Gabon : Oligui Nguema porte la voix de l’Afrique sur la scène mondiale
Libreville, Lundi 27 Juillet 2026 (Infos Gabon) – À Paris, où il effectuait une visite d’État marquée par plusieurs séquences diplomatiques de haut niveau, Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas seulement défendu les intérêts du Gabon. Il a également cherché à faire entendre une parole africaine sur les grands équilibres internationaux.
Entre son entretien accordé à l’émission panafricaine Face à l’Afrique sur Africa24 et ses déclarations sur la justice climatique, le président gabonais a construit un discours qui dépasse le cadre bilatéral franco-gabonais. Un discours fondé sur une conviction, celle d’une Afrique qui ne veut plus être uniquement consultée, mais pleinement écoutée lorsqu’il s’agit de sécurité, de gouvernance mondiale, de climat ou de développement.
Cette séquence parisienne révèle ainsi une évolution de la diplomatie gabonaise. Le pays ne cherche plus seulement à consolider ses partenariats historiques. Il ambitionne désormais de peser davantage dans les débats stratégiques qui façonnent l’avenir du continent et du monde.
Un message panafricain au-delà de la relation avec la France
Le choix du média retenu pour cette prise de parole est révélateur. Plutôt que de réserver son principal entretien à un média français, Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi Face à l’Afrique, émission de la chaîne Africa24 réunissant les journalistes Régine Gwladys Lebouda, Éric Golf Kouachou et Dalinie Mvemba.
Ce choix traduit une stratégie de communication assumée. Si la visite d’État en France était naturellement consacrée aux dossiers bilatéraux, le président gabonais a souhaité s’adresser directement aux opinions publiques africaines.
Pendant près de vingt-cinq minutes, il est revenu sur les grandes orientations de son projet de société, évoquant les réformes institutionnelles, la modernisation des infrastructures, la diversification de l’économie et la transformation de la gouvernance publique.
Il est également revenu sur le Prix du Courage politique qui lui a été décerné à Paris, préférant présenter cette distinction comme une reconnaissance des efforts accomplis au service du Gabon plutôt que comme une récompense personnelle.
Mais l’entretien a surtout permis d’élargir le débat aux grands enjeux continentaux. Évoquant les relations avec l’Alliance des États du Sahel, Brice Clotaire Oligui Nguema a plaidé pour une Afrique plus unie.
« Il faut mettre fin aux mésententes entre Africains » a-t-il déclaré, appelant les États du continent à « se serrer les coudes » afin de construire une réponse collective aux défis politiques, sécuritaires et économiques.
Cette vision s’est également illustrée par son soutien à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations Unies, symbole de la volonté de plusieurs États africains de renforcer leur influence dans les grandes institutions internationales.
Le climat comme enjeu de souveraineté économique
Au-delà de la diplomatie politique, Brice Clotaire Oligui Nguema a placé la question climatique au centre de son message international.
Dans un entretien accordé au Figaro, le chef de l’État a résumé la position du Gabon par une interrogation qui résonne désormais bien au-delà des frontières nationales. « Il faut préserver les forêts. Mais à quel prix ? »
Avec près de 88 pour cent de son territoire recouvert de forêts, le Gabon figure parmi les principaux puits de carbone de la planète. Pour le président gabonais, cette contribution essentielle à la stabilité climatique mondiale ne peut continuer à être assumée sans une contrepartie financière équitable. « Qui nous paye, parce que c’est vous qui polluez. Ce ne sont pas les Africains qui polluent », a-t-il affirmé.
Cette déclaration ne remet nullement en cause l’engagement environnemental du Gabon. Elle traduit au contraire une évolution des négociations climatiques défendue par plusieurs pays forestiers, selon laquelle la conservation des grands écosystèmes doit être reconnue comme un véritable service rendu à l’humanité.
Libreville défend ainsi une approche fondée sur la valorisation économique de ses ressources naturelles, à travers les crédits carbone, l’économie verte et la gestion durable de la biodiversité.
Le message est clair. La protection des forêts ne peut devenir un frein au développement des pays qui en assurent la préservation.
Une diplomatie d’influence assumée
Cette séquence parisienne met en lumière une diplomatie gabonaise qui gagne en cohérence et en ambition. Derrière les dossiers économiques, les accords bilatéraux et les partenariats traditionnels, le Gabon cherche désormais à affirmer une position sur les grandes questions internationales.
Qu’il s’agisse de la réforme de la gouvernance mondiale, du financement climatique, de l’unité africaine ou de la représentation du continent dans les institutions internationales, Brice Clotaire Oligui Nguema inscrit progressivement son action dans une logique d’influence régionale.
Cette stratégie repose sur une idée simple. Les États africains ne souhaitent plus être perçus uniquement comme des bénéficiaires de l’aide internationale ou des fournisseurs de matières premières. Ils entendent devenir des partenaires capables de défendre leurs intérêts, de proposer des solutions et de participer à la définition des règles qui structureront les équilibres économiques et géopolitiques du XXIᵉ siècle.
À Paris, le président gabonais n’a donc pas seulement parlé du Gabon. Il a porté un plaidoyer pour une Afrique davantage unie, mieux représentée et reconnue à sa juste valeur. Dans un contexte mondial marqué par les recompositions stratégiques, cette diplomatie d’influence pourrait bien devenir l’un des principaux marqueurs de la politique extérieure gabonaise.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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