Gabon : Port-Gentil, la parole au terrain
Libreville, Vendredi 18 Septembre 2026 (Infos Gabon) – À Port-Gentil, le pouvoir a choisi de faire parler le terrain. Ce vendredi 18 septembre, Brice Clotaire Oligui Nguema a réuni les forces vives de l’Ogooué-Maritime pour entendre directement les préoccupations des sages, des représentants des populations autochtones et de la jeunesse.
Après plusieurs jours consacrés aux infrastructures, à la justice et à l’activité économique, cette rencontre donne une dimension plus sociale à la séquence présidentielle. Elle pose surtout une question essentielle pour la suite du mandat, comment transformer la parole des citoyens en décisions visibles dans leur quotidien.
La rencontre a débuté par une minute de silence en hommage au lieutenant-colonel Jean-Délis Makita. Elle s’est ensuite transformée en espace d’expression sur les réalités de la province. Le chômage, l’insertion professionnelle des jeunes, les retombées locales de l’activité pétrolière, mais aussi les attentes en matière de développement ont occupé une place centrale dans les échanges.
Ce dialogue n’est pas une première. En juillet, 150 représentants des forces vives de l’Ogooué-Maritime, parmi lesquels des maires, des conseillers locaux, des chefs de quartiers, des entrepreneurs et des leaders d’opinion, avaient été reçus par le président après avoir visité plusieurs chantiers structurants à Libreville. Cette démarche visait déjà à associer les acteurs de la province aux transformations engagées par l’État.
Cette fois, la parole change de sens. Il ne s’agit plus seulement de montrer ce qui se construit ailleurs, mais d’entendre ce que les habitants de la capitale économique attendent de leur propre territoire.
Le message des représentants des populations autochtones est particulièrement révélateur. Dans une province dont l’économie reste fortement liée au pétrole, la question n’est plus seulement celle de la production de richesse, mais celle de sa capacité à irriguer davantage l’économie locale. Les populations demandent plus d’activités, plus d’opportunités et une meilleure connexion entre les ressources exploitées et les besoins du territoire.
C’est un enjeu majeur pour Port-Gentil. Une économie fondée sur une industrie puissante mais insuffisamment diversifiée reste vulnérable aux cycles du secteur extractif. La transformation de la ville suppose donc de créer autour des activités traditionnelles de nouvelles filières capables d’employer, de former et de retenir les compétences.
La jeunesse se trouve au cœur de cette équation. Son attente est directe, obtenir une place dans l’économie qui se construit. Les grands travaux peuvent créer des emplois temporaires, mais la véritable rupture passera par des emplois durables, des formations adaptées et un accès plus large aux métiers qualifiés.
Le chef de l’État a répondu en rappelant la place accordée à la nouvelle génération dans les responsabilités publiques. Mais il a associé cette ouverture à des exigences de discipline, d’exemplarité, de respect des aînés, de discrétion et de maîtrise des codes de la République.
Ce message mérite d’être lu comme un contrat. Donner des responsabilités à la jeunesse implique de lui faire confiance, mais aussi de lui demander de démontrer sa capacité à les exercer. L’inclusion générationnelle ne peut être durable que si elle s’accompagne de formation, de mérite et de responsabilité.
Cette rencontre intervient surtout alors que Port-Gentil est appelée à devenir un chantier prioritaire des prochaines années. Le président a récemment inspecté plusieurs infrastructures dans la ville, notamment les futurs équipements hospitaliers, scolaires, universitaires, résidentiels et sécuritaires. Les autorités ont également annoncé que les chantiers liés à cette transformation pourraient contribuer à la création d’environ 1 000 emplois directs et indirects au bénéfice des forces vives de la province.
Le choix de faire de l’Ogooué-Maritime l’hôte des festivités du 30 août 2028 ajoute une échéance supplémentaire. Mais la célébration nationale ne doit pas devenir l’unique justification de l’investissement. Le véritable objectif doit être de laisser après 2028 une ville plus productive, mieux équipée et capable d’offrir davantage de perspectives à sa population.
C’est pourquoi la parole recueillie auprès des forces vives devra désormais trouver une traduction concrète. Une concertation réussie ne se mesure pas au nombre d’intervenants ni à la durée des échanges. Elle se mesure à ce qui change ensuite.
Port-Gentil a besoin d’infrastructures, mais aussi d’entreprises, de compétences, d’activités nouvelles et de services publics capables d’accompagner sa transformation. Elle a besoin d’un modèle économique moins dépendant d’un seul secteur et davantage connecté aux talents de sa jeunesse.
La rencontre du 18 septembre donne ainsi un visage humain à une séquence jusqu’ici dominée par les chantiers et les décisions institutionnelles. Elle rappelle qu’une politique de transformation n’a de sens que lorsqu’elle part des réalités vécues.
Pour Oligui Nguema, l’enjeu sera désormais de convertir cette écoute en arbitrages, ces arbitrages en investissements et ces investissements en résultats. Port-Gentil ne demande pas seulement d’être regardée. Elle demande à être transformée. Et cette transformation sera durable seulement si ceux qui vivent dans la ville deviennent aussi ceux qui en construisent l’avenir.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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