Politique

Malaise présidentiel : Le cas gabonais n’est pas un cas isolé

Libreville, Samedi 10 Novembre 2018 (Infos Gabon) – En dehors d’Ali Bongo Ondimba, plusieurs autres chefs d’Etat ont déjà été ou sont frappés d’une affection les éloignant par moments de la gestion des affaires publiques. Sans pour autant susciter un tollé.

Depuis le 24 octobre dernier que le président gabonais a été touché par un malaise à la suite d’une «fatigue sévère», puis hospitalisé à l’hôpital roi Fayçal de Riyad en Arabie Saoudite, la santé d’Ali Bongo Ondimba est sur toutes les lèvres. Chacun y va de son commentaire sur ce qui est arrivé au président gabonais. Alors que les uns l’avaient déjà donné pour mort à la suite d’un accident vasculaire cérébrale (AVC), d’autres ont même évoqué une vacance de pouvoir.

Tout se passe comme si le malaise d’Ali Bongo Ondimba était une particularité. Tel un acharnement à l’endroit du locataire du palais du bord de mer, les détracteurs qui se frottaient déjà les mains à l’idée que ce dernier n’était plus en vie feignent d’oublier que bien avant lui, d’autres chefs d’Etat ont eu maille à partir avec leur santé.

En 2004, Paul Biya, alors en séjour en Suisse, avait été donné pour mort. Vérification faite, le gouvernement découvre que le vrai faux décès du président camerounais n’est autre qu’une machination d’un certain Ndzana Seme, un journaliste d’origine camerounaise établi depuis des années aux Etats-Unis. Contrairement à ce qu’on aurait bien pu s’attendre, le retour au bercail de «l’homme lion» sera plutôt un triomphe le long de l’itinéraire entre l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen jusqu’au palais de l’Unité à Etoudi.  A sa descente d’avion, il aura ces mots à l’endroit de ses détracteurs : «A tous ceux qui souhaitent mes obsèques, je leur donne rendez-vous dans une vingtaine d’années».

Par contre, le président camerounais, présent en mars 2006 à un sommet de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) à Bata en Guinée équatoriale, a effectivement été victime d’un malaise. La présidence équato-guinéenne avait alors affirmé que Paul Biya a été victime d’«un coup de fatigue». Au Cameroun, les institutions sont restées debout.

Tout comme en Côte d’Ivoire, le président de la République a été interné cinquante jours durant à Paris en France. Durant les premières années de son quinquennat, Alassane Ouattara suivait des soins au Val de Grâce et à l’Hôpital américain. L’opposition n’en a jamais fait cas du moment où le fonctionnement du pays n’était pas affecté. Bien avant lui,  Félix Houphouët-Boigny passera six mois en Suisse pour raison médicale. Alors Premier ministre, M. Ouattara lui portait des parapheurs. Malgré cette absence, le pays des Eléphants a continué de fonctionner.

Depuis son retour au pouvoir en 2015 au Nigeria, Muhammadu Buhari a déjà passé cinq mois de manière discontinue à Londres en Grande Bretagne pour cause de soucis de santé. Le Sénat n’a pour autant engagé aucune procédure visant à constater une quelconque vacance.  Il entend se représenter à sa propre succession en février 2019.

Victime d’un AVC en 2013, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika reste cloué sur une chaise roulante et est déterminé à se représenter à la présidentielle d’avril 2019.

Autant de faits et bien d’autres qui illustrent à suffisance que malgré l’absence d’Ali Bongo Ondimba, le Gabon reste et demeure sur les rails. Le gouvernement poursuit la mise en œuvre du Plan de relance économique et toutes les institutions fonctionnent. Le noyau constitué de certaines hautes personnalités du pays est au contrôle.

En attendant le retour du président de la République. Trêve de polémique, la situation est au contrôle !

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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