Economie

Gabon : l’Assemblée nationale adopte la Loi de Finances 2026, un budget tourné vers la transformation économique

Libreville, Vendredi 31 Octobre 2025 (Infos Gabon) – L’Assemblée nationale de la Transition a adopté, le 28 octobre, le Projet de Loi de Finances (PLF) pour l’exercice 2026, au terme d’un débat budgétaire jugé « d’une qualité exceptionnelle » par le ministre d’État en charge de l’Économie et des Finances, Henri-Claude Oyima.

Ce texte, qui sera désormais examiné par le Sénat de la Transition, marque une étape décisive dans la stratégie économique du gouvernement dirigé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, résolument engagée sur la voie de la transformation structurelle du pays.

Un débat budgétaire nourri et constructif

Face aux députés, Henri-Claude Oyima a salué « la rigueur, la pertinence et la richesse des échanges » qui ont accompagné l’examen du budget 2026, soulignant l’esprit de concertation et de transparence qui a caractérisé les travaux parlementaires.

« Vos observations avisées et vos amendements pertinents attestent d’un Parlement pleinement investi dans sa mission constitutionnelle », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « La politique économique s’élabore dans la concertation, la transparence et le respect mutuel. »

Ce budget, présenté comme celui de la refondation économique, repose sur un modèle plus productif et souverain, destiné à réduire la dépendance du Gabon à la rente et à l’exportation brute des ressources naturelles. Le ministre a insisté sur la volonté du gouvernement de bâtir une économie innovante, inclusive et résiliente, dans laquelle chaque franc public doit être « utile, productif et traçable ».

Une priorité : protéger les plus vulnérables

Lors de son allocution, le ministre d’État a tenu à rassurer sur la dimension sociale du budget, souvent au cœur des préoccupations des parlementaires et de la société civile. Les dépenses à caractère social destinées aux populations vulnérables atteignent 61 milliards de francs CFA, soit une hausse de 11 milliards par rapport à l’exercice précédent.

Henri-Claude Oyima a également affirmé la détermination du gouvernement à protéger les plus fragiles tout en maintenant la rigueur budgétaire et la crédibilité de l’action publique : « Bâtir un nouvel édifice, c’est restaurer la crédibilité de l’État, faire du budget un instrument de transformation et replacer le travail, la probité et la performance au cœur du service public. »

Une vision portée par le Chef de l’État

Sous la conduite du président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, le projet de Loi de Finances 2026 s’inscrit dans une vision claire : faire du Gabon un pays maître de ses ressources, industrialisé et respecté sur la scène régionale et internationale.

« Restaurer la confiance, c’est restaurer la dignité nationale », a rappelé le ministre d’Etat, invitant les députés à accompagner cette ambition de transformation en soutenant un budget centré sur la relance économique, l’investissement public et la création d’emplois.

Un vote massif, mais non unanime

Sur les 113 membres présents à la plénière, 110 députés ont voté en faveur du texte, tandis que 3 se sont prononcés contre. Parmi eux, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, député de la Transition et représentant de la société civile, a justifié son vote par un désaccord sur la répartition des priorités budgétaires, estimant que le volet social restait « insuffisamment pris en compte ».

« Nous avons voté contre, non pas par opposition à la politique du Président Oligui Nguema, mais parce que les préoccupations sociales occupent une place trop faible. Plusieurs acquis sociaux ont été supprimés, alors que le pays connaît une fracture sociale préoccupante », a-t-il déclaré.

Le député a indiqué avoir proposé plusieurs amendements, notamment la réaffectation de 36 milliards de francs CFA issus des dépenses de prestige vers les programmes sociaux, qui n’ont pas été retenus. Malgré cela, il a salué « l’écoute du ministre de l’Économie et des Finances » et son engagement à tenir compte de ces préoccupations lors de la Loi de Finances rectificative.

Entre ambition économique et justice sociale

Pour le député Foumboula Libeka Makosso, comme pour d’autres représentants de la société civile, la construction d’infrastructures et la relance économique doivent aller de pair avec une politique sociale forte : « Les beaux immeubles, c’est bien pour la carte postale, mais pas pour le citoyen qui n’a rien dans son assiette », a-t-il souligné, tout en souhaitant plein succès à la mise en œuvre du budget adopté.

Cette Loi de Finances, dernière de la législature de la Transition, revêt une dimension symbolique. Elle traduit la volonté du gouvernement de tourner la page d’un modèle économique ancien pour engager résolument le pays sur la voie d’une économie productive, durable et équitable, tout en consolidant la confiance entre les institutions, le peuple et l’État.

Un budget de transition pour un Gabon nouveau

Adoptée à une large majorité, la Loi de Finances 2026 apparaît comme le socle budgétaire de la refondation nationale voulue par le président Oligui Nguema. Elle incarne un changement de paradigme : plus d’investissements productifs, une meilleure gouvernance financière et une plus grande traçabilité de la dépense publique.

Cependant, la tension entre impératif de croissance et urgence sociale reste palpable. Si la majorité parlementaire a salué la cohérence du texte et la vision à long terme du gouvernement, une partie des élus et de la société civile continue d’alerter sur la nécessité d’un équilibre entre modernisation économique et justice sociale.

Les prochains mois, et notamment l’examen de la Loi de Finances rectificative, permettront de mesurer la capacité du gouvernement à traduire ses engagements en résultats concrets sur le quotidien des Gabonais.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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