Politique

Gabon : Ali Bongo Ondimba réitère son attachement à la cohésion sociale

Libreville, Vendredi 12 Janvier 2018 (Infos Gabon) – En présentant ses vœux aux corps constitués nationaux jeudi, le président de la République s’est de nouveau engagé pour le vivre-ensemble et rassure quant à une amélioration des conditions de vie au cours de l’année 2018.

Une action publique basée sur le concret

Le chef de l’Etat a poursuivi jeudi par les corps constitués nationaux, le bal des vœux de nouvel an. D’entrée de jeu, le président de la République a tenu à rassurer les uns et les autres quant à la mise en œuvre effective des promesses faites le 31 décembre dernier dans le cadre de son traditionnel message de fin d’année à la nation. Une action qui reposera sur le triptyque : priorités, concret et efficacité. A l’occasion, Ali Bongo Ondimba a réitéré sa détermination de réformer et de moderniser l’Etat.

«Il nous faut relancer l’économie. Nous nous y employons. Mais il s’agit là en réalité de moyens, fussent-ils nobles, pour concrétiser notre véritable objectif : la cohésion de notre Nation. Une cohésion globale qui est à la fois politique, socio-économique, territoriale et environnementale. En tant que dignes représentants des institutions de la République, j’attends de vous, que vous mettiez en œuvre, chacun dans votre domaine, la nouvelle action publique et que vous fassiez votre, dans vos domaines respectifs, l’objectif de cohésion de notre Nation qu’il nous faut poursuivre. Collectivement, inlassablement», a-t-il indiqué.

Intervention du Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet

Intervention du Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet

Visiblement préoccupé par l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens, le chef de l’Etat a de nouveau interpellé le gouvernement sur ce chantier malgré la crise économique actuelle. «Sans éluder la crise mondiale, j’attends cependant que votre équipe redouble d’ardeur au travail et d’ingéniosité pour améliorer le quotidien des Gabonais et partant traduire en actes leurs aspirations légitimes. Les Gabonais nous jugeront sur nos actes, nos réalisations. Nous connaissons la voie à suivre, les mesures à mettre en œuvre. L’exécution doit être le point fort de l’année 2018. C’est le sens de la nouvelle action publique que j’entends voir mise en œuvre», a-t-il martelé.

«Ayez le sens des priorités, ayez le sens du concret, ayez le sens de l’efficacité. Les Gabonais veulent des résultats. A juste titre. C’est pourquoi je serai sans concession sur ce point car la cohésion de notre Nation en dépend», a poursuivi l’orateur.

Appel à plus d’engagement et de responsabilité des institutions

Il a par la suite réitéré son engagement de voir se tenir à bonne date les élections législatives qui selon lui, sont «un gage de la vitalité de notre démocratie, un moment de cohésion politique retrouvée pour notre Nation». Ali Bongo Ondimba reste convaincu que la restauration de la confiance du peuple gabonais passe inéluctablement par une justice équitable qu’il appelle «une justice respectueuse des lois et règlements de la République. Une justice efficace et diligente».

Il se dit particulièrement touché par la situation de la presse au Gabon telle que brossée par le président du Conseil national de la communication. «Cet état des lieux, qui met à nu les réalités liées à son organisation, son fonctionnement et à la qualité de ses productions, nous interpelle au plus haut point. C’est pourquoi, il y a lieu d’encourager toute initiative visant tant à professionnaliser qu’à responsabiliser cette corporation. Il y va de la vitalité de notre démocratie et, partant, de la cohésion de notre société. S’agissant des mutations en cours dans votre institution, je puis vous assurer que ces réformes ne visent que la quête d’une meilleure régulation et d’une plus grande efficacité. Et, elles ne se feront qu’en concertation avec les professionnels du secteur. C’est important car la liberté d’informer va de pair avec un sens élevé des responsabilités», souligne le chef de l’Etat.

Dans son adresse, il s’est également montré préoccupé par le retour de la croissance au pays. Il reste convaincu de ce que l’atteinte de cet objectif passe inéluctablement par une prise en compte de plus en plus importante de la Durabilité.

«Au Gabon, la croissance doit à la fois être véritable (sur un plan économique), équitable (sur un plan social) et durable (autrement dit, respectueuse de l’environnement) (…) Il s’agit là d’un défi que nous devons relever ensemble : le gouvernement, le Parlement, le Conseil économique, social et environnemental, mais aussi les gouvernements locaux», lance le chef de l’Etat.

Intervention de Monseigneur Basile Mve Engone

Intervention de Monseigneur Basile Mve Engone

La consolidation de la démocratie demeure un chantier permanent au Gabon. «A condition que tous ceux qui ont vocation à en faire partie acceptent pleinement de jouer leur partition dans le cœur démocratique qui demeure un combat d’idées nécessaire», tient à préciser Ali Bongo Ondimba. Quant à la concrétisation de toutes les résolutions du Dialogue politique, il tient à rassurer ses compatriotes que tout est mise en œuvre pour leur application effective.

Il en a appelé par la suite villes et communes du Gabon à mettre en œuvre toutes les initiatives en vue d’un cadre de vie attrayant. Selon l’orateur, le Fonds d’initiatives départementales (FID) créé à cet effet vise à financer des projets de développement locaux. «C’est à travers ce type d’initiatives que la cohésion territoriale de notre pays sera assurée. Car, au-delà de la capitale, Libreville, il faut que chacune des neuf provinces du pays, ait les moyens de se développer», a-t-il affirmé.

Veilleurs et éclaireurs des consciences, les confessions religieuses devront également jouer leur partition en assurant la défense de la veuve et de l’orphelin et des droits sacrés de tout homme. «Vous appelez à la justice et à tout ce qui contribue au bien-être de nos concitoyens. Cela est juste et bon ! Ayez néanmoins toujours à cœur d’être des centres d’union et d’harmonie qui refusent le manichéisme et qui rassemblent au lieu de diviser, qui conseillent au lieu de condamner, qui apportent la paix de l’âme et non le trouble à l’ordre public. Notre Nation, vous le savez, est plurielle, diverse. Mais elle est unie. Cela, il faut à tout prix le préserver», leur a-t-il indiqué.

Face à la crise de valeurs que connait aujourd’hui la société marqués par divers excès comme à toutes les violences verbales et physiques, au mépris de l’Autorité parentale ou étatique et, fondamentalement, au détriment du vivre ensemble, Ali Bongo Ondimba invite à œuvrer en faveur d’une réelle prise de conscience.

Apurement de la dette intérieure et appel à la responsabilité syndicale

Malgré une conjoncture tendue, le président de la République a rassuré les opérateurs économiques quant à l’apurement de la dette intérieure en cette année 2018. Ali Bongo Ondimba a également dit toute sa volonté de voir le climat des affaires s’améliorer davantage. «A cet égard, le gouvernement devra veiller, encore plus que par le passé, à offrir des services publics de qualité en matière judiciaire, de parafiscalité, de concurrence ou de procédures», a-t-il rassuré.

Conscient donc de ce que la création de richesses dans un pays repose avant tout sur son secteur privé, il invite les acteurs du secteur à faire davantage preuve d’initiative. «Que le sens de l’initiative et de l’entrepreneuriat sont déterminant pour une Nation à l’heure de la mondialisation. Et que pour pouvoir redistribuer les richesses afin de garantir la cohésion sociale, il faut d’abord les créer. C’est l’économique qui permet le social. C’est pourquoi nous sommes déterminés à revitaliser les entreprises, redynamiser l’entrepreneuriat», a-t-il lâché.

Aux Confédérations syndicales de travailleurs, il tient à préciser que les licenciements économiques et la mise en chômage technique survenus l’année dernière n’étaient pas toujours de la simple volonté du gouvernement. Mais, des événements malheureux qui tiennent leurs origines de la crise que traverse le pays.

«Les pouvoirs publics doivent veiller au respect des droits des travailleurs, autant les syndicats doivent remplir leur mission en responsabilité et légalité. A cet égard, et s’agissant particulièrement de la grève, est-il utile de rappeler qu’elle est un droit fondamental mais qui est encadré par la loi. Or, combien de fois est-on amené à constater l’absence de service minimum, la violation des droits des non-grévistes et autres actes de violence ou de destruction de l’outil de travail? De même, alors que de nombreux compatriotes sont à la recherche d’un premier ou d’un nouvel emploi, est-il moralement décent que ceux qui reçoivent un salaire ou une solde passent leur temps à bloquer la machine économique? Nos compatriotes n’ont aucune hésitation à répondre NON !», a lancé le chef de l’Etat.

Avant d’en appeler à plus de responsabilité de la part des uns et des autres ainsi qu’au dialogue. «J’engage le gouvernement et les partenaires sociaux à œuvrer sans relâche à l’éradication de ces fléaux par les voies du droit, sans chasse aux sorcières ni accusations sans fondement. Car la corruption mine la cohésion. Elle entrave l’idéal républicain d’égalité, d’équité. C’est pourquoi nous ne saurons la tolérer. Elle sera combattue sans relâche», a souligné l’orateur.

En bouclant son propos, Ali Bongo Ondimba a fait savoir que tous les espoirs sont permis pour l’année 2018 avec en prime l’amélioration des meilleures conditions de vie à l’ensemble de la population sur toute l’étendue du territoire. «L’accès à un meilleur cadre de vie, l’égalité des chances, l’emploi pour tous, la prospérité partagée dépend fortement des actes que nous déciderons ensemble de poser pour le Gabon. 2018 devra donc être, comme je m’y suis engagé, une année de concrétisation et de réalisation. Une année de résultats au service de la cohésion politique, sociale, territoriale et environnementale de notre pays», a-t-il conclu.

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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