Politique

Gabon : Mieux comprendre les raisons de l’interpellation des leaders syndicaux

Libreville, Lundi 15 juillet 2019 (Infos Gabon) – Les membres de la Dynamique universitaire sont poursuivis pour propagation de fausses nouvelles conformément à la loi. Ce qui est loin d’être un enlèvement.

Quatre leaders syndicaux ont été interpellés la semaine dernière. Simon Ndong Edzo, Sylvie Nkogue Mbot, Jean Bosco Boungoumou Boulanda et Ghislain Malanda étaient sous le coup d’un mandat délivré par le procureur de la République.

De source judiciaire, le mandat exécuté par les éléments de la police était conforme à la procédure en la matière. Contrairement aux allégations de Dynamique unitaire (DU) qui a dénoncé un enlèvement de ses membres.

Un argument bien léger lorsque l’opinion se souvient de ce que par la voix de leur leader, Jean Rémy Yama, aujourd’hui en France, avait annoncé la disparition du président Ali Bongo Ondimba encore en vie et toujours aux commandes du Gabon. D’aucuns voient en la sortie de vendredi dernier des membres de DU une volonté de divertir l’opinion.

Au sein de l’opinion gabonaise, l’on semble unanime sur la réaction des autorités à la suite de ces propos de nature à déstabiliser le pays. En poussant ainsi le bouchon bien loin, les syndicalistes ont visiblement confondu liberté d’expression et libertinage.

D’aucuns voient en cette propagation de fausses nouvelles une volonté de nuire à autrui. Même dans les campus, la démarche de Dynamique universitaire est dénoncée et condamnée.

«Il n’était pas possible de cautionner de tels propos qui sont sans rapport aucun avec la réalité et, pour le dire plus directement, purement mensongers. Aucun Etat ne peut tolérer que des dirigeants de premier plan usent de tels procédés dans le débat public car les conséquences peuvent être graves. Ailleurs en Afrique et même en Europe, y compris en France, de telles déclarations auraient été sévèrement sanctionnées. Pourquoi ne le seraient-elles pas au Gabon?», stigmatise un enseignant de l’université Omar Bongo de Libreville chez les journalistes.

«La liberté d’expression ne va pas jusqu’à dire n’importe quoi, et surtout pas des mensonges», ajoute-t-il.

Du côté de la Haute autorité de communication, l’on condamne fermement ce genre d’agissements. «Relayer un propos mensonger, sans vérification aucune, ni recoupement, ne relève en rien de l’activité journalistique. Or, ces derniers mois, on observe chez certains sites internet qui se présentent comme des médias, une dérive inquiétante de ce point de vue. Le fait pour ceux-ci de s’affranchir aussi allègrement du respect des règles professionnelles et de la déontologie journalistique est un phénomène inquiétant pour la démocratie », confie un cadre de l’organe en charge de la régulation du secteur.

Pour ce dernier, «il est temps de mettre fin à l’impunité de la part de ceux qui profèrent ou relaient des fausses nouvelles et tentent ensuite de se victimiser et de se protéger en invoquant, à tort, la liberté d’expression ou le droit d’informer».

FIN/INFOSGABON/SM/2019

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