Politique

Gabon / Fêtes tournantes : Jean Eyeghe Ndong clame son innocence et indexe la chaîne de la dépense publique

Libreville, Lundi 1er Septembre 2014 (Infos Gabon) – Jean Eyehe Ndong, le dernier Premier ministre du défunt Président gabonais Omar Bongo Ondimba, a entretenu la presse le vendredi 29 août 2014 à son quartier général de Nkembo, dans le deuxième arrondissement de la commune de Libreville, pour révéler tout en s’interrogeant publiquement comme suit, « Eh bien savez-vous que je suis l’objet de deux arrêts de la cour des comptes, aux termes desquels je suis déclaré , certes à titre provisoire, comptable de fait de deux volumineuses sommes d’argent que j’aurai reçu du trésor public, en ma qualité de président du comité des fêtes tournantes de la province de l‘estuaire ? ».

En présence des sympathisants de l’ex union nationale, le parti dissout de l’opposition ainsi que des opposants Zacharie Myboto, Casimir Oye Mba, Jacques Adiahenot, Jean Ping, Pr Kombila Koumba, Amoughe Mba, l’ancien Premier ministre a dit que la justice lui demandait des comptes sur les fonds alloués à la Province de l’Estuaire dans le cadre des fêtes tournantes. Une somme chiffrée à plusieurs milliards de francs CFA.

« Ces fond s’élèvent respectivement, selon la cour des compte, à 1 milliard 300 millions de francs CFA d’une part, d’autre part à 97 milliards de francs FCFA », a indiqué Jean Eyeghé Ndong qui a été « en conséquence enjoint par la cour des comptes de produire, dans un délai de trois mois, à compter de la date de notification de ces arrêts, les comptes de gestion de fait englobant toutes les opérations effectuées dûment certifiées, appuyées des pièces justificatives ».

« J’ai saisi un avocat… pour exprimer à cette cour ma surprise et dire à la cour des comptes simplement mon innocence totale face à de telles accusations », a-t-il expliqué prenant argument de l’article 58 de la loi 11/94 du 17 septembre 1994 qui garantie la procédure contradictoire devant la cour des comptes par d’une part, la règle du double arrêt qui commande que la cour statue par arrêts successifs provisoires puis définitif, et par d’autre part, la faculté de communiquer tout ou partie du rapport d’instruction au justiciable et à toute personne intéressée qui doit y répondre.

Pour le fond de l’affaire, M. Eyehe Ndong clame qu’il n’a rien géré et qu’il faut chercher la vérité dans les maillons de la chaîne de la dépense publique, à l’instar des témoins assistés que sont le ministre des finances, le directeur général du budget et le trésorier payeur général de l’époque.

Il a précisé en outre que ses fonctions de président du comité des fêtes tournantes de la province de l’estuaire se limitaient à présider les réunions des personnalités politiques. Selon lui, ce sont les ministres, parlementaires, et maires de la Province de l’Estuaire qui « se mettaient en rapport avec les ministres des travaux publics, celui des finances et les entreprises soumissionnaires » et qu’une partie des fonds avait été déposée une banque privée de la place (BGFI, préciseront les journalistes lors des échanges).

« Mon patrimoine depuis le début de ma carrière politique peut être examinée à la loupe… le pedegiste que j’ai été naguère et l’opposant résolu que je suis devenu ne cache aucune fortune, ni au Gabon, ni à l’étranger », a déclaré Jean Eyeghé Ndong qui posera par ailleurs la question, « sommes-nous disposés à ouvrir le ventre de notre Etat », relativement à toute les choses qu’il sait sur la gestion des finances publiques gabonaises et dans l’éventualité d’une chasse aux sorcières.

Non sans se dire favorable aux enquêtes financières sur les fêtes tournantes, pourvu que la justice demeure impartiale. C’est ce qui se passe déjà avec l’arrestation et détention de certains membres du Parti Démocratique Gabonais (PDG, au pouvoir) et certains hauts cadres de l’administration proche du pouvoir.

Récemment, une enquête du Trésor public a fait état d’un détournement de 400 milliards de francs CFA, destinés aux fêtes tournantes. 50 milliards de francs CFA devrait être investis dans une Province accueillant la fête nationale, et l’Estuaire a reçu les deux dernières éditions en 2006 et 2007.

FIN/INFOSGABON/DME/2014

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