Economie

Gabon : alerte rouge sur un insecticide explosif

Libreville, Mercredi 6 Mai 2026 (Infos Gabon) – Un produit du quotidien, potentiellement mortel. Les autorités gabonaises ordonnent le retrait immédiat de l’insecticide « Super Rambo », révélant une faille préoccupante dans le contrôle des produits importés.

Une menace invisible dans les foyers

L’alerte est sans équivoque. À Libreville comme sur l’ensemble du territoire, les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme : l’aérosol insecticide « Super Rambo », largement utilisé dans les ménages, représente un danger immédiat pour la santé publique.

Dans un avis officiel publié le 27 avril 2026, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a ordonné le retrait total du produit du marché, assorti d’une mesure radicale : sa destruction.

Derrière cette décision, une réalité inquiétante. Ce qui devait être un simple insecticide domestique s’apparente, selon les autorités, à un véritable cocktail explosif.

Un produit hautement inflammable et toxique

Les analyses menées par les services compétents révèlent une composition alarmante : jusqu’à 99 % de kérosène et de gaz de pétrole. Une formulation qui transforme chaque bombe aérosol en risque potentiel d’explosion.

Mais le danger ne s’arrête pas là. L’exposition au produit pourrait provoquer de graves troubles respiratoires, des irritations cutanées et oculaires, avec des conséquences accrues pour les populations les plus vulnérables, enfants, femmes enceintes et personnes fragiles.

En clair, un produit conçu pour éliminer les nuisibles devient lui-même une menace directe pour la vie humaine.

Fraudes et opacité : le scandale de trop

Au-delà de la dangerosité chimique, l’affaire « Super Rambo » met en lumière des pratiques frauduleuses préoccupantes.

Les enquêteurs ont identifié un étiquetage trompeur, ne reflétant pas la composition réelle du produit, ainsi qu’une absence totale d’identification du fabricant. Résultat : aucune traçabilité, aucun recours possible en cas d’incident.

Ces manquements constituent une violation grave des normes de sécurité et illustrent les failles persistantes dans la régulation de certains produits importés.

Consignes strictes et mobilisation générale

Face à l’urgence, la DGCCRF appelle à une réaction immédiate. Les consommateurs sont invités à cesser toute utilisation du produit, sans exception.

Les autorités insistent : il ne faut ni jeter l’insecticide à la poubelle, ni le brûler, sous peine de provoquer une explosion ou une intoxication. Quant aux commerçants, ils sont sommés de retirer sans délai le produit de leurs rayons, sous peine de sanctions.

L’appel va plus loin : une mobilisation citoyenne est encouragée, chacun étant invité à signaler tout point de vente ou de détention du produit.

Un révélateur des failles du marché

Au-delà de ce cas précis, l’affaire soulève une question de fond : celle de la circulation de produits chimiques à bas coût, souvent attractifs pour les consommateurs, mais dont la conformité reste incertaine.

Dans un contexte où les insecticides sont massivement utilisés dans les foyers, notamment en zone tropicale, le contrôle de leur qualité devient un enjeu majeur de santé publique. Cette crise agit comme un révélateur : la sécurité des consommateurs ne peut plus être une variable d’ajustement face aux logiques commerciales.

Une ligne rouge franchie

Signé par la directrice générale Élise Emmanuelle Ntsame Obame, l’avis officiel marque un tournant. Celui d’une tolérance zéro face aux produits dangereux et aux pratiques frauduleuses. Mais au-delà de la réaction, c’est la prévention qui est désormais attendue. Car une question demeure : combien de produits similaires circulent encore, hors des radars ?

En retirant « Super Rambo » du marché, le Gabon envoie un signal fort. Reste à transformer cette alerte en politique durable. Car en matière de santé publique, une vérité s’impose : mieux vaut prévenir un risque que gérer une catastrophe. En plus, ce scandale à propos du produit Rambo n’est pas le premier au Gabon.

Rappelons qu’en 2019, une enquête de la Direction générale de la concurrence et de la consommation avait permis de mettre la main sur un insecticide contrefait, de mauvaise qualité et nocif pour la santé, “des faux Rambo”. A cette époque, le pot aux roses avait été découvert suite à une plainte d’un consommateur.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

Copyright Infos Gabon

LIRE AUSSI Alerte sanitaire : l’eau “Royal” retirée du marché au Gabon

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *