Gabon : le gouvernement prépare la scission de la SEEG en deux sociétés distinctes pour moderniser le secteur de l’eau et de l’énergie
Libreville, Dimanche 26 Octobre 2025 (Infos Gabon) – C’est une réforme majeure qui s’annonce dans le paysage économique et industriel du Gabon. Le gouvernement a confirmé que le processus de séparation de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) en deux entités autonomes, l’une dédiée à la production et à la distribution d’eau, l’autre à l’électricité, est entré dans une phase avancée d’études techniques et juridiques.
Une décision stratégique, présentée comme un tournant historique pour la gouvernance des services publics essentiels, dans un pays encore confronté à des pénuries récurrentes et à une forte demande de modernisation.
Une réforme structurelle longuement attendue
L’idée de dissocier les deux activités n’est pas nouvelle, mais elle franchit aujourd’hui une étape décisive. Selon le gouvernement, cette réorganisation fait partie intégrante des réformes structurelles engagées pour moderniser le secteur de l’eau et de l’énergie, deux piliers du développement national.
Le processus actuellement en cours comprend : la certification des comptes de la SEEG, afin d’assurer une transparence totale sur la situation financière de l’entreprise ; l’évaluation patrimoniale de ses actifs matériels et immatériels ; la détermination de l’actionnariat des futures sociétés, qui permettra de définir les nouvelles participations publiques et privées ; et la création juridique des deux entités distinctes.
L’objectif, selon un haut responsable du ministère de l’Énergie, est de « rendre plus lisible et plus performante la gestion des deux secteurs, en leur donnant des structures adaptées à leurs réalités et à leurs besoins techniques spécifiques ».
Répondre à une double urgence : le stress hydrique et la crise énergétique
La décision de scinder la SEEG trouve ses racines dans un constat partagé : le pays fait face à une double crise, à la fois hydrique et énergétique, conséquence d’un déficit d’investissements, d’une obsolescence des infrastructures, et d’une faible maintenance des équipements.
Dans plusieurs provinces, les coupures d’eau et d’électricité rythment encore le quotidien des ménages et perturbent la vie économique. La modernisation du cadre institutionnel vise donc à assurer une meilleure gouvernance, une plus grande efficacité opérationnelle, et une meilleure capacité d’investissement pour répondre à la demande croissante.
La séparation des activités permettra également de spécialiser les politiques publiques : d’un côté, un opérateur concentré sur la distribution d’eau potable et la gestion des ressources hydriques ; de l’autre, une société dédiée à la production et au transport d’énergie électrique, avec des objectifs clairs d’expansion du réseau et de diversification du mix énergétique.
Une réforme alignée sur la vision du Chef de l’État
Cette transformation s’inscrit dans la vision du Président de la République, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait de la modernisation des services publics et du redressement des infrastructures nationales une priorité de la transition. En dissociant les deux branches de la SEEG, le gouvernement entend mettre fin aux confusions organisationnelles et financières qui ont longtemps freiné les performances de l’entreprise et pesé sur les finances publiques.
« Cette réforme vise à poser les fondations d’un modèle économique plus clair, plus transparent et plus durable », explique une source proche du dossier. « Elle permettra aussi d’attirer de nouveaux partenaires techniques et financiers, en rassurant les investisseurs sur la stabilité du cadre institutionnel. »
Une gouvernance rationalisée et tournée vers la performance
Au-delà de la séparation, le projet de réforme prévoit une rationalisation de la gouvernance, avec la mise en place de mécanismes de contrôle renforcés, de contrats de performance et d’une plus grande autonomie de gestion pour les deux futures entités. Cette nouvelle architecture vise à éviter les lourdeurs administratives, à accélérer la prise de décision et à favoriser la transparence dans la gestion des ressources.
Le gouvernement prévoit également d’accompagner cette transition par une politique d’investissement ambitieuse, notamment dans la réhabilitation des réseaux de distribution, la modernisation des centrales électriques et la protection des ressources en eau.
Vers une nouvelle ère des services publics essentiels
Si cette réforme aboutit, elle pourrait transformer durablement la qualité des services rendus aux citoyens, tout en assurant la viabilité financière du secteur. Elle répond aussi à une logique de bonne gouvernance et de gestion responsable, conformément aux standards internationaux appliqués dans les pays qui ont séparé la gestion de l’eau et de l’énergie pour plus d’efficacité.
Le Gabon entre ainsi dans une nouvelle phase de son développement institutionnel, où l’efficacité opérationnelle devient un impératif national. La SEEG, longtemps symbole d’un monopole à bout de souffle, s’apprête à devenir le point de départ d’une refondation, celle d’un secteur stratégique qui alimente à la fois la croissance économique et la qualité de vie des Gabonais.
En somme, la scission de la SEEG n’est pas seulement une décision technique, c’est un acte politique fort, un signal envoyé à la population et aux investisseurs : le Gabon veut se moderniser, rationaliser et bâtir une économie durable, capable de répondre aux défis du XXIe siècle.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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