Politique

Gabon : Dans les coulisses de la concertation politique

Libreville, 30 janvier 2013 (Infos Gabon) – Quelques  jours à peines après le début des travaux sur la concertation politique de la cité de la démocratie à Libreville, des sons de cloches divergents surgissent qui convergent vers des risques d’échec de ces assises entre les hommes politique gabonais.

Le premier son de cloche est celui d’un désintérêt  pour certains thèmes, on parle notamment du manque d’enthousiasme des personnalités désignées à la commission sur la CEMAC ; la question n’étant pas dans les préoccupations exprimées par l’opposition.

L’autre son de cloche inquiétant est que les représentants des groupements politiques se regardent en chiens de faïence car chacun a des desseins inavoués et stratégiques propres qui guideront les comportements ; un indicateur en est les disputes des postes entre les partis de l’opposition pour la désignation de leurs représentants dans les commissions.

D’autres indicateurs sont les positions de départs des uns et des autres, notamment, dans l’opposition : ainsi l’UFA par exemple tient à ce que soient abordés tous les sujets contenus dans  le cahier de charges de la « conférence nationale souveraine » ; Moussavou King,  comme beaucoup demande une concertation politique de toutes couches de la société ; certains qualifient cette idée  de fourre tout.

Certains observateurs préconisent même  une concertation politique sans exclusive, ce qui concernerait, le PDG  et ses alliés, l’UFA, l’UFC, Démocrates Unis et tous les autres partis politiques légalement reconnus.

Un autre son de cloche fort peu rassurant est le questionnement et même la surprise exprimée par certains de ne pas avoir vu l’UFA  prendre la parole lors de la rencontre d’ouverture des travaux ; c’est dire que l’opinion ne sait pas exactement si  Jules Aristides Bourdès Ogouliguende (JABO) a refusé de prendre la parole ou si on la lui a interdite.

Toujours est-il que M. Ogouliguende et l’UFA n’ont aucun problème de reconnaissance par les autorités étatiques ; le problème surviendrait si JABO agit par solidarité aux membres de l’ex UN qui serait frappé d’interdiction de prendre la parole comme révélé par Me Louis Gaston MAYILA dans l’affaire du fameux meeting de Rio ; ce serait alors un choix délibéré que M. Ogouliguende n’intervint pas ce jour là.

Il est donc à craindre que certaines positions tranchées ne plombent sérieusement la dynamique des travaux de cette concertation politique.

En outre, le surgissement récent d’AMO dans le contexte politique du début des travaux de la concertation politique pourrait à son tour susciter des réactions et comportements de solidarité des autres membres de l’opposition engagés dans ces travaux de la cité de Libreville ; cela pourrait considérablement gripper la dynamique constituée autour des commissions mise en place et paralyser ou ralentir  le déroulement des travaux.

S’agissant enfin de la question de la mise en place de la biométrie là aussi, les données ne sont guère  rassurantes même si certains observateurs estiment que « des experts des trois camps politiques (PDG et alliés, UFA et UFC) ont apporté leur copies ». Mais de quels experts issus des partis politiques parlent-on, quand on sait que la technologie de la biométrie est nouvelle et importée par une entreprise étrangère ; ces experts issus de formations politiques sont-ils véritablement experts en biométrie ? Et suffit-il d’être diplômé en informatique comme Moulomba ou Nzéngouma pour être expert en biométrie ?

Il se pourrait donc bien que les experts à la solde des partis politiques ne maîtrisent pas véritablement les contours de la biométrie ; et cela pourrait être une autre cause de tâtonnement des travaux de la cité de Libreville.

Il y a donc au total des risques sérieux d’échec de ces travaux de la concertation politique majorité-opposition sur la mise en place de la biométrie ; sinon, au bout des 25 jours fixés par le chef de l’Etat, ces travaux n’accoucheraient que d’une souris.

Bref, heureusement que le gouvernement reste le véritable comptable parce que administrativement responsable de la mise en place de la biométrie dans le système électoral gabonais.

Le Président Ali Bongo Ondimba, pour sa part, a, encore une fois, prouvé qu’il est adepte du dialogue national, de la démocratie participative et du rassemblement de l’ensemble de ses compatriotes ainsi que promoteur du développement et de l’intégration de la sous-région d’Afrique centrale. Pour avoir initié ce dialogue, il vient de conforter son authentique stature d’homme politique et d’Etat.

FIN/INFOSGABON/PK/MM/2013

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