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Gabon : Le Parlement face au défi des comptes publics

Libreville, Mercredi 21 Octobre 2026 (Infos Gabon) – À Libreville, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité le règlement du budget de l’État pour 2025 et le texte autorisant la ratification de l’accord portant création du Centre international des mangroves. Derrière ce double vote, une même exigence se dessine : renforcer la gouvernance publique tout en inscrivant le Gabon dans les réponses internationales aux défis climatiques. Mais si le consensus parlementaire facilite l’adoption des textes, la crédibilité de l’action publique dépendra désormais de leur traduction en résultats mesurables.

Le 19 octobre, au Palais Léon-Mba, les députés de la XIVe Législature ont franchi une étape importante de leur activité parlementaire. Réunis en séance plénière sous la présidence de Michel Régis Onanga M. Ndiaye, ils ont approuvé deux projets de loi aux implications distinctes, mais complémentaires : l’un portant sur l’exécution du budget de l’État en 2025, l’autre sur la coopération internationale en faveur des mangroves.

La séance s’est tenue en présence de Mays Mouissi, ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, représentant le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, Thierry Minko, empêché, ainsi que d’Aimé Martial Massamba, ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions.

Au-delà de l’unanimité saluée par le président de l’Assemblée nationale, le premier texte adopté retient particulièrement l’attention : il concerne la manière dont l’État a exécuté les autorisations budgétaires accordées par le Parlement. Un exercice déterminant pour apprécier la mobilisation des recettes, la réalisation des dépenses et les écarts entre les prévisions et les résultats effectifs.

Budget 2025 : l’exigence de transparence

Présenté au nom de la Commission des Finances, du Budget et de la Comptabilité publique par son rapporteur, le député Cyriaque Moukoundzi, le projet de loi de règlement constitue un instrument essentiel de contrôle démocratique. Il permet aux représentants de la Nation d’examiner l’exécution du budget et de vérifier la conformité de la gestion financière aux autorisations parlementaires.

L’adoption du texte s’accompagne de recommandations qui renvoient à des enjeux fondamentaux pour les finances publiques gabonaises. Les députés préconisent notamment le respect des dispositions de la loi organique relative aux lois de finances et à l’exécution du budget de l’État (LOLFEB), en particulier pour la tenue des quatre comptabilités requises : générale, budgétaire, analytique et des matières.

Ils recommandent également une amélioration du recouvrement des recettes publiques et une réévaluation globale de la trajectoire de la dette.

Ces orientations dépassent les seules exigences techniques. Une comptabilité publique rigoureuse permet de mieux retracer l’utilisation des ressources, d’identifier les coûts réels des politiques publiques et de renforcer la fiabilité de l’information financière. De même, l’amélioration des recettes et la maîtrise de l’endettement conditionnent la capacité de l’État à financer durablement ses priorités.

L’enjeu est donc moins de voter un texte supplémentaire que de faire du contrôle budgétaire un levier effectif de responsabilité. L’unanimité parlementaire constitue un signal politique, mais elle ne saurait remplacer l’évaluation précise des résultats ni le suivi des recommandations formulées.

Les mangroves, un enjeu de souveraineté environnementale

Le second projet adopté concerne la ratification de l’accord portant création du Centre international des mangroves. Examiné par la Commission des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Défense nationale et de l’Intégration régionale, dont le rapport a été présenté par le député Lobel Augustin Yembi, ce texte inscrit le Gabon dans une dynamique de coopération consacrée à la protection de ces écosystèmes.

Pour un pays doté d’un patrimoine naturel important et de vastes espaces côtiers, les mangroves représentent un enjeu écologique, économique et stratégique. Elles abritent une biodiversité remarquable, contribuent à la protection des littoraux, servent d’habitats à de nombreuses espèces et stockent d’importantes quantités de carbone. Leur préservation participe ainsi à la lutte contre les effets du changement climatique et à la protection des communautés côtières.

La ratification de cet accord ouvre une perspective de coopération internationale dont les bénéfices dépendront toutefois des engagements effectivement mis en œuvre, des moyens mobilisés et de la capacité à transformer les objectifs environnementaux en programmes concrets.

Pour le Gabon, l’enjeu consiste à faire de son capital naturel un atout durable, sans réduire sa protection à une simple vitrine diplomatique. La préservation des mangroves doit pouvoir s’accompagner de politiques cohérentes, de capacités scientifiques renforcées et d’une mobilisation des acteurs concernés.

À l’issue de la séance, Michel Régis Onanga M. Ndiaye a salué l’unanimité des votes. Mays Mouissi a, pour sa part, remercié les députés au nom du ministre de l’Économie. En amont, la conférence des présidents et la réunion du Bureau avaient notamment porté sur l’avancement des travaux législatifs ainsi que sur la recevabilité de questions orales et écrites adressées aux membres du gouvernement.

Deux textes, deux responsabilités : rendre compte de l’argent public et préserver un patrimoine naturel stratégique. Pour le Parlement gabonais, la prochaine étape ne se limitera pas à l’adoption des lois. Elle consistera à veiller à leur application, à exiger des résultats vérifiables et à maintenir le contrôle de l’action gouvernementale. Car la crédibilité d’une institution ne se mesure pas seulement à l’unanimité de ses votes, mais à sa capacité à faire respecter les engagements pris au nom de la Nation.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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