Economie

Gabon : Logement, le Grand Libreville change d’échelle

Libreville, Mercredi 23 Septembre 2026 (Infos Gabon) – 3 016 logements et villas répartis sur six opérations immobilières. En une journée de terrain, le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, a voulu mesurer bien davantage que l’avancement de plusieurs chantiers.

À travers cette tournée effectuée le 19 septembre dans le Grand Libreville, le gouvernement met à l’épreuve une question devenue centrale pour des milliers de ménages gabonais, celle de la capacité à produire des logements en nombre, mais surtout à les rendre réellement accessibles.

D’Akanda à Bikélé-Nzong, la carte des projets visités dessine une offre immobilière en construction qui commence à changer d’échelle. Avec les services techniques de son ministère et la Société nationale immobilière, Mays Mouissi a successivement inspecté Bellambra Résidences à Akanda, porté par ADDOHA et comprenant 500 logements, la Cité Symbioz de Keydan Groupe avec 66 villas, le programme One Link près du Stade de l’Amitié avec 400 logements, Urban Life de Mangouba avec 300 logements, Trianon Homes à Okala avec 150 logements et enfin le vaste programme de Bikélé-Nzong, à Ntoum, qui prévoit 1 600 logements.

Ces opérations représentent au total 3 016 unités. Derrière ce volume se trouve cependant un enjeu plus complexe que celui des seules statistiques de production. Construire davantage ne suffit pas si les ménages auxquels ces logements sont destinés ne peuvent pas y accéder financièrement.

Construire ne suffit plus

C’est précisément sur ce point que le ministre entend déplacer le débat. Sur les différents sites, l’accent a été mis sur la qualité des ouvrages, leur conformité aux exigences techniques, les prix proposés et le respect des calendriers de livraison.

La question du coût apparaît comme l’un des principaux défis. Fonctionnaires, salariés du secteur privé, entrepreneurs et travailleurs indépendants ne disposent pas des mêmes capacités financières, alors que l’accès à la propriété suppose généralement un effort important et durable. La politique du logement ne peut donc être réduite à la multiplication des programmes immobiliers. Elle doit aussi répondre à la solvabilité réelle des ménages.

Mays Mouissi a ainsi demandé aux promoteurs d’explorer des mécanismes d’accession plus souples, notamment la location-vente. Le principe consiste à rapprocher autant que possible l’effort mensuel consacré à l’acquisition du montant qu’un ménage aurait normalement consacré à son loyer.

Cette orientation marque un changement de perspective. Le logement n’est plus seulement envisagé comme un bien construit puis commercialisé, mais comme un actif auquel les ménages doivent pouvoir accéder selon des modalités compatibles avec leurs revenus.

De Bikélé à Akanda, une offre qui cherche sa cohérence

Parmi les opérations suivies, le programme de Bikélé-Nzong occupe une place particulière par son ampleur. Ses 1 600 logements constituent une composante du programme global de 3 100 logements lancé le 2 juin 2026, avec 1 500 autres unités prévues à Essassa.

Le chantier de Bikélé-Nzong avait déjà fait l’objet d’une inspection en août, lors d’une réunion de coordination réunissant les différents acteurs du projet. Cette répétition des contrôles traduit la volonté du ministère de maintenir un suivi rapproché des opérations présentées comme structurantes pour l’offre de logements du Grand Libreville.

À Akanda, Bellambra Résidences constitue une autre opération significative avec près de 500 appartements. Lancé en mai 2026, le programme s’inscrit dans une logique d’accession à la propriété accompagnée de solutions de financement adaptées.

L’enjeu est désormais de faire converger ces différents programmes vers une même exigence. Produire rapidement, mais sans sacrifier la qualité. Proposer des prix compatibles avec les revenus, sans compromettre l’équilibre économique des opérations. Et surtout, livrer dans les délais annoncés.

Le véritable test sera l’accès à la propriété

Cette dernière exigence est loin d’être secondaire. Un logement annoncé mais livré tardivement ne répond pas immédiatement à la demande. Un logement achevé mais financièrement inaccessible ne résout pas davantage le problème. La réussite des programmes se mesurera donc à leur capacité à atteindre effectivement les ménages ciblés.

C’est tout le défi posé par l’accélération actuelle de la construction dans le Grand Libreville. L’État cherche à accroître l’offre, tandis que les promoteurs doivent désormais intégrer plus fortement la question du pouvoir d’achat et des mécanismes de financement dans leurs modèles.

La multiplication des chantiers constitue une première réponse quantitative à la demande. La prochaine étape sera qualitative et financière. Il faudra déterminer combien de ménages pourront réellement acquérir ces logements, dans quelles conditions et avec quel niveau d’effort mensuel.

Le suivi engagé par le ministère prend ainsi une portée qui dépasse la simple inspection de chantier. Il met en évidence le véritable indicateur d’une politique du logement efficace. Ce ne sera pas seulement le nombre de logements construits, mais le nombre de familles capables d’y accéder durablement. Pour le Grand Libreville, où la pression sur le logement demeure un enjeu majeur, c’est à cette réalité concrète que les 3 016 logements devront désormais répondre.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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