Gabon : La route reprend vie dans la Nyanga
Libreville, Mercredi 6 Mai 2026 (Infos Gabon) – Après des mois d’abandon, l’axe Tchibanga–Pegnoundou redémarre enfin. Au-delà d’un simple chantier, c’est tout un territoire enclavé qui espère retrouver souffle et mobilité.
Un chantier relancé, une attente levée
Dans le sud-ouest du Gabon, la reprise des travaux sur l’axe Tchibanga–Pegnoundou marque un tournant attendu. Long de 25 kilomètres, ce tronçon stratégique, à l’arrêt depuis plusieurs mois, revient au cœur des priorités locales.
Selon Sosthène Emery, les équipes sont déjà à pied d’œuvre. Le chantier est conduit en régie par la direction provinciale des Travaux publics, dans le cadre d’un programme estival couvrant la période de mai à septembre.
Un redémarrage qui met fin à une paralysie devenue emblématique des difficultés d’accès dans la province de la Nyanga.
Réparer l’essentiel : rendre la route praticable
Sur le terrain, les interventions visent l’urgence : remise en forme de la chaussée, curage des bourbiers, rechargement partiel. Des opérations techniques modestes en apparence, mais cruciales pour un axe non bitumé fortement dégradé.
Au PK 07 de Tchibanga, les travaux illustrent l’ampleur des dégâts accumulés. Ornières profondes, zones impraticables, ralentissements extrêmes : la route était devenue un obstacle quotidien pour les usagers.
L’objectif immédiat n’est pas encore la modernisation, mais la restauration de la circulation. Une étape indispensable avant toute ambition plus structurante.
Une stratégie en cascade pour désenclaver la région
La reprise du tronçon Tchibanga–Pegnoundou s’inscrit dans un plan plus large. D’autres axes sont déjà annoncés : Nyali–Mabanda, Moabi–Nyanga Yongou, et Tchibanga–Basse Moukalaba.
Cette approche progressive traduit une volonté de désenclavement territorial. Car dans cette province, l’état des routes conditionne tout : accès aux soins, circulation des biens, activité économique, cohésion sociale.
En réactivant ces chantiers, les autorités locales cherchent à recréer une continuité territoriale aujourd’hui fragmentée.
Entre urgence locale et défi national
Au-delà de la Nyanga, ce chantier révèle une problématique plus large : celle de l’entretien du réseau routier gabonais.
Faute de maintenance régulière, de nombreux axes secondaires se dégradent rapidement, aggravant les inégalités entre zones urbaines et rurales. La reprise en régie, c’est-à-dire avec les moyens internes de l’administration, traduit à la fois une volonté d’agir vite et les limites des ressources disponibles.
Le défi est donc double : intervenir dans l’urgence tout en construisant une politique durable d’entretien et d’investissement.
Une route, bien plus qu’un axe
Pour les populations locales, la réhabilitation de cette route dépasse largement le cadre technique. Elle représente un retour à la normalité, une possibilité de circuler, de commercer, de vivre sans entrave quotidienne.
Chaque kilomètre remis en état est un gain concret, en temps, en sécurité et en opportunités.
Un test de crédibilité pour l’action publique
La reprise des travaux sur l’axe Tchibanga–Pegnoundou envoie un signal positif. Mais elle sera jugée à l’aune de sa continuité et de son efficacité. Car au Gabon, comme ailleurs, les routes ne sont pas seulement des infrastructures : elles sont le reflet de la capacité de l’État à relier ses territoires et à répondre aux besoins concrets des citoyens.
En relançant ce chantier, les autorités ouvrent une voie. Reste à savoir si elle mènera à une transformation durable ou à une simple réparation provisoire.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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