Gabon – Grève dans l’Éducation : Marcel Libama convoque l’heure du bilan
Libreville, Vendredi 27 Février 2026 (Infos Gabon) – Après plus de deux mois de tensions sociales, le mouvement de grève des enseignants pourrait entrer dans une phase décisive. L’un de ses visages les plus connus, Marcel Libama, appelle l’ensemble des personnels du secteur à se retrouver en Assemblée générale ce samedi 28 février.
Objectif affiché : évaluer le chemin parcouru depuis le déclenchement de la grève en décembre 2025 et se prononcer sur la suite à donner au mouvement.
Sortir par la grande porte
Dans une déclaration vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, le syndicaliste insiste sur le caractère déterminant de cette rencontre. Selon lui, le mouvement, né d’une Assemblée générale, doit trouver son issue dans le même cadre collectif.
Il s’agit, explique-t-il, d’examiner le protocole d’accord conclu avec le gouvernement et de mesurer concrètement le niveau de mise en œuvre des engagements pris. Les enseignants avaient entamé une série de négociations ces dernières semaines, ponctuées par une séance de vérification des promesses gouvernementales.
Mais pour le leader syndical, la décision finale ne peut être individuelle. Elle doit relever d’un choix collectif.
Mobilisation ou essoufflement ?
Dans son appel, Marcel Libama reconnaît implicitement un affaiblissement du rapport de force. Il invite ses collègues à dépasser les divergences internes et les querelles personnelles pour reconstruire une dynamique commune.
« Nous ne sommes plus en position de force », admet-il en substance, tout en appelant à la responsabilité et à la cohésion. Un message qui sonne comme un avertissement : sans unité, le mouvement risque de s’éroder.
Avec plus de 27 000 enseignants répartis sur l’ensemble du territoire, la mobilisation nationale reste un enjeu majeur. Le pari de l’Assemblée générale sera donc de remobiliser les troupes ou, au contraire, d’entériner une sortie progressive de crise.
Un contexte marqué par les arrestations
Le climat reste sensible. Il y a quelques semaines, Marcel Libama avait été interpellé aux côtés d’un autre responsable syndical, Simon Ndong Edzo, pour des faits qualifiés de troubles à l’ordre public. Leur arrestation avait provoqué une vive réaction au sein du corps enseignant.
Les deux hommes ont finalement été remis en liberté, à la suite de pressions syndicales et de l’intervention de leur avocat, Jean-Paul Moumbembé. Cet épisode a renforcé, chez certains grévistes, le sentiment d’un bras de fer tendu avec les autorités.
Un tournant pour l’école gabonaise
Au-delà des revendications salariales et statutaires, cette crise met en lumière les fragilités structurelles du système éducatif gabonais : conditions de travail, retards administratifs, précarisation d’une partie du corps enseignant.
L’Assemblée générale de samedi pourrait ainsi marquer un tournant. Soit elle ouvre la voie à une désescalade concertée, soit elle relance la contestation sous une nouvelle forme.
Dans tous les cas, la décision appartiendra à la base. Et c’est peut-être là que se jouera l’avenir immédiat de la grève.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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