Politique

Gabon : Le président Ali Bongo Ondimba appelle à l’optimisme

Libreville, Vendredi 31 Août 2018 (Infos Gabon) – Dans un échange télévisé en direct avec ses compatriotes, le président de la République a dressé l’état de la nation et annonce des lendemains meilleurs.

L’exercice relève de l’inédit dans l’histoire du Gabon. Aucun de ses prédécesseurs ne s’était prêté à ce jeu. Dans un échange interactif, franc et direct, le chef de l’Etat a apporté des réponses aux préoccupations des Gabonais de diverses couches sociales. Invité en prime time sur les antennes des chaines publiques, Ali Bongo Ondimba a reconnu que même s’il est bien renseigné au quotidien par ses collaborateurs sur la marche du pays, rien ne vaut le contact avec ses concitoyens. Raison pour laquelle il a bien voulu accepter se prêter à ce jeu. L’échange avec ses compatriotes a porté essentiellement sur les domaines social, économique et politique. Devant des panélistes impertinents et perspicaces.

Social : une insécurité galopante

Face à la montée inquiétante de l’insécurité marquée par de nombreux crimes odieux commis généralement par les jeunes, le président de la République a fait savoir qu’il faut passer à l’action. Pour combattre le phénomène, l’Etat a ainsi mis en place un nouveau centre d’opérations dont la principale mission consiste à anticiper sur l’action des criminels. La mise en service d’une police de proximité et des moyens technologiques avec l’usage des caméras de surveillance contribuent également de manière significative à ce combat.

Ali Bongo Ondimba a fait savoir que les pouvoirs publics vont poursuivre le développement urbain avec l’éclairage public qui devra aller crescendo. Mais, il déplore tout de même l’absence parfois des forces de sécurité dans certains quartiers, ce qui favorise la résurgence du phénomène des groupes d’autodéfense avec ce que cela comporte comme violations des droits de l’Homme. Il a instruit le gouvernement à accélérer la mise en route du Code de procédure pénale.

Sur la question du chômage des diplômés du supérieur arrivés en fin de cycle, il a déploré le fait que 70% des filières ne soient malheureusement que littéraires. «Il faut revoir la gouvernance qui corresponde au développement économique. Il faut échanger avec le monde des entreprises selon les besoins», préconise-t-il. Il a réaffirmé la mise en place d’une task force de l’éducation avec un accent sur la formation professionnelle et les partenariats public-privé.

Ali Bongo Ondimba s’est aussi montré remonté face à certaines dépenses faramineuses qui n’ont produit aucun résultat significatif dans l’octroi des bourses. Le chef de l’Etat parle de 600 milliards de francs CFA engloutis de 2012 à 2018. D’où une révision des critères de sélection des bénéficiaires qui porteront désormais sur le social et la méritocratie.

En matière de logement, Ali Bongo Ondimba, en toute honnêteté et faisant preuve d’humilité, reconnait que nombre de ses compatriotes ne sont pas logés à la bonne enseigne. D’après lui, le logement décent se heurte à un manque criard de terrains marqué par l’absence des titres fonciers. Une situation due, à son avis, aux lourdeurs administratives. De 1905 à 2018, 23 000 titres fonciers ont été délivrés. Il fallait 85 signatures. Aujourd’hui, il en faut cinq.

«Nous avons l’humilité d’avoir été égarés», reconnait-il. Mais, il tient en garde tous ceux qui détiennent frauduleusement des terrains pour faire de la spéculation après de bien se tenir. Il se réjouit par ailleurs de la mise en œuvre du programme de déploiement de 5 000 lampadaires, de 900 pompes à travers le pays et du développement de l’usine d’eau de Ntoum qui va permettre d’étancher la soif des Librevillois.

Place à une économie de transformation

Sans ambages, le président gabonais s’est voulu une fois encore sur la question des exportations qui, selon lui, contribue à une évaporation des devises. «Nous ne voulons plus être un pays exportateur de matières brutes, mais de transformation. Il est vital d’aller à la transformation de notre économie», a martelé Ali Bongo Ondimba. A la question de savoir pourquoi les Gabonais tardent toujours à ressentir le retour de la croissance, le chef de l’Etat explique qu’une bonne partie des fruits liés à cette croissance est destinée au paiement de la dépense qu’aux investissements. D’où les mesures gouvernementales qui bénéficieront bientôt à tous.

«A l’avenir, il nous faudra maintenir un taux de croissance de 2% qui va permettre la création de plusieurs emplois», projette-t-il. «Certains gouvernements du passé ont fait du social, du mauvais social», déplore-t-il. Suite au gel des recrutements au sein de Fonction publique au cours des trois prochaines années, il annonce la mise en place des programmes de formation adéquats. Aux jeunes, il recommande de retourner au travail de la terre qui s’avère une niche d’opportunités.

«On ne peut plus être dépendants de l’étranger pour nous nourrir. Près de 350 milliards de francs de dépenses annuelles», déplore-t-il. Pour y remédier, il annonce la création des lycées agricoles et un accompagnement des jeunes agriculteurs.

Une politique réaliste

Abordant la question de la libération de présumés prisonniers politiques, le président de la République a balayé d’un revers de la main une telle éventualité. «Il n’y a pas de prisonniers politiques au Gabon, mais des prisonniers de droit commun. Ce sont des gens qui ont cassé, mais pas pour leurs opinions. Ils sont en prison pour avoir commis des actes et non pour leurs opinions», tient-il à préciser. Parlant de la décennie de la femme, il reconnait qu’une priorité a été accordée à la formation de la femme d’autant plus qu’elle constitue le pilier de la famille et de l’économie gabonaise. Il salue ainsi la clairvoyance de la première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba qui a abondamment contribué à la reconnaissance des droits de la veuve avec une loi votée en 2015.

Ali Bongo Ondimba cite en exemple le Parti démocratique gabonais (PDG) en matière du rajeunissement de l’élite dirigeante qui passe par l’égalité des chances. Le parti au pouvoir a procédé à 65% de renouvellement de ses candidats aux législatives et de 85% pour les locales des 6 et 27 octobre 2018.

Quant à la réduction des effectifs du gouvernement, il reconnait certes qu’une telle initiative alourdirait la tâche des ministères restants, mais il ne rejette pas totalement l’idée. Il donne pour cela rendez-vous à ses compatriotes après ce double scrutin.

Sur le déroulement du Fonds d’initiative départemental, lancé il y a quelques mois en vue d’impulser le développement à partir de la base, le chef de l’Etat se veut une fois encore rassurant et fait savoir que la réflexion est suffisamment avancée avec l’expertise des cabinets techniques.

Dressant un bilan à mi-parcours de son mandat actuel, Ali Bongo Ondimba reconnait que beaucoup a été fait et que beaucoup reste encore à faire. Sur la responsabilité des sociétés d’Etat actuellement en hibernation, il invite ses compatriotes à regarder la réalité en face et faire eux-mêmes le bilan de cet échec. «Nous les Gabonais sommes responsables et devons trouver des solutions au problème des entreprises agonisantes. Il faut changer la façon de gouverner et désigner des hommes compétents et méritants», a-t-il indiqué. Il salue cependant la création de la Zone économique spéciale qui a permis de créer 10 000 emplois.

Avant de prendre congé de ses concitoyens, Ali Bongo Ondimba a conclu son propos sur une note d’espoir. «Je dois préparer les Gabonais à affronter les défis d’aujourd’hui et de demain. Gardez la foi et ayez confiance. D’ici quelques mois, vous aller entendre ce qui vous donneront de l’espoir. La destination Gabon reste une bonne destination. Il faut rester optimisme. Ce pays, je l’aime. Je me bats toujours ici comme à l’étranger. Nous allons changer les comportements. Nous allons accélérer la transformation de ce pays. J’ai besoin de votre soutien», a-t-il lancé.

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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