Gabon : Ntoum, les routes avancent avec les indemnisations
Libreville, Samedi 01 Août 2026 (Infos Gabon) – À Ntoum, les grands projets d’aménagement changent progressivement le visage du territoire, mais leur réussite dépend aussi de la manière dont les populations directement concernées sont accompagnées.
À Essassa comme à Niamoro 2, les autorités viennent de franchir une étape décisive en précisant les indemnisations dues aux personnes affectées par deux opérations structurantes, l’une routière, l’autre immobilière.
Pour les familles et propriétaires concernés, ces annonces répondent à une attente concrète. Pour les pouvoirs publics, elles constituent surtout un test de crédibilité dans la conduite de projets appelés à transformer durablement l’espace urbain autour de Libreville.
À Essassa, 17 familles fixées sur leur indemnisation
Le projet de route en 2×2 voies entre Essassa et Bikélé porte sur un linéaire de 8,80 kilomètres, avec une emprise de 20 mètres. Dix-sept familles sont directement affectées par sa réalisation.
Réunis jeudi dernier à Essassa, dans la commune de Ntoum, les riverains ont été officiellement informés des conclusions des enquêtes foncières ainsi que des montants retenus pour leurs indemnisations. La consultation publique était présidée par le gouverneur de la province de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba.
La représentante de l’État a reconnu les inquiétudes suscitées par les différents projets routiers programmés dans le secteur d’Essassa et de Bikélé. Elle a toutefois estimé que le processus avançait dans de bonnes conditions, soulignant que le stress lié aux changements provoqués par ce type d’opération peut parfois brouiller la compréhension des informations communiquées aux populations.
La Société nationale immobilière, impliquée dans le processus, a confirmé que les financements étaient disponibles. Son directeur général, Jean Pierre Ondounda, a annoncé que les bénéficiaires pourraient retirer leurs chèques auprès du gouvernorat de l’Estuaire dès le lendemain de la consultation.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité du projet de voie de contournement Akanda–Bikélé–Essassa–Owendo, pour lequel les personnes concernées avaient également fait l’objet de consultations et d’indemnisations avant le démarrage des travaux.
À Niamoro 2, un autre dossier sous surveillance
Quelques kilomètres plus loin, un autre projet mobilise les populations. À Niamoro 2, dans le secteur de Tchad, la réalisation d’un lotissement destiné à accueillir les futurs logements des enseignants concerne un nombre beaucoup plus important de personnes.
Les recensements font état de 200 personnes affectées par des biens agricoles et de 50 propriétaires de biens bâtis. Lors d’une nouvelle consultation publique organisée vendredi sous la présidence du gouverneur de l’Estuaire, les montants des aides au départ ont été communiqués. La remise des chèques est prévue le 12 août prochain.
Cette annonce intervient alors que des contestations ont émergé autour de certaines évaluations. Marie-Françoise Dikoumba a rappelé que les montants avaient été établis par les experts de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre ainsi que par les agronomes, conformément aux textes en vigueur.
Mais l’administration laisse également ouverte la possibilité d’une contestation. Une période de réclamation doit permettre aux personnes qui estiment avoir été insuffisamment indemnisées de demander une contre-expertise directement sur le terrain.
L’indemnisation, enjeu de confiance
Ces deux dossiers illustrent une réalité incontournable des politiques d’aménagement. Une route, un lotissement ou un équipement public ne se construit pas uniquement avec des études techniques, des engins et des financements. Il se construit aussi avec l’adhésion des populations dont les terres, les habitations ou les activités sont directement affectées.
La consultation publique devient dès lors plus qu’une formalité administrative. Elle constitue un instrument de dialogue et de prévention des conflits. L’indemnisation, lorsqu’elle est transparente, documentée et effectivement versée, permet de donner une traduction concrète au principe selon lequel le développement collectif ne doit pas reposer sur le sacrifice silencieux de quelques-uns.
Pour Ntoum, territoire appelé à jouer un rôle croissant dans l’expansion urbaine du Grand Libreville, cette exigence prend une importance particulière. Les infrastructures routières et immobilières vont transformer les déplacements, l’accès au foncier et la valeur des espaces.
La modernisation du territoire ne sera véritablement durable que si ceux qui en subissent les contraintes immédiates peuvent aussi constater, dans les faits, que leurs droits sont reconnus et protégés.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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