Gabon : À Libreville, l’exécutif tape du poing sur la table face aux coupures d’eau et d’électricité
Libreville, Mercredi 4 Mars 2026 (Infos Gabon) – Le chef de l’État exige des comptes à la SEEG et presse le partenariat avec SUEZ de produire des résultats visibles.
Les délestages à répétition dans le Grand Libreville ont fini par provoquer une réaction au sommet de l’État. Mardi, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a convoqué une réunion de travail avec les dirigeants de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), des représentants du groupe SUEZ et le ministre en charge de l’accès universel à l’eau et à l’électricité, Philippe Tonangoye.
Objectif affiché : comprendre pourquoi, malgré les engagements pris et les appuis de l’État, les coupures d’électricité et les interruptions d’approvisionnement en eau persistent dans la capitale et ses environs.
Une exaspération présidentielle
Selon plusieurs sources présentes à la rencontre, le ton employé par le chef de l’État a été particulièrement ferme. Face aux responsables de la SEEG, il a exprimé son « profond mécontentement » devant l’incapacité de la société à assurer un service continu, alors même que les autorités assurent avoir consenti des efforts financiers et institutionnels pour soutenir l’entreprise.
Au cœur des reproches : une gestion jugée défaillante. Manque de transparence dans les procédures internes, relations opaques avec certaines entreprises sous-traitantes, communication insuffisante envers les usagers, pour ne citer que cela. Autant de dysfonctionnements pointés comme des freins à la modernisation du service public de l’eau et de l’électricité.
Dans un contexte social marqué par une forte attente en matière d’amélioration des conditions de vie, ces coupures répétées alimentent la frustration des ménages et des opérateurs économiques.
Le pari du partenariat avec SUEZ
La réunion a également permis de revenir sur le partenariat stratégique conclu ces derniers mois entre l’État gabonais et le groupe SUEZ. Présenté comme un levier majeur de redressement technique et organisationnel, cet accord vise à moderniser les infrastructures, optimiser la production d’eau potable et sécuriser la distribution d’électricité.
Pour l’exécutif, ce contrat doit marquer un tournant. Il ne s’agit plus seulement d’un appui technique, mais d’un engagement politique : restaurer la confiance des usagers et poser les bases d’un service public fiable.
Reste à savoir dans quels délais les effets de cette coopération seront perceptibles sur le terrain, alors que les habitants du Grand Libreville continuent de subir des interruptions imprévisibles.
Gouvernance et lutte contre les fraudes
Au-delà des questions techniques, le président a insisté sur la nécessité d’assainir la gouvernance de la SEEG. Des mesures de redressement financier seraient envisagées, incluant un contrôle accru des pratiques internes et la mise en lumière d’éventuels actes frauduleux.
La publication des listes de personnes impliquées dans des branchements illicites ou des détournements de ressources a été évoquée comme piste de dissuasion. Une approche qui pourrait susciter le débat, tant elle pose la question de l’équilibre entre transparence, exemplarité et respect des droits.
Dans le même temps, le chef de l’État a appelé les cadres et techniciens de la SEEG à « jouer collectif » et à tirer pleinement parti des nouvelles technologies introduites par le partenaire français.
Un test pour la crédibilité de la Transition
Au-delà de la gestion d’une entreprise publique, c’est la crédibilité de la promesse d’amélioration des services essentiels qui se joue. L’accès régulier à l’eau potable et à l’électricité demeure l’un des indicateurs les plus concrets de l’efficacité de l’action publique.
En haussant le ton, le président de la République envoie un signal politique clair : les dysfonctionnements structurels ne peuvent plus être tolérés. Reste désormais à transformer l’injonction en résultats mesurables, dans un pays où les délestages sont devenus, au fil des décennies, un symbole des failles de gouvernance.
Pour les habitants de Libreville, la question est simple : les prochaines semaines marqueront-elles enfin la fin des coupures à répétition, ou s’agira-t-il d’un nouvel épisode dans une crise chronique du service public ?
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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