Gabon : Le PDG se déchire, l’UPG se ressoude ou les dynamiques contrastées d’un paysage en recomposition
Libreville, Lundi 28 Juillet 2025 (Infos Gabon) – À l’approche des élections législatives et locales au Gabon, le théâtre politique offre un décor saisissant : pendant que le PDG, jadis tout-puissant, s’enlise dans une guerre de clans qui menace sa survie, l’UPG, longtemps affaiblie par les divisions internes, retrouve peu à peu son souffle originel et rouvre ses portes aux enfants prodigues.
Une recomposition silencieuse mais décisive s’opère, et dans ce jeu de chaises électorales, seuls les partis capables de resserrer leurs rangs pourront espérer peser dans la nouvelle donne.
Alors que le Gabon s’engage à pas comptés vers les élections législatives et locales, prévues pour dessiner les contours d’un nouveau paysage politique post-Bongo, le contraste est saisissant entre les états d’âme des partis traditionnels.
À l’heure du réveil démocratique, deux forces politiques jadis centrales dans l’arène nationale empruntent des trajectoires divergentes : le Parti Démocratique Gabonais (PDG) se débat dans une crise identitaire ouverte, pendant que l’Union du Peuple Gabonais (UPG) s’offre une cure de rassemblement.
Le PDG : le monolithe fissuré
Pendant plus de cinquante ans, le PDG a incarné la stabilité, fût-elle autoritaire, du système gabonais. Parti-État à l’ancienne, il a longtemps absorbé, neutralisé ou digéré les contestations internes, fort de sa domination écrasante sur les institutions. Mais le renversement du régime d’Ali Bongo, le 30 août 2023, a ouvert une brèche dans cette forteresse.
Aujourd’hui, la formation jadis hégémonique se retrouve dans une guerre fratricide entre deux lignes. D’un côté, le front Blaise Louembe, nostalgique d’une gouvernance à l’ancienne, enracinée dans l’héritage d’Omar Bongo.
De l’autre, le courant Ali Akbar, toujours fidèle au fils du patriarche déchu, Ali Bongo Ondimba. Le conflit n’est pas seulement une lutte d’égos ou d’instinct de survie politique : il révèle une impasse stratégique.
Entre ceux qui veulent négocier un espace dans le nouveau système en place, et ceux qui croient encore à une restauration improbable, le PDG semble incapable de parler d’une seule voix. Un virage dangereux à la veille d’échéances électorales majeures.
L’UPG : la maison des retrouvailles
À l’opposé, l’UPG semble renaître de ses cendres. Le parti du défunt Pierre Mamboundou, souvent marginalisé, parfois fracturé, a traversé des années d’errance post-leader.
Mais à la faveur de la transition politique censée s’achever complètement avec la mise en place du nouveau parlement prévue en novembre, un vent nouveau souffle. La bande à Mboumba Nziengui, Moukagni Iwangou et d’autres leaders dispersés, parfois devenus farouches adversaires d’hier, opèrent un retour symbolique à la maison commune. Gare aux vieux démons !
Ce mouvement de recomposition interne, de l’avis des observateurs, ne relève pas d’un simple tropisme sentimental. Il traduit la conscience d’un enjeu majeur : aucune voix ne doit se perdre si l’on veut peser dans la recomposition à venir.
L’UPG sait que sa force historique réside dans sa capacité à mobiliser à la base, notamment dans les fiefs du Sud. Si elle parvient à canaliser cette dynamique de réconciliation en une stratégie électorale claire, elle pourrait redevenir un acteur de poids dans le futur Parlement.
Le sens du moment : s’unir pour peser
Les élections législatives et locales de septembre prochain ne seront pas de simples échéances ordinaires de routine électorale. Elles seront le véritable test charnière de la transition, la première grande photographie du rapport de force post-coup d’État.
À ceux qui rêvent de rupture ou de renouvellement, c’est l’occasion de se frayer une place. À ceux qui campent sur les anciens privilèges, c’est la tentation de la survie.
Dans cette logique, le désordre affaiblit, l’unité renforce. Le PDG ferait bien de méditer cet axiome. À vouloir jouer sur les vestiges d’un passé révolu, il risque de se retrouver à la marge, incapable de rencontrer les nouvelles aspirations populaires.
L’UPG, à l’inverse, en retrouvant ses fondamentaux d’union populaire, se donne les moyens de peser dans la nouvelle distribution des cartes. Encore faut-il transformer l’élan de rassemblement en plateforme cohérente, crédible, et inclusive.
Ce qu’il faut retenir
À l’heure des grands basculements, le temps n’est plus aux querelles intestines, aux règlements de comptes ou aux égos partisans surdimensionnés.
Chaque formation politique qui entend jouer un rôle dans le Gabon de demain doit savoir resserrer les rangs, réconcilier les ambitions et redonner sens à l’action collective pour espérer tirer son épingle de jeu.
Le Gabon n’a plus besoin de partis comme machines de pouvoir, mais de forces capables de représenter, proposer et construire. Entre le PDG qui se délite et l’UPG qui se rassemble, l’histoire tranchera. Mais une chose est sûre : les législatives et les locales à venir ne pardonneront pas les plaies non pansées et divisions mal soignées.
FIN/INFOSGABON/FW/2025
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