Société

Gabon / Rixes entre gendarmes et policiers : les torts partagés

Libreville, 25 janvier 2013 (Infos Gabon) – Il est annoncé une bagarre entre policiers et gendarmes le 23 janvier dernier à Libreville, soldée par l’embarquement de trois policiers par des gendarmes venus en renfort de leurs collègues.

La première version de faits à l’origine de ce couac entre gendarmes et policiers serait, selon gabonreview, que les gendarmes en poste à l’ancienne gare routière de Libreville ont saisi la marchandise d’un commerçant vendant à la sauvette ; ce dernier a alors appelé ses amis de la police judiciaire et les échanges entre les hommes de ces deux corps militaires ont tourné à la bagarre.

Cette première version des faits pose le problème de l’intervention des éléments de la police judiciaire dans une affaire qui n’est pas de leur ressort.

En effet, les gendarmes en poste à la gare routière sont  en mission de maintien de l’ordre public dans la zone, notamment sur la route nationale qui la traverse ; il est ainsi possible qu’un commerçant à la sauvette  ait causé un trouble aux abords de cette voie nationale pour justifier la saisi de sa marchandise par les gendarmes.

En revanche, les éléments de la police judiciaire qui sont auxiliaires de justice ne sont donc pas dans leur compétence d’intervention de constatation des infractions pénales et recherche des délinquants ; justement, les gendarmes intervenant dans leur giron et contre un contrevenant n’étaient sûrement pas en infraction pénale pour que débarquent les éléments de la police judiciaire.

La seconde version, selon la même source, qui relate que les gendarmes ont arraché le téléphone du petit frère d’un élément de la police judiciaire pose quant à lui à l’inverse le problème de l’éventualité de l’immixtion des gendarmes dans une affaire judiciaire, on peut penser ainsi qu’ils ont saisi le téléphone en pensant à un bien volé ou du recel.

Dans l’un où l’autre des versions des faits, il se pose donc un  problème de délimitation des domaines de compétences des uns et des autres ; en vérité, il semble que les nouvelles recrus des deux corps n’aient pas encore assimilés les contours de leur travail et notamment leurs domaines de compétence respectifs.

A cet égard on peut en subodorer les causes : faiblesse du niveau de recrutement ; formation au rabais et bâclé ; moralité douteuse des recrus ; manque d’éducation de base, etc…

Il est connu que le gendarme intervient dans les zones périurbaine et rurale ; et que  la police s’en tenir au périmètre urbain ; à l’observation, cette délimitation des domaines d’intervention est très schématique d’une réalité plus complexe et nuancée.

Ainsi dans la gendarmerie et dans la police on trouve les OPJ ; de  même, il peut être confié à la gendarmerie des missions de police et de sécurisation de certaines places fortes ou à risque dans la ville ; mais encore, la mission de sécurisation des frontières et du territoire nationale peut s’étendre jusque dans les villes.

D’où qu’il importe aux  gendarmes et aux policiers de cerner davantage les contours plus ou moins complexes de leur travail respectif ; cela est d’autant plus nécessaire que la création des polices militaires ou des unités d’élite en vue d’unifier l’armée gabonaise pourrait, en l’état, avoir l’effet  non désiré de contribuer à la confusion des rôles des uns et des autres,  telle que l’illustre ces querelles entre frères d’armes.

FIN/INFOSGABON/PK/MM/2013

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