fondée sur la capacité à reprendre la main sur les mécanismes économiques qui structurent la société. Lors du premier débat de la primaire, le 23 septembre, il a déjà placé cette opposition entre « la loi du plus fort » et « la loi du plus juste » au cœur de son discours.

La rencontre organisée par la Fondation Jean-Jaurès intervient ainsi à un moment où le livre n’est plus seulement un objet éditorial. Il sert de support à une réflexion politique destinée à nourrir la candidature de Faure et à préciser sa ligne dans une compétition où plusieurs sensibilités de la gauche cherchent à définir leur propre rapport à l’économie, à l’État et à la transformation écologique.

Diana Filippova, essayiste et coautrice de La République des lecteurs, et Benoît Calatayud, codirecteur de l’Observatoire de l’urgence écologique et sociale de la Fondation Jean-Jaurès, seront chargés d’interroger Olivier Faure sur cette vision. Le débat doit notamment permettre d’examiner la capacité réelle de la puissance publique à encadrer les intérêts économiques lorsque ceux-ci disposent de ressources financières, technologiques et internationales considérables.

Cette interrogation prend une dimension nouvelle avec l’essor de l’intelligence artificielle, la transition écologique et les transformations du travail. Dans son programme, Faure propose notamment de revoir le financement de la protection sociale face aux effets attendus de l’automatisation et défend l’idée de faire contribuer l’intelligence artificielle à ce financement. Il plaide également pour une hausse du Smic et pour une meilleure redistribution de la valeur créée entre actionnaires et salariés.

Son livre élargit cette réflexion à trois grands chantiers qu’il présente comme des priorités, la transition écologique, la souveraineté alimentaire et la souveraineté numérique. Le choix de ces thèmes révèle une volonté de ne pas limiter la question de la justice économique au seul partage des revenus. Il s’agit aussi de savoir qui maîtrise les infrastructures, les technologies, les ressources et les décisions qui détermineront l’économie française dans les prochaines décennies.

La rencontre du 2 octobre devrait donc dépasser le seul cadre d’une présentation d’ouvrage. Elle intervient alors que la gauche française cherche encore une ligne capable de répondre simultanément aux préoccupations sociales, aux contraintes écologiques et aux mutations du capitalisme contemporain. Le débat sur le pouvoir politique devient, dans ce contexte, celui de sa capacité à fixer des règles, imposer des contreparties et orienter les investissements sans nier le rôle de l’économie privée.

La question posée par la Fondation Jean-Jaurès touche ainsi au cœur du débat démocratique. Dans une économie mondialisée, le pouvoir politique ne peut prétendre contrôler seul les forces économiques. Mais il peut décider du cadre dans lequel elles évoluent, des obligations qui leur sont imposées et de la manière dont les richesses produites sont réparties. Pour Olivier Faure, cette capacité d’intervention constitue précisément la condition pour que le vote conserve une portée concrète.

À quelques mois de la présidentielle, le débat ne porte donc plus seulement sur la place de la gauche dans le paysage politique français. Il porte sur une question plus fondamentale, celle de savoir si la démocratie peut encore fixer les règles du jeu économique.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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