Politique

Gabon / Mœurs : Vers la dépénalisation de l’homosexualité ?

Libreville, Lundi 22 Juin 2020 (Infos Gabon) – Le gouvernement Julien Nkoghe Bekalé a déposé un texte à l’Assemblée nationale visant à autoriser cette pratique pourtant réprimée par la loi.

Les Gabonais dans leur majorité retiennent leur souffle en attendant le sort que réserveront les députés au projet de texte déposé par le gouvernement portant sur la dépénalisation de l’homosexualité. Alors que les élus du peuple prennent encore connaissance dudit texte, des voix s’élèvent déjà pour dénoncer ce qui s’avère être comme une «atteinte aux bonnes mœurs» dans le pays.

Etant donné qu’au regard de la loi numéro 042/2018 du 5 juillet 2019 portant Code pénal en République gabonaise, cette pratique réprime à «6 mois de prison et 5 millions de francs CFA d’amende» ceux qui se seraient rendus coupables de délits d’homosexualité. En son article 402 inclus dans le titre XIV intitulé «Des agressions sexuelles et des atteintes aux mœurs», le nouveau Code pénal souligne en son alinéa 5 que telles pratiques «constituent des atteintes aux mœurs les relations sexuelles entre personnes de même sexe».

Au sein de l’opinion publique gabonaise, l’on assiste à une véritable levée de boucliers contre la levée du verrou sur l’homosexualité. Sur sa page Facebook, Edgard Owono Ndong, député du Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM), a dans une sortie le 21 juin 2020 déclaré que «sur proposition du gouvernement, l’Assemblée nationale s’apprête à voter le retrait de l’alinéa 5 de la loi 042/2018 relative à l’homosexualité».

«Je reste convaincu qu’il faut un débat national sur ce sujet», plaide l’élu du canton Elelem dans le département du Woleu (Woleu-Ntem).

Des sources proches du Premier ministre, chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekalé,  indiquent que ce dernier «est personnellement très engagé dans le combat pour la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon (…) L’enjeu est sociétal et démocratique car les dispositions réprimant l’homosexualité ont été adoptées seulement par le Sénat et non l’Assemblée nationale qui ne s’est jamais prononcée».

Les députés, élus du peuple, vont-ils céder à la tentation ou agir en leur âme et conscience pour les bonnes mœurs ? Pour la démocratie ? La modernité ?En tout cas, chacun est conscient des conséquences de son choix sur l’avenir de la Nation.

FIN/INFOSGABON/SM/2020

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