Gabon : l’épave du crash de Makongonio retrouvée 40 ans après
Libreville, Jeudi 28 août 2025 (Infos Gabon) – Quarante ans après le drame, l’épave de l’hélicoptère qui s’était écrasé le 28 juin 1985 à Makongonio, près de Mbigou (La Ngounié), a été redécouverte par des villageois. L’accident avait coûté la vie à dix personnes, dont sept journalistes et trois militaires, marquant durablement l’histoire du Gabon.
Un drame gravé dans la mémoire nationale
Le 28 juin 1985, un appareil s’abîmait dans la dense forêt gabonaise, plongeant le pays dans le deuil. Parmi les victimes figuraient les journalistes Jean-Philippe Oyono, André Ofounda, Charles Ossouna Ngorogo, Eugène Bindindi, Marcel Ango, Paul Ollo’o Mombey et Mohamed Moungalat, ainsi que trois militaires : Faustin Biyogho, Eugène Dickombo et Antoine Ongnalanga.
Cinq survivants avaient miraculeusement échappé à la mort, dont Huguette Goudjo, seule femme du groupe, qui avait résisté quatre jours avec les deux jambes fracturées avant d’être secourue. Décédée en 2018, elle incarnait la mémoire vivante de cette tragédie. Aujourd’hui, seuls Valentin Safou et Pierre Ndouong seraient encore en vie.
L’épave réapparaît, la mémoire se ravive
Restée introuvable durant quatre décennies malgré les recherches, l’épave est réapparue sous la canopée. Pour les familles et les témoins, cette découverte n’est pas qu’un fait matériel : elle réveille une douleur ancienne et relance le devoir de mémoire.
Les habitants qui ont permis cette redécouverte appellent désormais les autorités à transformer le site en lieu de recueillement, afin d’honorer les victimes et d’éviter que cet épisode sombre de l’histoire nationale ne sombre dans l’oubli.
Vers un lieu de mémoire nationale ?
Le site de Makongonio, aujourd’hui envahi par la végétation, pourrait devenir un espace dédié au souvenir : un monument, un sanctuaire ou un musée de la mémoire. Pour beaucoup, c’est une exigence de respect, mais aussi un acte pédagogique à l’égard des nouvelles générations.
Le poids du devoir de mémoire
« Se souvenir du 28 juin 1985, ce n’est pas raviver la douleur, c’est rappeler que la Nation s’est aussi construite dans la souffrance de ses pertes », confie un ancien confrère des journalistes disparus.
Quarante ans après, Makongonio n’est plus seulement un nom sur une carte : c’est une cicatrice, mais aussi un appel à la mémoire collective.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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