Gabon : Grand Libreville, chacun doit prendre sa part
Libreville, Vendredi 18 Septembre 2026 (Infos Gabon) – La bataille contre l’insalubrité change de ton dans le Grand Libreville. Après avoir annoncé un dispositif commun associant contrôle, brigades de propreté et sensibilisation, les maires de Libreville, Akanda, Owendo et Ntoum demandent désormais aux habitants et aux opérateurs économiques de prendre directement en charge l’entretien des abords de leurs espaces.
Le message est simple, mais sa portée est plus large qu’une consigne de nettoyage. Les collectivités veulent installer une nouvelle responsabilité urbaine, dans laquelle la propreté ne serait plus considérée comme la seule affaire des services municipaux.
Dans un communiqué conjoint lu à la télévision nationale jeudi, les autorités municipales ont sommé les occupants des logements, les propriétaires de parcelles et les commerçants de veiller à la propreté des espaces situés autour de leurs domiciles, terrains ou points de vente. La mesure vise notamment à limiter les dépôts anarchiques, les accumulations de déchets et les comportements qui dégradent durablement les rues et les quartiers. Elle s’inscrit dans le prolongement de la réunion du 7 septembre à Owendo, au cours de laquelle les quatre communes avaient décidé de renforcer leur coordination face à l’insalubrité.
La démarche traduit une prise de conscience importante. Le Grand Libreville fonctionne désormais comme une seule agglomération dans la vie quotidienne, alors que ses compétences restent réparties entre plusieurs communes. Les déchets, eux, ne connaissent aucune frontière administrative. Un dépôt sauvage, un caniveau obstrué ou une accumulation devant un commerce produit rapidement ses effets bien au-delà du quartier concerné.
La responsabilité individuelle devient donc un maillon essentiel. Un commerçant qui entretient les abords de son activité, un ménage qui évite de déposer ses déchets dans l’espace public ou un propriétaire qui maintient sa parcelle propre participent directement à la qualité de la ville. La campagne annoncée autour du principe « Mon déchet, ma responsabilité » vise précisément à faire évoluer les comportements en associant civisme et discipline collective.
Mais cette exigence ne peut fonctionner que si elle repose sur une responsabilité partagée. Les municipalités doivent assurer une collecte régulière, organiser les points de dépôt, renforcer les contrôles et intervenir rapidement lorsque les espaces publics se dégradent. Les habitants et les acteurs économiques, de leur côté, doivent respecter les règles et ne pas recréer en quelques heures ce que les services publics auront nettoyé pendant plusieurs jours.
C’est là que se trouve le véritable enjeu du dispositif. Demander aux citoyens de nettoyer est légitime, mais cela ne doit pas servir à transférer sur eux une mission qui relève aussi du service public. La propreté urbaine repose sur une chaîne complète, depuis la production du déchet jusqu’à sa collecte, son transport et son traitement. Une rupture à l’un de ces niveaux suffit à remettre en cause tout le système.
Les autorités ont justement prévu de renforcer cette organisation avec la création de brigades de propreté dans les quatre communes, des équipes de proximité et une présence accrue sur le terrain. Des sanctions plus fortes sont également envisagées contre les comportements qui portent atteinte à la salubrité publique.
Cette évolution répond à une nécessité sanitaire autant qu’à une question d’image. Une ville propre réduit certains risques liés à l’insalubrité, améliore les conditions de vie et renforce son attractivité pour les habitants, les entreprises et les visiteurs. Pour une capitale qui veut moderniser ses infrastructures et son cadre urbain, laisser les déchets envahir les mêmes espaces chaque semaine serait une contradiction majeure.
Le défi sera désormais celui de la constance. Une campagne de quelques semaines ne suffira pas. La propreté doit devenir une habitude administrative et citoyenne, soutenue par des règles claires et appliquées régulièrement.
Le Grand Libreville semble donc entrer dans une nouvelle étape. Les maires veulent que chacun prenne sa part du nettoyage, mais ils devront eux-mêmes démontrer que la collectivité prend la sienne.
Car une ville propre ne repose ni sur la seule bonne volonté des habitants ni sur la seule puissance des services municipaux. Elle naît d’un pacte quotidien entre les deux.
Le véritable changement commencera lorsque nettoyer son espace cessera d’être perçu comme une contrainte ponctuelle pour devenir un réflexe collectif. À ce moment-là seulement, le Grand Libreville pourra réellement reprendre le contrôle de son cadre de vie.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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