Gabon : Remaniement, le gouvernement face à l’épreuve des résultats
Libreville, Lundi 12 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Attendu depuis plusieurs semaines, le remaniement du gouvernement gabonais a finalement été annoncé dimanche 11 octobre par Murielle Minkoue Mezui, épouse Mintsa Mi Owono, secrétaire générale de la Présidence de la République. La nouvelle équipe, constituée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema autour du vice-président du gouvernement Hermann Immongault, renouvelle plusieurs postes, redistribue des portefeuilles et recompose certains périmètres ministériels. Mais derrière les nominations, une question domine désormais : cette nouvelle architecture permettra-t-elle à l’Exécutif de passer d’une conduite très présidentielle de l’action publique à un pilotage ministériel plus autonome, plus coordonné et davantage comptable de ses résultats ?
Le changement intervient dans un contexte où le chef de l’État a souvent été vu en première ligne sur de nombreux dossiers, du suivi des chantiers aux préoccupations quotidiennes des populations. Cette présence peut donner une impulsion politique, mais elle ne saurait remplacer le travail permanent des ministres, chargés de conduire les politiques sectorielles, d’en suivre l’exécution et de rendre compte de leurs résultats. Le remaniement ouvre donc une nouvelle séquence dont la réussite dépendra moins des intitulés que de la capacité de chaque responsable à transformer les orientations présidentielles en réalisations mesurables.
Huit entrants, cinq départs et des responsabilités redistribuées
La nouvelle équipe compte huit entrants, tandis que cinq ministres quittent le gouvernement. Olivier Mouckocko prend en charge l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Lambert Mouvinde Millot les Travaux publics et la Construction, Emmanuel Eyeghe Nze le Commerce, l’Industrie et la Transformation, avec la fonction de porte-parole du gouvernement. Raïssa Nana épouse Ghogho hérite des Affaires sociales, de la Famille et de la Protection de l’enfance. Georges Christian Waza est nommé à la Pêche, à la Mer et à l’Économie bleue, Axel Jesson Ayenoue au Tourisme durable et à l’Artisanat, Stephen Olouna Mouba à l’Environnement et au Climat, tandis que Malcom Emery Djenno Ngomanda devient ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur.
En face, Carmelia Ntoutoume Leclercq, Philippe Tonangoye, Jean-François Ndong Obiang, Lubin Ntoutoume et Armande Longo épouse Moulengui quittent l’Exécutif. Le départ de l’ancienne ministre d’État chargée de l’Éducation nationale est particulièrement notable : Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba lui succède, mais avec le rang de ministre. Le gouvernement ne compte désormais que deux ministres d’État, Brigitte Onkanowa à la Défense nationale et Ulrich Manfoumbi Manfoumbi aux Transports, à la Marine marchande et à la Logistique. Hermann Immongault conserve, pour sa part, la vice-présidence du gouvernement.
Des portefeuilles redessinés, des résultats attendus
Le remaniement ne se limite pas aux entrées et aux sorties. Cinq membres de l’équipe précédente changent de portefeuille. Edgard Moukoumbi passe des Travaux publics à l’Intérieur, à la Sécurité et à la Décentralisation. Adrien Nguema Mba quitte l’Intérieur pour le Travail, le Plein Emploi et le Dialogue social. Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba passe du Travail à l’Éducation nationale et à l’Instruction civique. Aimé Martial Massamba quitte la Pêche pour la Réforme et les Relations avec les Institutions. Marcelle Ibinga épouse Itsitsa passe du Tourisme à l’Enseignement technique, à la Formation et au Perfectionnement professionnel.
L’organisation des ministères évolue également. Le Commerce, l’Industrie et la Transformation sont réunis dans un même département, tandis que les PME-PMI et l’Entrepreneuriat disposent d’un portefeuille distinct confié à Zenaba Gninga Chaning. L’Environnement et le Climat sont séparés des Eaux et Forêts, maintenus sous la responsabilité de Maurice Ntossui Allogho. Charles Edgard Mombo conserve l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, mais perd la fonction de porte-parole, désormais confiée à Emmanuel Eyeghe Nze. Marc Abeghe, ministre délégué auprès du département de l’Économie et des Finances, est chargé de la lutte contre la vie chère.
Ces choix dessinent une répartition différente des responsabilités, mais leur cohérence devra être éprouvée dans l’action. Les secteurs de l’eau, de l’énergie, de l’éducation, de la santé, de l’emploi, des infrastructures et du coût de la vie touchent directement aux attentes des ménages. Ils exigent des objectifs précis, une coordination entre administrations, des délais réalistes et une communication fondée sur les résultats plutôt que sur les annonces.
La fin de l’attente, le début de l’obligation de résultats
La nouvelle équipe est désormais attendue au pied du mur. La présence du président sur le terrain ne peut durablement compenser les insuffisances éventuelles du suivi ministériel. Chaque département doit assumer pleinement ses missions, anticiper les blocages, coordonner les services concernés et rendre compte de l’avancement des engagements. Le vice-président du gouvernement et les ministres ont ainsi la responsabilité de transformer la nouvelle configuration en chaîne de décision efficace, plutôt qu’en simple redistribution de postes.
La véritable mesure de ce remaniement sera donc concrète : accès à l’eau et à l’électricité, amélioration des services publics, infrastructures livrées, emplois soutenus, pouvoir d’achat mieux protégé et politiques sociales effectivement mises en œuvre. La recomposition gouvernementale crée une nouvelle possibilité d’action, mais ne constitue pas en elle-même un bilan.
Le Gabon n’attend pas seulement une nouvelle équipe, mais une administration politique qui délivre des résultats et en assume la responsabilité. Le changement de gouvernement n’aura de portée que si les ministres deviennent les premiers responsables du suivi de leurs secteurs, avec des engagements vérifiables et une obligation de rendre compte aux citoyens.
Composition complète du gouvernement annoncée le 11 octobre 2026
Vice-président du gouvernement
Hermann Immongault, vice-président du gouvernement.
Ministres d’État
Brigitte Onkanowa, ministre d’État, ministre de la Défense nationale.
Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande, chargé de la Logistique.
Ministres
Olivier Mouckocko, ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie.
Mays Mouissi, ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre.
Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, ministre de la Santé.
Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique.
Louise Pierrette Mvono, ministre de la Planification et de la Prospective.
Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, chargée de l’Intégration et des Gabonais de l’étranger.
Edgard Moukoumbi, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation.
Augustin Emane, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains.
Aimé Martial Massamba, ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions.
Lambert Mouvinde Millot, ministre des Travaux publics et de la Construction.
Emmanuel Eyeghe Nze, ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Transformation, porte-parole du gouvernement.
Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, ministre de l’Enseignement technique, de la Formation et du Perfectionnement professionnel.
Laurence Mengue Me Nzoghe épouse Ndong, ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités.
Charles Edgard Mombo, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Adrien Nguema Mba, ministre du Travail, du Plein Emploi et du Dialogue social.
Maurice Ntossui Allogho, ministre des Eaux et Forêts, chargé du Conflit homme-faune.
Thierry Minko, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère.
Clotaire Kondja, ministre du Pétrole et du Gaz.
Sosthène Nguema Nguema, ministre des Mines et des Ressources géologiques.
Mark-Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation, de l’Innovation et des Nouvelles Technologies.
Germain Biahodjow, ministre de la Communication et des Médias.
Raïssa Nana épouse Ghogho, ministre des Affaires sociales, de la Famille et de la Protection de l’enfance.
Pacôme Kossy, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement.
Georges Christian Waza, ministre de la Pêche, de la Mer et de l’Économie bleue.
Zenaba Gninga Chaning, ministre des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat.
Paul Ulrich Kessany, ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative.
Axel Jesson Ayenoue, ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat.
Stephen Olouna Mouba, ministre de l’Environnement et du Climat.
Ministres délégués
Marc Abeghe, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère.
Malcom Emery Djenno Ngomanda, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation.
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