Politique

Gabon – Sylvain Momoadjambo s’éteint à 65 ans : itinéraire d’un acteur discret des recompositions politiques gabonaises

Libreville, Mercredi 4 Mars 2026 (Infos Gabon) – Ancien ministre et député, il aura traversé l’ère Bongo avant de rejoindre les rangs de la contestation parlementaire.

La scène politique gabonaise perd l’un de ses visages familiers des années 2000. Sylvain Momoadjambo est décédé mardi 3 mars à Libreville, à l’âge de 65 ans, des suites d’une longue maladie.

Originaire de Mékambo, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, l’ancien ministre délégué au Pétrole et aux Mines laisse derrière lui un parcours marqué par des engagements successifs au cœur des mutations du paysage politique national.

Un parcours au sein de l’appareil d’État

Sylvain Momoadjambo s’était imposé dans les années 2000 comme l’un des cadres de la majorité présidentielle sous l’ère de Omar Bongo. En janvier 2006, il est nommé ministre délégué aux Mines, à l’Énergie, au Pétrole et aux Ressources hydrauliques.

À l’Assemblée nationale, il a également représenté le 1er siège du département de la Zadié durant la 11e législature sous la bannière du Parti démocratique gabonais (PDG), formation dominante de la vie politique gabonaise pendant plusieurs décennies.

Diplômé du Centre d’études d’Afrique noire de l’Université Bordeaux IV, il avait aussi pris part aux discussions internationales sur les ressources extractives, représentant notamment le Gabon à Luanda lors de la création de l’Association des pays africains producteurs de diamants.

De la majorité à la dissidence

La trajectoire de Sylvain Momoadjambo ne s’est cependant pas limitée aux cercles du pouvoir. Au milieu du premier septennat de Ali Bongo Ondimba, il s’éloigne du PDG pour rejoindre le courant contestataire « Héritage et Modernité ».

En avril 2016, il figure parmi les députés qui quittent avec fracas l’Assemblée nationale, aux côtés notamment d’Alexandre Barro Chambrier, pour dénoncer la gouvernance de l’époque. Cet épisode marque un tournant dans sa carrière et illustre les recompositions politiques qui traversent alors le pays.

Selon certaines sources médiatiques, il était proche de l’ancien Premier ministre Casimir Oyé Mba, qui aurait contribué à son ascension sur la scène nationale.

Un engagement freiné par la maladie

En 2009, un accident vasculaire cérébral affaiblit durablement l’ancien ministre. Progressivement éloigné de la vie publique active, il n’en demeure pas moins attaché aux combats politiques qu’il avait embrassés.

Le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM), héritié du mouvement Héritage et Modernité, a salué dans un communiqué « un militant de la première heure », évoquant sa fidélité malgré l’épreuve de la maladie. Le parti souligne qu’il « n’a jamais cessé de s’intéresser à la vie politique » et qu’il est resté fidèle à ses convictions jusqu’à la fin.

Une figure des transitions politiques

Au-delà des hommages partisans, le parcours de Sylvain Momoadjambo reflète les transformations d’une génération politique passée du monopole d’un grand parti à l’émergence de courants alternatifs.

Ministre sous l’ancien régime, député engagé dans la dissidence quelques années plus tard, il incarne ces trajectoires marquées par des repositionnements successifs dans un environnement politique en mutation.

Ses obsèques devraient réunir responsables politiques, anciens collègues parlementaires et militants, venus saluer la mémoire d’un homme dont la carrière aura épousé les soubresauts de la vie publique gabonaise.

Avec sa disparition, c’est une page supplémentaire de l’histoire politique récente du pays qui se tourne.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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