Politique

Guy-Bertrand Mapangou : “Il n’y a pas de vacance à la tête du Gabon”

Libreville, Samedi 24 Novembre 2018 (Infos Gabon) –  Guy-Bertrand Mapangou, ministre d’Etat en charge de la Communication et de l’Economie numérique et porte-parole du gouvernement.

Fallait-il qu’un malaise survienne à Ali Bongo Ondimba pour mesurer son degré de popularité et comprendre à quel point il manque tant à sa population ? Depuis que le chef de l’Etat a été victime d’une «fatigue sévère» à Riyad en Arabie Saoudite puis interné à l’hôpital roi Fayçal, les Gabonais dans leur immense majorité ont l’oreille tendue vers Riyad. Une opinion qui se vérifie à travers une interview accordée à la presse par le ministre d’Etat en charge de la Communication et porte-parole du gouvernement.

D’entrée de jeu, Guy-Bertrand Mapangou tient à préciser que la communication autour de l’état de santé du président de la République est une prérogative dévolue exclusivement à la présidence de la République. «Au Gabon, depuis que le chef de l’Etat est tombé malade, le gouvernement de la République a strictement tenu son rôle en laissant le porte-parole de la présidence remplir sa mission. Ce haut fonctionnaire a fait ce qui relève donc de ses prérogatives en communiquant plusieurs fois les informations en sa possession. Ceci s’est fait sans interférence du gouvernement», a-t-il indiqué.

Sur la pression faite au gouvernement par certains politiques de communiquer en toute transparence, l’orateur se veut davantage précis. «Il revenait préalablement à l’administration présidentielle de porter à la connaissance de l’opinion publique les premières informations sur la santé du président. C’est cela la règle disais-je, dans un premier temps. Cela a été fait. Là où le Comité des sages du PDG et les autres acteurs politiques de l’opposition ont totalement raison de monter au créneau, c’est dans ce second temps du développement des événements où le Gouvernement doit prendre la relève en tout point», a-t-il précisé.

Les institutions de la République sont en marche

Guy-Bertrand Mapangou s’est voulu rassurant devant le doute persistant d’une certaine opinion qui a laissé penser que l’état de santé d’Ali Bongo Ondimba allait de ma         l en pis. «Au regard de la réalité de l’évolution de la situation présentée au peuple gabonais par le porte-parole de la présidence, l’état de santé du président de la République s’améliore. Cela est un point plus que rassurant sur une évolution positive dans les jours et les semaines à venir», a déclaré le ministre de la Communication.

A ceux qui continuent de penser qu’il y a vacance à la tête du pays, le porte-parole du gouvernement réplique en ces termes : «il  n’y a pas vacance du pouvoir. Le président est certes malade, mais rien ne dit dans la Constitution qu’à chaque fois que le président est malade, on doit invoquer la vacance au sommet de l’Etat et exciper, ipso facto, de l’article 13 pour sembler légaliste. Ceci pour expliquer simplement que vous ne trouverez, dans la Constitution, aucune injonction à l’endroit de quelque institution que ce soit de la République à tenir un délai butoir pour constater une éventuelle vacance du pouvoir à la présidence de la République».

«En somme, les conditions objectives ne sont pas réunies à ce jour pour brandir l’article 13. Il faut attendre que les médecins du président se prononcent négativement avec leur science à cet égard, ce qui est le contraire nous en convenons. En d’autres termes, les données factuelles à ce jour n’empêchent aucunement le bon fonctionnement de nos Institutions, autant qu’elles ne nécessitent aucune démarche visant à la constatation d’une vacance du pouvoir. En conséquence, la sagesse commande donc que le gouvernement observe la bonne évolution, au demeurant déjà actée, du recouvrement de la bonne santé du président», a-t-il poursuivi.

La continuité de l’Etat assurée

Guy-Bertrand Mapangou a également fait savoir que nonobstant l’absence du président de la République pour raison de convalescence, les institutions étatiques sont toujours en marche. «Si on examine l’article 28 de la Constitution, vous noterez que ce texte dit explicitement que le président partage les prérogatives de l’exécutif avec le Premier ministre. Ceci veut dire simplement que si le président la République est momentanément empêché, notamment pour convalescence comme c’est bien le cas, le Premier ministre peut agir en vue d’assurer ‘la continuité de l’Etat’», souligne-t-il.

Faisant référence à l’article 28 de la Constitution, il fait savoir que c’est le gouvernement, placé sous l’autorité du Président de la République, qui, je cite, «conduit la politique de la nation. […]. Le gouvernement dispose, à cet effet, de l’administration et des forces de défense et de sécurité. […]. Le gouvernement est responsable devant le président de la République et l’Assemblée nationale, dans les conditions et les procédures prévues par la présente Constitution». D’après lui, «la Constitution a donc choisi un glissement des prérogatives entre le président de la République et le gouvernement en ce qui concerne la conduite de la politique de la nation».

Les prérogatives du chef de l’Etat sont assurées par le gouvernement

A la question de savoir qu’adviendrait-il en cas de convalescence prolongée, le ministre de la Communication balaie d’un revers de la main l’idée d’un vide juridique. «Le gouvernement de la République travaille dans le strict prolongement des prérogatives du chef de l’Etat qui est, lui, l’élu de la nation et donc le dépositaire de la légitimité du peuple. Le gouvernement Issoze Ngondet observera, en toutes circonstances, la Loi et rien d’autre que la Loi. La seule précision immédiate est qu’il n’y a pas de raison de se précipiter à constater une vacance du pouvoir qui n’a pas de substrat», martèle-t-il.

«L’article 83 de la Constitution prévoit qu’en présence d’une difficulté comme celle que vous évoquez, si celle-ci devait devenir une réelle difficulté dans le fonctionnement de l’Etat, la Cour constitutionnelle dispose des pouvoirs de régulation du fonctionnement de toutes les autres Institutions, y compris en s’autosaisissant en tant que de besoin», déclare-t-il.

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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