Politique

Gabon – Partis politiques : l’État serre la vis et impose la mise en conformité

Libreville, Vendredi 23 Janvier 2026 (Infos Gabon) – Le temps des approximations semble révolu pour les formations politiques gabonaises.

Réunis mardi à Libreville par le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Adrien Nguema Mba, et son collègue en charge de la Réforme et des Relations avec les institutions, François Ndong Obiang, les représentants des 104 partis politiques légalement reconnus ont été formellement rappelés à leurs obligations légales.

Au cœur de cette rencontre : l’application stricte de la loi n°16/2025 du 27 juin 2025, qui redéfinit en profondeur les règles de création, de fonctionnement et de financement des partis politiques en République gabonaise.

Vers un assainissement du paysage politique

Fraîchement nommé à la tête du ministère de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba a affiché sa volonté de mettre de l’ordre dans l’architecture partisane nationale. Objectif affiché : constituer un fichier fiable des partis effectivement constitués et opérationnels, afin de disposer d’interlocuteurs crédibles dans le cadre du dialogue politique.

Un constat s’est imposé avec force au cours des échanges : aucune formation politique n’est aujourd’hui en conformité totale avec la nouvelle législation. Une situation que le ministre explique notamment par l’absence de dépôts de dossiers auprès de la Direction générale des élections depuis l’adoption du texte.

« C’est précisément la raison de cette rencontre », a-t-il souligné, appelant les responsables politiques à sortir de l’inertie.

Une loi plus exigeante, mais structurante

Adoptée en juin 2025, la loi sur les partis politiques encadre désormais de manière stricte : la création des formations politiques, leur organisation interne, leur mode de financement, les exigences de transparence, ainsi que les procédures de suspension ou de dissolution.

Pour les partis déjà existants, le législateur a prévu un régime transitoire de douze mois, destiné à leur permettre de se mettre en règle sans rupture brutale. Ce délai impose notamment la disposition d’un siège social identifiable, l’ouverture d’un compte bancaire, la tenue d’une comptabilité régulière, et la participation effective aux prochaines échéances électorales.

Mi-parcours du délai légal, l’heure de l’accélération

Prenant la parole à son tour, le ministre de la Réforme, François Ndong Obiang, a rappelé que les partis politiques ont désormais atteint la mi-parcours du délai transitoire. Il a exhorté les responsables à engager sans tarder les démarches nécessaires, afin d’éviter une course précipitée à la régularisation à l’approche de l’échéance.

Pour le gouvernement, il s’agit autant d’une exigence administrative que d’un enjeu de crédibilité démocratique, dans un contexte de refondation institutionnelle.

Entre critiques et résignation politique

Si certains leaders politiques continuent de contester le contenu ou la philosophie de la loi, tous reconnaissent néanmoins qu’elle s’impose désormais à l’ensemble des acteurs de la vie politique. La marge de manœuvre est donc étroite : se conformer ou s’exposer aux sanctions prévues par le texte, pouvant aller jusqu’à la suspension ou la dissolution.

Cette séquence marque un tournant dans la volonté des autorités de rationaliser un paysage politique longtemps caractérisé par une forte dispersion des partis.

Un test pour la réforme politique

Au-delà de la mise en conformité administrative, cette opération constitue un test grandeur nature pour la réforme politique engagée depuis la transition. Elle pose une question centrale : le Gabon peut-il se doter de partis solides, structurés et transparents, capables de porter un débat démocratique crédible ?

Les prochains mois seront déterminants. Ils diront si l’assainissement annoncé se traduit par une recomposition durable du champ politique ou s’il se heurte aux résistances d’un système longtemps habitué à fonctionner sans contraintes strictes.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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