Gabon – Économie : Henri-Claude Oyima défend une réforme “de fond” et trace la voie avant son départ
Libreville, Mardi 6 janvier 2026 (Infos Gabon) – Lors de la cérémonie de passation de charges tenue le 5 janvier 2026, l’ancien ministre d’État chargé de l’Économie, Henri-Claude Oyima, a livré un bilan dense et assumé de son passage à la tête de ce département stratégique. Un discours marqué par la défense d’une gouvernance économique rigoureuse, tournée vers la souveraineté et la justice sociale.
Une passation à forte portée symbolique
Dans une atmosphère solennelle, Henri-Claude Oyima a officiellement remis les rênes du ministère de l’Économie à son successeur, Thierry Minko. Devant un parterre d’autorités politiques, administratives et économiques, l’ancien ministre d’État a choisi un ton sobre, mais résolument engagé, pour dresser le bilan de son action et exposer la philosophie qui a guidé ses décisions.
D’emblée, il a tenu à préciser que son passage au gouvernement ne s’est pas inscrit dans une logique de gestion quotidienne, mais bien dans celle d’une transformation structurelle de l’économie gabonaise.
Des réformes assumées, parfois dérangeantes
Reconnaissant que certaines décisions ont pu susciter des résistances, Henri-Claude Oyima a revendiqué des choix courageux, orientés selon lui vers l’intérêt général.
« Je suis conscient que certaines réformes ont bousculé certaines habitudes, certaines rentes, parfois des intérêts installés, mais c’est le propre de toute réforme sérieuse », a-t-il déclaré, avant de préciser : « Nous avons choisi la rigueur utile, et non l’austérité aveugle. »
Une manière de défendre une approche qu’il estime équilibrée, visant à restaurer les fondamentaux économiques sans sacrifier la cohésion sociale.
Des résultats chiffrés mis en avant
Sur le plan technique, l’ancien ministre a rappelé plusieurs avancées enregistrées au cours de l’année 2025, qu’il présente comme les jalons d’un redressement progressif : un cadrage macroéconomique fiabilisé, une discipline budgétaire renforcée, une mobilisation accrue des recettes domestiques, et un niveau d’investissement public porté à près de 15 % du PIB, prioritairement orienté vers les secteurs de l’énergie, de l’eau, des infrastructures routières et des équipements productifs.
Ces choix, selon lui, traduisent une volonté de préparer une économie plus souveraine, productive et équitable.
“Parler vrai” sur les contraintes de l’État
Au-delà des indicateurs, Henri-Claude Oyima a insisté sur la nécessité d’un changement de culture dans la gouvernance publique. Il a plaidé pour une parole politique responsable, capable d’expliquer les contraintes budgétaires, le coût réel des politiques publiques et les limites des subventions mal ciblées.
« Gouverner, ce n’est pas éviter les résistances ; c’est décider malgré tout, lorsque l’intérêt général l’exige », a-t-il martelé, assumant une vision exigeante de l’action publique.
Une parabole pour conclure, un message pour l’avenir
En guise de conclusion, l’ancien ministre a livré une image forte, inspirée du terroir gabonais : celle d’un village qui choisit de bâtir lui-même un pont plutôt que d’attendre une aide extérieure.
« Un pays, c’est la même chose. Il ne se construit pas dans l’attente. Il se construit par la volonté, la discipline et l’amour de celles et ceux qui le portent », a-t-il lancé, sous les applaudissements.
Un message adressé autant à ses successeurs qu’à l’ensemble des décideurs publics : les réformes engagées doivent être comprises comme des trajectoires de long terme, et non comme des actes isolés.
Un départ sans rupture
S’il quitte la scène gouvernementale, Henri-Claude Oyima assure ne pas se retirer du service public. « Je demeure au service de mon pays », a-t-il conclu, laissant entendre que son engagement pour le développement économique du Gabon se poursuivra sous d’autres formes.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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