Economie

Gabon : Matanda, le vrai test commence maintenant

Libreville, Lundi 28 Septembre 2026 (Infos Gabon) – À Port-Gentil, le compte à rebours est désormais lancé. Annoncé le 25 septembre dernier par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, le projet immobilier Matanda Baie Royale prévoit 848 logements sur un périmètre de plus de 16 hectares. Mais au lendemain des cérémonies, une autre séquence commence, moins spectaculaire et autrement plus décisive. Il faut construire, contrôler, coordonner et livrer.

Le rendez-vous fixé à août 2028 transforme ainsi cette opération immobilière en test grandeur nature de la capacité des acteurs publics et privés à tenir un calendrier et à convertir une promesse urbaine en réalité pour les habitants.

Le 26 septembre, le maire de Port-Gentil, Pascal Houangni Ambouroue, a reçu les responsables de l’entreprise Huaxin, présentée comme le maître d’œuvre du projet, pour examiner les conditions de mise en œuvre. Au centre des échanges, les aspects techniques, le chronogramme des travaux, la création d’un tableau de bord de suivi et les attentes de l’entreprise vis-à-vis des pouvoirs publics locaux.

Cette réunion, organisée dès le lendemain du lancement, dit quelque chose d’essentiel sur la nouvelle phase du projet. Une opération de cette ampleur ne se juge plus à l’annonce de sa construction, mais à la capacité de suivre chaque étape, d’identifier rapidement les blocages et de mesurer l’écart entre les objectifs affichés et les réalisations.

848 logements et une ville à structurer

Le programme immobilier doit comprendre 128 logements de deux pièces, 556 de trois pièces et 164 de quatre pièces. Les travaux sont annoncés sur trois ans, selon un calendrier organisé en quatre phases.

Ces chiffres donnent une dimension concrète à l’opération. Mais ils posent aussi la question de l’intégration du nouveau quartier dans la ville existante. Construire plusieurs centaines de logements ne revient pas simplement à multiplier les bâtiments. Il faut penser les accès, les réseaux, les services, les espaces collectifs et les conditions de vie qui accompagneront l’installation des ménages.

C’est là que se situe une partie du véritable enjeu de Matanda Baie Royale. Le logement ne peut être dissocié de l’urbanisme. Une cité nouvelle n’a de sens que si elle devient un morceau fonctionnel de la ville, connecté à ses équipements, à ses activités et à ses habitants.

Port-Gentil, capitale économique du Gabon, connaît par ailleurs une série d’investissements destinés à transformer ses infrastructures et son cadre urbain. Le projet Matanda s’inscrit donc dans une recomposition plus large de la ville, avec la perspective annoncée de créer également des emplois autour des différents chantiers engagés.

Du calendrier politique au contrôle public

La date d’août 2028 donne au projet une échéance politique précise. Elle impose surtout une discipline de réalisation. Le tableau de bord évoqué par la municipalité pourrait devenir un instrument central de cette démarche, à condition qu’il permette de suivre des indicateurs concrets, comme l’avancement physique des travaux, les délais, les éventuels retards et les obstacles administratifs ou techniques.

Le maire a assuré que la mairie et le comité de pilotage accompagneraient l’entreprise dans les démarches relevant de leurs compétences. Cette coordination sera déterminante. Dans les grands projets urbains, les retards ne proviennent pas nécessairement de la construction elle-même. Ils peuvent également surgir des procédures foncières, des raccordements, des autorisations, de la disponibilité des infrastructures ou de la coordination entre administrations.

L’enjeu est donc de maintenir une chaîne de responsabilité suffisamment claire pour que chaque acteur sache ce qu’il doit réaliser et dans quel délai.

Le projet comporte aussi une dimension sociale importante. Les 848 logements annoncés ne représentent pas seulement une capacité immobilière supplémentaire. Ils doivent répondre à une demande réelle et améliorer l’accès à un habitat adapté. La question qui suivra naturellement le chantier sera donc celle des conditions d’attribution, du coût d’accès et du profil des futurs bénéficiaires. Une politique du logement ne produit ses effets sociaux que lorsque les logements construits deviennent effectivement accessibles aux ménages auxquels ils sont destinés.

Le chantier devra désormais parler par ses résultats

Matanda Baie Royale entre ainsi dans sa phase la plus exigeante. Les déclarations institutionnelles ont fixé l’ambition, les plans doivent maintenant produire des ouvrages visibles et contrôlables.

Pour Port-Gentil, le succès ne se mesurera pas au nombre de cérémonies organisées autour du projet, mais à la livraison effective des logements, à leur qualité, à leur accessibilité et à leur intégration dans le tissu urbain. Pour les pouvoirs publics, le défi est également celui de la transparence du suivi et de la capacité à rendre compte de l’utilisation des ressources mobilisées.

La séquence ouverte le 26 septembre est donc importante précisément parce qu’elle déplace le débat. Le projet n’a plus besoin d’être annoncé. Il doit désormais être exécuté.

À Matanda, les prochaines étapes seront celles qui permettront de vérifier si le Gabon sait transformer une ambition urbaine en résultat mesurable. Les 848 logements constituent l’objectif. Le véritable indicateur sera la capacité collective à les livrer dans les délais, avec la qualité attendue et une utilité sociale durable pour Port-Gentil.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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