Politique

Gabon / Mise en œuvre des accords d’Angondjé : Dieudonné Minlama Mintogo réclame un chronogramme réaliste

Libreville, Mardi 28 Novembre 2017 (Infos Gabon) – Le président d’Ensemble Pour la République (EPR) demande l’organisation des élections législatives crédibles et l’application intégrale des recommandations du dernier dialogue politique, gage de la stabilité politique et de la réconciliation nationale.

Les vertus du dialogue

Six mois après la clôture du dialogue politique initié par le président Ali Bongo Ondimba, Dieudonné Minlama Mintogo a fait une sortie pour se prononcer sur les retombées de cette grand-messe. Au cours d’une déclaration faite à Libreville le 24 novembre dernier, cet ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 a tenu, d’entrée de jeu, à rendre hommage à tous les participants à cette rencontre qui a permis aux uns et aux autres de venir discuter à cœur ouvert et sans tabou de l’avenir du Gabon.

A en croire le président d’Ensemble pour la République, que ce soit dans le camp de l’opposition ou de la majorité, les différentes parties ont fini par taire leurs divergences pour le grand intérêt du pays. «Pour ce qui me concerne, je suis fier et heureux d’avoir apporté ma modeste contribution à l’écriture de cette nouvelle page de l’histoire commune de notre pays. J’estime que ce dialogue a été une réussite. Notre démocratie sort renforcée. Notre Etat de droit plus affermi. Notre système électoral s’est considérablement amélioré. Il est aussi clair, à mes yeux, que ce dialogue ne pouvait prétendre résoudre tous les problèmes du Gabon. Le dialogue fait partie de notre façon de régler les différends depuis la nuit des temps», s’est-il félicité.

Révision constitutionnelle : un projet salutaire

Suite à la publication du projet de révision constitutionnelle depuis le 28 septembre dernier, les commentaires vont bon train au sein de l’opinion gabonaise. Devant les multiples prises de position, l’orateur a tenu à faire part de sa contribution au débat. «J’entends prendre toutes mes responsabilités à ce débat d’importance qui engage l’avenir de notre pays. Je n’ai d’autres ambitions que de contribuer au raffermissement de la démocratie et à l’amélioration de notre vivre ensemble. J’entends m’investir pour éviter que notre pays ne retombe dans les affres du passé. J’espère poser les vraies questions sans arrière-pensées ni faux-fuyants», a-t-il indiqué.

Car, décidé au sortir des travaux d’Angondjé, l’avènement d’une nouvelle Constitution, selon lui, devra permettre avant tout «une meilleure gouvernance et une plus grande lisibilité de l’action des pouvoirs publics par les citoyens. Dans l’immédiat, elle doit nous apporter des réponses aux difficultés vécues jusque-là. Surtout, elle doit nous permettre de partir de l’avant et retrouver notre cycle électoral classique».

Mais, M. Minlama Mintogo reste inquiet tout de même quant aux élections législatives qui approchent à grands pas. Il fonde ainsi son inquiétude sur le fait qu’à cinq mois de cette échéance cruciale, beaucoup d’étapes n’ont toujours pas encore été franchies du point de vue juridique et institutionnel de gestion desdites élections.

«Cela m’amène à me poser plusieurs questions : en cinq (5) mois, aura-t-on le temps de modifier la Constitution? Revoir la loi sur les partis politiques? Réviser la loi électorale? Mettre en place la nouvelle autorité en charge des élections? Procéder à l’enrôlement des électeurs? Fiabiliser notre système biométrique et procéder à un nouveau découpage? Sans être pessimiste, je ne m’avancerai pas à répondre de façon positive. Nous devons adapter nos textes et institutions», a lancé le président d’Ensemble pour la République.

Et de poursuivre : «Aussi, au regard des enjeux de l’heure, je demande à la classe politique et à toutes les parties prenantes au dialogue de définir un chronogramme réaliste de mise en œuvre des accords politiques, en vue de l’organisation des élections législatives crédibles, dont les résultats seront acceptés par tous. La stabilité politique et la réconciliation nationale dépendront très fortement de la manière dont ces élections vont être organisées».

Rupture de la Nationale n°1 et réforme des retraites

Au cours de cette sortie, le candidat à la dernière élection présidentielle a conclu son propos sur ces deux sujets d’une actualité brûlante. Sur la question de la rupture du pont survenue à Nkoltang, à une trentaine de kilomètres de Libreville, Dieudonné Minlama Mintogo déplore «l’état de dégradation avancée de l’axe Libreville-Kango et des désagréments que cela cause aux usagers. Je profite de cette tribune, pour demander au président de la République de classer la réfection de cet axe routier comme la priorité des priorités et d’en faire une question d’honneur et de souveraineté».

Car, il trouve inadmissible qu’«au moment où notre pays vient d’accorder la libre circulation des personnes aux ressortissants de la CEMAC, notre principale voie de communication soit dans cet état».

Quant à la réforme du système de retraite, il salue cette décision du gouvernement et des syndicats qui vise à revaloriser les pensions de retraite. Mais, il juge injuste cette décision qui intervient au moment où sont gelés les recrutements au sein de l’administration publique et invite le gouvernement à revenir sur cette décision.

«Repousser l’âge de la retraite de 60 à 63 ans au moment où le gouvernement suspend les recrutements des jeunes à la Fonction publique, me parait une décision inique et contreproductive aussi bien au niveau social qu’au niveau économique. Nous ne devons, en aucun cas, sacrifier notre jeunesse sur l’autel d’un quelconque intérêt! J’invite ainsi le gouvernement à s’investir plutôt dans la lutte contre le chômage des jeunes et non de promouvoir la rétention de façon indéfinie des seniors en poste… Aussi, j’appelle l’exécutif à sursoir à l’application de cette décision. C’est la décennie de la jeunesse ne l’oublions pas!», a-t-il conclu.

FIN/INFOSGABON/PM/2017

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