Politique

Gabon: 2013, année de tous les enjeux !

Libreville, 10 janvier 2013 (Infos Gabon) – Ali Bongo veut coûte que coûte des réalisations et des résultats, et que l’indice de développement humain (IDH) s’inverse d’ici la fin de l’année budgétaire. Il appelle à la mobilisation de tous. Le logement, les transports en commun et la vie chère, ce sont les premières préoccupations des Gabonais ; c’est donc un combat national qui dépasse cette année les clivages partisans.

Tous les Gabonais ont entendu Ali Bongo Ondimba s’exprimer en ces termes lors des vœux télévisés adressés à la nation: «Qu’il s’agisse de certaines décisions des Conseils des ministres décentralisés, des Conseils présidentiels sur l’éducation et sur l’habitat , de la revalorisation de la situation dans plusieurs fonctions, notamment de l’enseignement de rang magistral, que du commandement territorial, je constate des pesanteurs , lenteurs et lacunes dans leur exécution coordonnée et diligente. Cela n’est pas acceptable. Tout ce que nous disons et décidons doit être fait ».

Tous les regards sont désormais tournés vers le gouvernement pour avancer dans cette voie, car la critique ne tardera pas à s’inviter dans le débat si nécessaire. Au cours de l’année qui vient de s’écouler, il a été constaté que les engagements pris par le pouvoir dans la loi de Finances n’ont pas atteint leurs objectifs, le rapport de la Cour des Comptes et de l’évaluation indépendant est révélateur. Des zones d’ombre subsistent encore dans la manière dont a été préparée la loi de Finances 2013. Ce qui amène les plus septiques à penser qu’aucun des objectifs fixés par le chef de l’Etat ne sera atteint. Et pour cause : pourquoi le premier ministre ne s’est pas présenté lui-même devant les parlementaires pour défende la Loi Organique relative aux Lois des Finances et à l’Exécution du Budget 2013 (LOLFEB) pour un vote solennel en session plénière ? Si trois (3) ministères ont été retenus cette année pour la mise en œuvre de la Loi des finances par objectifs de programmes, pourquoi leurs projets de budget sectoriels n’ont pas été accompagnés d’une évaluation d’impact (ex ante) ? Autrement dit, puisque Ali Bongo a une vision pour le Gabon, quels sont au moins ses deux ou trois principaux défis pour 2013 ? Et quel est le calendrier fixé pour les relever ?

2013 s’annonce comme une année au cours de laquelle les Gabonais sont appelés à affronter et à relever de nombreux défis tant sur le plan économique que sur le plan  politique avec l’organisation pour la première fois dans notre pays des élections locales avec la biométrie. Ce n’est pas une partie de plaisir. Des ajustements s’imposent pour une vraie adaptation au contexte qui se profile à l’horizon. Tout se décline en termes d’enjeux majeurs de l’émergence qui ne doit pas être un slogan ou un vain mot bien plus une réalité sur le terrain dont les premiers résultats sont vivement attendus.

2012 a planté un décor sur tous les plans. Il s’agit de l’organisation des élections locales avec la biométrie et des chantiers de l’émergence dont les résultats étaient attendus fin 2012. Comment faut-il s’y prendre pour éviter cette fois-ci ce retard dans la livraison ? Le gouvernement et de tous les acteurs doivent faire preuve de leur savoir-faire et de leur détermination à aller de l’avant dans la vision du chef de l’Etat. Mais à cause des pesanteurs inattendues qui sont venues assombrir d’heureuses perspectives qui devraient en découler, les Gabonais, au final, n’ont pas pu récolter les fruits de sacrifices et autres efforts soutenus, après de durs labeurs.

Force est de reconnaître aussi qu’un travail titanesque est effectué par des entreprises nationales sur les différents chantiers pour placer le Gabon sur la rampe des pays émergents d’ici 2025. Dans quelques mois seulement on aura enfin fait sortir de terre des logements peu couteux. La promesse faite par Ali Bongo lors de sa campagne électorale sera une réalité avec des maisons d’une à quatre chambres et construites avec des matériaux durables.

La politique en panne

L’absence de cohésion nationale est un déficit qui n’a pas donné une bonne image sur les plans national et international de la République gabonaise en dépit de la diplomatie agressive menée par le président Ali Bongo Ondimba. Au cours de l’exercice passé, la classe politique s’est illustrée par un manque d’appréhension des enjeux du moment. Le fonctionnement harmonieux des institutions n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière à cause de leur instrumentalisation.

Aussi curieux que cela puisse paraître, les débats au sein de l’Assemblée nationale ont perdu de leur pertinence. Tout semble plomber face à l’étendue des enjeux. Les auditions des membres du gouvernement. Ce qui remet sur la sellette la capacité manœuvrière de la direction des débats. En fait, plutôt que de régenter les débats, celle-ci aurait dû exceller par l’encadrement des intervenants afin d’éviter des dérapages. Un recadrage s’impose pour que les discussions au sein de l’Assemblée nationale retrouvent de l’éclat en même temps que de la pertinence. Le chef de l’Etat dans son adresse aux deux Chambres lors de la présentation des vœux de nouvel an ne s’était pas privé de fustiger l’irresponsabilité qui caractérisent les plénières de la Chambre basse du Parlement contrastant d’avec la sérénité du Sénat.

Economie : mi-figue, mi-raisin

Le bilan reste mitigé sur l’effectivité de la mesure relative à la baisse des prix des produits de consommation courante, prise par le gouvernement. Dans plusieurs centres commerciaux, la mesure est respectée. Il n’est pas normal que certains commerçants véreux refusent d’appliquer cette décision. La misère et le chômage règnent encore au Gabon en dépit « de ressources naturelles abondantes (…). Les taux de pauvreté et de chômage restent élevés, et les indicateurs de développement humain demeurent comparables à ceux de pays à faible revenu. La croissance devrait atteindre 6 à 7%” en 2012, la même situation risque de se reproduire en 2013. Cette croissance est due en grande partie aux investissements publics, lesquels sont en quasi-totalité dépendants des recettes pétrolières.

Le Gabon fait face à des défis importants de développement économique et social. Les indicateurs de développement humain demeurent comparables à ceux de pays à faible revenu, ceci, malgré l’abondance de ressources naturelles dont jouit le pays. En effet, les seuls pétrole et manganèse représentent 90% des exportations du pays, et 45% de son PIB. Une baisse de leur coût serait donc une catastrophe pour le pays en l’état actuel.

Dans le secteur de l’environnement, le gouvernement reçoit des satisfécits de la part des partenaires habitués à trouver à redire sur les décisions gouvernementales en matière de protection de l’environnement. De nouvelles formes des recettes sont attendues dans ce secteur où le rayonnement du Gabon est devenu une réalité vivante aux côtés de la diplomatie. En adoptant une approche compétitive, le Gabon consolide sa position de poumon de la planète.

Poursuite du cycle électoral

Le moment est arrivé pour que les élections s’organisent dans la transparence avec la biométrie. Les ratés de 2011 devraient conduire au remplacement de la CENAP par une nouvelle réalité. Celle où la société civile joue un rôle central et déterminant dans l’organisation des scrutins au niveau local. Les politiques sont invités à ne point se présenter en juge et partie, piégeant dès le départ le jeu électoral.

Perspectives 2013

En ce qui concerne les perspectives 2013, elles sont perçues du point de vue des défis à relever. Le jeu démocratique doit être relancé. Aucune question ne devra être éludée par le Parlement afin de ne jamais donner le prétexte aux opposants non parlementaires à contester la légitimité des institutions.

FIN/INFOSGABON/WT/2013

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