Société

Gabon : Le gouvernement condamne la justice populaire

Libreville, Dimanche 26 Janvier 2020 (Infos Gabon) – Le Conseil interministériel de vendredi dernier a marqué ses regrets vis-à-vis de ce phénomène social qui fait des victimes parmi des innocents.

Convoqué en urgence suite aux nombreuses informations fortement relayées par les réseaux sociaux faisant état de nombreux cas d’enlèvement d’enfants, le Conseil interministériel de vendredi dernier a marqué son indignation face à la justice populaire qui prend de l’ampleur et dont «le dessein est de semer le trouble, la peur et de justifier une justice populaire en s’attaquant à des innocents».

Dans un communiqué signé et lu par Lambert Noël Matha, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, le gouvernement dit regretter les quelques cas survenus au cours des derniers jours. «Cette pratique aura coûté la vie en début d’après-midi à un compatriote, Stanislas Mba Ngoua, qui a eu le malheur d’être au mauvais endroit et au mauvais moment. Plusieurs victimes de ces manipulateurs assassins dont Gervais Patrick Eyeghe Obame se trouve actuellement au Centre hospitalier universitaire de Libreville. Le gouvernement de la République condamne avec la plus grande énergie ces actes manipulatoires et déplore la perte de ce jeune compatriote», souligne t-il.

Des enquêtes en cours

En l’absence d’une saisine en bonne et due forme des instances compétentes pour enlèvements d’enfants, exception faite à celle de la famille d’Anderson Rinaldi Ngoua Abagha, petit garçon de trois ans enlevé près de Bitam dans le Woleu-Ntem, le gouvernement tient à rappeler que des enquêtes sont en cours. Tout comme d’autres mesures sont prises à l’effet de mettre main sur les éventuels auteurs de ces enlèvements qui crée la psychose au sein de la population.

«Le gouvernement annonce un déploiement conséquent des forces de sécurité et de défense sur toute l’étendue du territoire national avec une plus grande concentration aux abords des établissements scolaires. Des fouilles systématiques des véhicules seront effectuées par les Forces de l’ordre dans le respect des droits humains et des conventions internationales», lance Lambert Noël Matha.

Cependant, le ministre d’Etat fait par ailleurs savoir que «la propagation des fausses nouvelles via les réseaux sociaux ou tout autre moyen, qui trouble l’ordre public expose son ou leurs auteurs et complices à des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans, conformément aux dispositions de l’article 227, alinéa 1er du Code pénal». Il appelle les uns et les autres au devoir de vigilance et de responsabilité.

«Nul ne peut se faire justice dans un Etat de droit et le gouvernement se montrera ferme vis-à-vis de ceux qui auront choisi la barbarie comme expression de justice. Tout individu ou groupe d’individus qui se substituerait aux Forces de l’ordre dans leurs missions de protection des personnes et des biens et de perquisition, s’expose aux affres de la loi».

Après toutes assurances, le gouvernement convoque la communauté éducative à une reprise des cours dès ce lundi 27 janvier 2020.

FIN/INFOSGABON/SM/2020

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