Economie

Gabon : SEEG, le 31 décembre qui change tout

Libreville, Lundi 03 Août 2026 (Infos Gabon) – Le 31 décembre 2026 marquera la fin d’un cycle dans la gestion de l’eau et de l’électricité au Gabon. Dès le lendemain, le 1er janvier 2027, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), doit céder sa place à deux entités distinctes, la Gabonaise des Eaux (GDE), et l’Électricité du Gabon (EDG).

Derrière ce basculement administratif se joue une réforme beaucoup plus ambitieuse, celle d’une réorganisation complète de la gestion de deux services essentiels, après plusieurs années de tensions opérationnelles et financières.

L’échéance est désormais clairement posée. Réuni le 31 juillet 2026 à Libreville, le conseil d’administration de la SEEG a acté les grandes lignes de la scission de l’entreprise. À compter du 31 décembre 2026, la SEEG ne devrait donc plus porter l’organisation actuelle de la distribution de l’eau et de l’électricité. Au 1er janvier 2027, GDE et EDG doivent entrer en activité et prendre séparément en charge les deux secteurs.

Cette rupture n’est pas improvisée. Elle prolonge une réflexion engagée depuis plusieurs années et déjà évoquée lors du Dialogue national de 2024. Elle intervient surtout après une période au cours de laquelle les difficultés d’approvisionnement en eau, les délestages électriques et les fragilités structurelles de la SEEG ont alimenté les préoccupations des ménages et des pouvoirs publics.

Le 31 décembre, fin d’une SEEG historique

La date du 31 décembre 2026 prend ainsi une portée particulière. Elle ne constitue pas seulement la dernière journée d’existence de la SEEG sous sa forme actuelle. Elle doit également servir de point de passage vers une organisation reposant sur deux opérateurs spécialisés.

Le choix de séparer l’eau et l’électricité répond à une logique de responsabilisation et de lisibilité de la gestion. Les deux activités présentent des contraintes techniques, financières et opérationnelles différentes. Leur dissociation doit permettre, selon l’orientation retenue, de mieux identifier les responsabilités, de construire des stratégies propres à chaque secteur et de concentrer les investissements sur les besoins spécifiques des réseaux.

Le diagnostic financier ayant accompagné cette décision est particulièrement lourd. Entre 2020 et 2023, le chiffre d’affaires de la SEEG est resté relativement stable autour de 212,6 milliards de FCFA, avant de progresser légèrement de 2 % en 2024. Cette évolution n’a toutefois pas empêché la dégradation de la situation financière. Les charges financières ont atteint 8,56 milliards de FCFA, tandis que la société affichait une perte nette de 45,6 milliards de FCFA.

À ces chiffres s’ajoutent des comptes certifiés assortis de réserves, des pertes accumulées, un endettement en progression, une trésorerie sous tension et une rentabilité en recul. Autrement dit, la réforme ne répond pas uniquement à une volonté institutionnelle de réorganisation. Elle cherche aussi à apporter une réponse à un modèle dont les fragilités financières sont devenues difficiles à ignorer.

Le 1er janvier 2027, deux nouvelles entités

À partir du 1er janvier 2027, GDE et EDG doivent donc prendre le relais. Le gouvernement entend toutefois éviter que la nouvelle architecture ne soit paralysée dès son lancement par les difficultés héritées de l’ancienne structure. Une décision majeure a ainsi été retenue, le passif de la SEEG ne sera pas transféré aux nouvelles entités.

Ce choix vise à donner à GDE et EDG les conditions nécessaires pour démarrer leurs activités sans être immédiatement enfermées dans le poids financier accumulé par la SEEG. Il soulève néanmoins une question essentielle pour l’avenir, celle du traitement de ces engagements et de leur impact sur les finances publiques et les parties prenantes de l’ancienne société.

La réforme comporte également un volet social. Un Comité paritaire de pilotage, réunissant la SEEG, les partenaires sociaux et le ministère du Travail, doit accompagner le processus. Sa mission sera notamment de traiter les obstacles juridiques liés à la scission et de veiller à la protection des droits des salariés.

Dans le même mouvement, le gouvernement a demandé aux administrateurs d’approuver la scission et encouragé les actionnaires à porter la participation de l’État gabonais de 56 % à 67 %. Cette évolution renforcerait le contrôle public au sein du nouveau dispositif.

Un changement de nom ne suffira pas

La véritable échéance ne sera pourtant pas seulement juridique. Le 1er janvier 2027, les usagers ne demanderont pas à savoir quelle architecture institutionnelle aura été retenue. Ils attendront de l’eau dans les robinets et de l’électricité dans les foyers et les entreprises.

C’est là que se mesurera la réussite de la réforme. La création de GDE et d’EDG ne prendra tout son sens que si elle s’accompagne d’une amélioration tangible de la qualité du service, de la maintenance des infrastructures, de la capacité d’investissement et de la régularité de l’approvisionnement.

Le calendrier est donc désormais établi. Le 31 décembre 2026, la SEEG doit tourner une page. Le 1er janvier 2027, GDE et EDG doivent en ouvrir une nouvelle. Entre ces deux dates, le Gabon ne change pas simplement de structures. Il engage une réforme dont la crédibilité dépendra de sa capacité à transformer une décision administrative en amélioration concrète du quotidien.

Le véritable rendez-vous ne sera donc pas la cérémonie de naissance des deux nouvelles entités, mais le premier bilan que les Gabonais pourront dresser après leur prise de service.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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