Politique

Gabon : La belle prestation de l’avocat d’Ali Bongo Ondimba

Libreville, Jeudi 29 Août 2019 (Infos Gabon) – Me Aimery Bongho Mavoungou a défendu avec brio le chef de l’Etat gabonais au cours d’un duel diffusé mercredi soir sur le plateau de TV5 face à son confrère d’Appel à agir, Me Calvin Job.

Le débat était attendu des milliers de téléspectateurs de la chaîne francophone, TV5 et il a fini par avoir lieu à 21h30, heure de Libreville mercredi. Face à face, Me Aimery Bongho Mavoungou, avocat du président gabonais, et Me Calvin Job, avocat du mouvement Appel à agir, venu remplacer in extremis Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, membre de ce collectif d’opposants, initialement annoncé.

Les deux hommes de droit ont croisé le verbe autour du thème : «Gabon : Y aura-t-il une expertise médicale d’Ali Bongo?». Dans ce choc d’idées, le juriste défenseur du chef de l’Etat s’est montré très détendu et à l’aise sur le sujet tout au long de l’échange face à un adversaire qui peinait à trouver ses arguments.

Très vite, ce dernier s’est vu envoyé au ring par un adversaire à la fois éloquent et bien préparé qui a bâti la défense de son client autour des principes juridiques assez simples démontrant le refus par le premier président de la Cour d’appel de Libreville, Paulette Ayo Mba, de respecter la hiérarchie des juridictions.

«Le Gabon est un Etat de droit. Le magistrat se doit d’obéir à la loi. (La juge Akolly) s’est écarté de son serment. Et la Cour de cassation qui est la juridiction suprême au Gabon a rendu une décision qui imposait à la Cour d’appel de surseoir à statuer. C’est une règle de procédure basique, élémentaire. (…) Or, nous avons saisi, avec mon confrère, la Cour de cassation. Et cette saisine emporte automatiquement le transfert du dossier de la Cour d’appel vers la Cour de cassation. De ce fait, la Cour d’appel est immédiatement dessaisie», a asséné Me Aimery Bongho Mavoungou à son adversaire.

L’air hagard, l’avocat d’Appel à agir a eu de la peine à répliquer à l’uppercut qu’il venait d’encaisser en plein visage. Démontrant sa mauvaise foi manifeste et feignant d’ignorer la loi, il a carrément déclaré que : «faire appel à la Cour de cassation relève d’une volonté de neutraliser la justice».

«Il n’est pas question ici de raconter des inepties. La Cour de cassation est l’instance suprême. Dès lors qu’elle s’est prononcée, qu’elle a rendu une décision de sursis, la juridiction inférieure, la Cour d’appel en l’occurrence, doit s’y conformer. Sinon, on est plus dans un Etat de droit. Les juridictions ordinaires ne sont pas compétentes pour faire comparaître devant elle le chef de l’Etat», lui rétorquera-t-on en face.  

A la question de savoir le sens de la suspension de la juge Paulette Ayo Mba, l’avocat du chef de l’Etat gabonais s’est davantage senti dans son élément avec un argumentaire juridique détonnant. Cette décision trouve son fondement dans la loi portant statut des magistrats qui dispose que c’est le responsable de l’administration centrale du ministère de la Justice qui prend valablement la mesure conservatoire lorsque le magistrat s’est écarté de son serment. Ça n’est pas la première fois que cela arrive au Gabon», lancera-t-il devant un  Calvin Job, visiblement abattu.

Ce dernier n’a non plus pu justifier l’intérêt d’Appel à agir à intenter une telle action en justice. Le débat étant clos, reste à savoir si “Appel à agir” pourra maintenant saisir la Cour constitutionnelle. Avec quels arguments et quel statut ? L’avenir nous le dira.

FIN/INFOSGABON/SM/2019

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