Politique

Gabon / PDG : Ali Bongo Ondimba ouvre une nouvelle page

Libreville, Dimanche 10 Décembre 2017 (Infos Gabon) – Le président du parti au pouvoir invite à un changement de mentalités, prône un PDG dépouillé des intérêts égoïstes, résolument tourné vers l’action et les aspirations du peuple.

Placé sous le thème «Régénération et revitalisation», ce 11e congrès ordinaire avancé organisé du 8 au 10 décembre 2017 au stade de l’amitié d’Angondjé sonne comme une véritable révolution.

Des réformes en profondeur en vue

Pour Ali Bongo Ondimba, le temps des discours semble bel et bien révolu au Parti Démocratique Gabonais (PDG, au pouvoir). Il faut désormais passer au concret. «Car le Parti démocratique gabonais doit être le parti de l’action, le parti de la réalisation, le parti du résultat. Il doit être une force de proposition», a-t-il précisé.

D’après lui, de par sa position de parti leader, cette formation politique doit «aiguiller le gouvernement dans ses missions au service du Gabon, des Gabonaises et des Gabonais. Le Parti Démocratique Gabonais doit être utile. Et l’utilité doit s’apprécier non pas au niveau du parti, de l’appareil politique mais à l’aune de l’intérêt général. Le parti doit donc se remettre à produire des idées. Des idées en phase avec la société, en phase avec les aspirations profondes de la population. J’y reviendrai dans quelques minutes».

Mais, il reste convaincu de ce qu’en tant qu’institution, un véritable renouvellement de ressources humaines s’impose… fatalement. «Nous devons nous renouveler, y compris dans nos effectifs. Ouvrir les bras à la société civile, aux jeunes, aux femmes. C’est une question de représentativité. Le Parti Démocratique Gabonais doit être à l’image de la société gabonaise. En phase et non en décalage. A cet égard, la sociologie de nos militants, de nos responsables, cela compte. Mais c’est aussi une question d’efficacité. Car comment prétendre refléter les aspirations de nos populations si la base de notre parti comme son sommet ne sont pas à l’image de cette population?», a indiqué l’orateur.

Il reste aussi convaincu de ce que les réformes envisagées devront aussi prendre en compte les modes de fonctionnement et de prise de décisions au sein du parti. «En clair, plus de démocratie est nécessaire. A tous les niveaux. Plus de décentralisation aussi. C’est une réforme interne, certes, qui concerne la vie du parti. Mais c’est le passage obligé, la condition sine qua non qui doit nous permettre de mieux nous tourner vers la société, dont il nous faut épouser les préoccupations légitimes. Non pas dans une quelconque visée électoraliste, mais parce que le Parti Démocratique Gabonais doit demeurer l’un des piliers de la démocratie gabonaise. Et la démocratie, au Gabon comme ailleurs, c’est le peuple ! Ne lui tournons donc pas le dos. Ouvrons-lui les bras», a-t-il plaidé.

Le PDG comme creuset des leaders du pays

Selon Ali Bongo Ondimba, le nouveau Parti Démocratique Gabonais doit cesser d’être un parti d’opportunistes, mais un cadre par excellence où des cadres viennent s’abreuver au savoir pour se mettre résolument au service du pays.

«Son rôle, ce n’est pas seulement de présenter des candidats aux élections. C’est aussi de produire les idées nouvelles, de proposer les méthodes efficaces qui permettent à notre pays de mener à bien le processus de réforme dans lequel il est engagé. C’est cela, un parti moderne. Des idées, des idées et encore des idées. Quelles sont les préoccupations de nos concitoyens? L’éducation, l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat, l’énergie, les transports, la santé, mais aussi cette valeur transversale qu’est l’égalité des chances qui doit irriguer l’ensemble des affluents de notre société», a-t-il indiqué.

Dans quelques mois, se tiendront les élections législatives. Au PDG l’on fourbit déjà les armes en prélude à ce rendez-vous important. A cet effet, le leader de cette formation politique invite ses camarades à s’illustrer par des projets qui tiennent compte des aspirations de la population.

«Je veux qu’à cette occasion, chacun de nos candidats se distingue par la vigueur de ses idées, la pertinence de nos propositions. Individuellement, mais aussi collectivement, nous devons redonner le primat aux idées. Non pour le plaisir d’en élaborer. Mais parce qu’elles sont le prélude à l’action, au concret. Et c’est de cela dont l’Etat et la société gabonaise ont besoin pour avancer», a-t-il affirmé.

M. Bongo Ondimba invite les siens à se retourner résolument vers le futur au regard de l’évolution du temps. «La société a évolué, le monde évolue. Autour de nous, tout bouge. Si nous restons immobiles, nous sommes condamnés au déclin», prévient-il.

Appel au patriotisme

L’occasion faisant le larron, Ali Bongo Ondimba a profité de cette tribune pour décrier les différents maux qui minent le Gabon. «J’ai nommé la mal-gouvernance dans l’action publique, la corruption à laquelle se livrent quelques-uns et qui jette l’opprobre sur tous, mais aussi le clientélisme, la faiblesse du sentiment d’intérêt général et l’inégalité des chances. Nous devons par nos propositions et notre action contribuer à y remédier. Il en va de notre raison d’être. Car remporter les élections, c’est bien. Mais c’est insuffisant. Il faut user de la confiance que le peuple nous a donnée pour changer le pays, changer la société, changer la vie des Gabonaises et des Gabonais», a-t-il indiqué.

Dans son ordonnance, il prescrit comme thérapie de choc «un Etat fermement engagé sur la voie de la réforme et qui est bien décidé à renforcer son efficacité. Un environnement naturel très riche, avec des écosystèmes aussi fragiles que précieux, et que le monde s’attend à ce que nous préservions, en particulier cette forêt qui couvre 88 % de notre territoire. Notre Etat, notre environnement et enfin – et surtout – notre population. Chacun d’entre nous. Notre bien le plus précieux. A l’heure où l’Histoire accélère, où nous entrons dans l’économie de la connaissance avec la multiplication des moyens de communication, il faut plus que jamais renforcer les capacités des Gabonaises et des Gabonais».

Ladite thérapie passe nécessairement par l’éducation d’abord, l’emploi ensuite, la formation continue également et la santé. «Sur tous ces sujets, je le répète, nous devons faire des propositions. Proposer et inciter les pouvoirs publics à passer à l’action dans l’intérêt du peuple Gabonais», réitère le président du PDG.

La jeunesse au centre de la politique d’Ali Bongo Ondimba

Compte tenu de ce que la population gabonaise est constituée à 65% de jeunes, le président du PDG plaide pour que cette couche de la population soit mise aux petits soins. «Eh bien, c’est pour eux, pour ces jeunes que vous devez vous battre, vous devez travailler! Car, ils sont notre avenir. Et eux, on ne les paye pas de mots. Ils ne veulent pas de long discours ou de vaines promesses : ils veulent du concret, des résultats ! Comment leur donner l’éducation ou la formation pour leur donner les moyens de leur autonomie? Comment les préparer à l’économie de la connaissance? Comment promouvoir la compétence dans la promotion sociale au détriment de tout autre critère? Comment bâtir un monde durable où l’air sera toujours respirable et où l’essentiel des espèces animales et végétales n’auront pas disparu ? C’est à ces interrogations basiques, concrètes, que nous devons, nous membres du Parti démocratique gabonais, répondre», a-t-il lancé.

Le PDG toujours debout et solide

Ironisant ceux des détracteurs qui n’en croyaient plus ou qui voyaient en ce 11e rendez-vous le clap de fin, Ali Bongo Ondimba a tenu à rassurer les uns et les autres sur le fait que le Parti Démocratique Gabonais après bientôt 50 ans de vie, retrouve une seconde jeunesse pour repartir de plus belle.

«Le PDG en a entendu, beaucoup ! Il en a vu beaucoup défiler ! Jamais un parti ne fut aussi vilipendé, critiqué que le PDG. Jamais. Et avec lui, ses militants, ses dirigeants. On a voulu faire en sorte que les pédégistes se cachent, qu’ils aient honte, honte d’appartenir à cette formation», a-t-il regretté. Modeste dans le propos, il a tenu à reconnaitre que son parti n’est pas aussi blanc comme neige.

«On n’a jamais prétendu être les plus parfaits. La différence, c’est que nous on le reconnaît. On reconnaît que nous ne sommes pas parfaits», a-t-il relevé. Selon Ali Bongo Ondimba, les portes du PDG restent toujours ouvertes à tous ceux qui veulent venir ou revenir.

«La maison est grande, revenez ! C’est bon d’être ici ! La maison est toujours belle, elle est toujours grande et elle est toujours accueillante ! Et ce, grâce à vous ! Grâce à vous, notre maison est toujours forte, grâce à ses membres, grâce à ses militants, grâce à ses hommes, à ses femmes et à ses jeunes. Notre maison est toujours là, toujours grande, belle et accueillante», a-t-il lancé. Mais pas pour leurs intérêts égoïstes.

Il n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage au père fondateur, El Hadj Omar Bongo Ondimba. Tout comme le président national du PDG a également salué les prouesses de son ancien secrétaire général, Faustin Boukoubi qu’il a invité sur scène, sous les acclamations des militants.

FIN/INFOSGABON/PM/2017

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