Société

Gabon : Le procureur général dresse le bilan de la dernière session criminelle de Libreville

Libreville, Lundi 25 Août 2025 (Infos Gabon) – La session criminelle ordinaire 2025 s’est achevée le 15 août dernier au Palais de justice de Libreville. Un mois d’audiences qui a permis d’examiner 96 dossiers sur les 100 enrôlés, impliquant 144 accusés.

Dans un échange avec la presse, le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Dr Eddy Narcisse Minang, a livré un bilan détaillé des travaux, soulignant les avancées, les défis et les perspectives pour la justice pénale au Gabon.

Priorité aux dossiers anciens

Conformément aux instructions du ministre de la Justice, seuls les dossiers les plus anciens, datant de 2012 à 2019, ont été examinés. Une orientation assumée par le procureur général :
« Dans une société de droit et d’équité, il était inadmissible que des détenus patientent dix ans sans jugement. Aujourd’hui, aucun prisonnier de la centrale de Libreville n’est sous mandat de dépôt antérieur à 2019 », a-t-il précisé.

Cette mesure met fin à une injustice longtemps décriée, qui contribuait à la surpopulation carcérale et affaiblissait la confiance des citoyens dans les institutions.

Une cartographie inquiétante de la criminalité

Les vols qualifiés et braquages arrivent en tête avec 31 dossiers, suivis des crimes de sang (8 assassinats, 8 meurtres, 9 coups mortels) et des viols sur mineures (23 dossiers). Pour Dr Minang, cette situation traduit une fragilité sociale préoccupante :

« La moitié des auteurs de vols violents sont des jeunes issus de familles disloquées, monoparentales ou démissionnaires. L’absence d’encadrement parental est un facteur criminogène majeur », a-t-il déploré.

Des verdicts équilibrés

Les décisions rendues reflètent une volonté d’équilibre entre fermeté et respect des droits. Il a énuméré 2 acquittements, confirmant la présomption d’innocence, 2 condamnations à perpétuité, pour les crimes les plus graves, 22 libérations, le temps de détention préventive ayant couvert la peine, ainsi que d’autres peines allant de 5 ans de réclusion à la perpétuité.

Toutes ont été prononcées dans le respect des principes fondamentaux du procès pénal : contradictoire, droits de la défense et publicité des débats.

Des moyens renforcés et une justice en mutation

Le procureur général a salué l’appui financier inédit du gouvernement pour l’organisation de ces sessions, assorti d’un comité de gestion garantissant la transparence. Il a également rendu hommage aux magistrats, avocats, greffiers, personnels pénitentiaires et aux médias pour leur rôle déterminant.

En conclusion, Dr Eddy Narcisse Minang a réaffirmé la nécessité d’une justice plus rapide et crédible. « Il n’est pas admissible qu’un accusé soit jugé dix ou quinze ans après les faits. La justice doit être rendue à temps, car c’est une exigence de droit et de dignité », at-il expliqué.

La prochaine étape est déjà fixée : une session criminelle spéciale en novembre 2025, qui sera consacrée aux crimes économiques et financiers.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

Copyright Infos Gabon

LIRE AUSSI Gabon : 148 personnes poursuivies devant la Cour criminelle de Libreville

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *