Politique

Procès de Noureddin Bongo Valentin : Estelle Ondo recentre le débat

Libreville, Mardi 17 décembre 2019 (Infos Gabon) – L’ancienne ministre et députée du 2e arrondissement d’Oyem s’insurge contre la cabale en cours contre la nomination du fils aîné du président Ali Bongo Ondimba au poste de coordinateur général des affaires présidentielles. La militante de l’Union nationale demande de mettre un terme procès en patronyme.

La polémique née de la nomination de Noureddin Bongo Valentin comme coordinateur général des affaires présidentielles au terme du Conseil des ministres du 05 décembre dernier ne cesse de faire des vagues. Chacun y va désormais de son opinion pour se prononcer sur le sujet.

D’un côté, il y a ceux qui critiquent pour critiquer-les réseaux «soucieux» servant de terreau à la critique facile. De l’autre, ceux qui prennent la parole pour apporter une contribution au débat de nature à faire avancer la société.

Dans cette dernière catégorie, l’on peut citer l’ancien ministre Ali Akbar Onanga  Y’Obegue qui, par le truchement d’une tribune libre, a apporté un éclairage juridique pointilleux et profond pour expliquer, en des termes simples et limpides, les raisons de ce choix. A sa suite, Estelle Ondo s’arme de sa plume pour apporter sa contribution au débat.

Une gouvernance d’ouverture et d’égalité de chances

Ancienne ministre de la République et députée du 2e arrondissement d’Oyem, elle marque d’entrée de jeu son étonnement face à cette vague orageuse qui s’abat sur un Gabonais à part entière que d’aucuns veulent réduire en Gabonais «entièrement à part» parce que fils de chef d’Etat. «Certains critiquent un « poste sur mesure » ou « consacrant une monarchisation » de l’Etat. D’autres politiques créent une polémique politicienne.

« Leur haine et leur colère n’ont malheureusement pas permis aux Gabonais de mieux saisir les enjeux réels sur le plan administratif et politique de cette nomination», dénonce-t-elle. Avec force arguments, elle tient à faire quelques rappels historiques qui montrent bien que le président Ali Bongo Ondimba est dans une phase de reconstruction de la nation gabonaise avec en prime un intérêt accordé aux équilibres sociologiques.

«Au plan politique, le président actuel a trouvé un système (géopolitique) et des pesanteurs (PDG) qui avaient cours sous l’ancien régime de feu le président Omar Bongo. On peut dire, sans exagération, qu’il a, en dix ans de pouvoir, amorcé la casse du système. C’est dans ce sens que la Primature qui était la “chose” de la communauté fang de l’Estuaire (Libreville) depuis les années 1970 est allée au Woleu-Ntem (Raymond Ndong Sima, Daniel Ona Ondo), puis dans l’Ogooué-Ivindo (Issoze Ngondet) avant de revenir actuellement dans l’Estuaire, mais loin de certaines grandes familles qui y semblaient disposées. On est allé vers « plus » de République dans ce sens, et donc vers plus d’ouverture, d’égalité des chances», souligne-t-elle.

Le Gabon n’est pas un cas isolé

Dans ce coup de massue qu’elle assène aux adeptes de la critique facile, Estelle Ondo illustre son propos par des faits réels qui existent dans certains grands pays généralement cités comme de véritables modèles en matière de gouvernance et de démocratie. «Au plan juridique, au Gabon, comme dans certaines grandes démocraties, il n’est pas formellement interdit au chef de l’Etat de nommer à de hautes fonctions des membres de sa famille. Par exemple aux Etats-Unis, le Président Donald Trump a bien nommé son beau-fils à son cabinet; en France, les présidents de la République et les parlementaires ont souvent nommé des parents (femmes, enfants, amis) à des postes importants», cite-t-elle.

L’oratrice tient également à rappeler à certains de ces critiques le népotisme qui était leur mode de gouvernance du temps où ils étaient encore aux affaires. «Parmi ceux qui crient aujourd’hui au loup, plusieurs ont nommé des proches ou ont été nommés eux-mêmes, selon des critères subjectifs, familiaux (politiques), etc. Sans que cela ne soit à l’époque ni « illégal » ou « inconstitutionnel » comme ils veulent le faire croire, aujourd’hui», dénonce-t-elle.

Noureddin Bongo Valentin : un assistant et non un vice-président de la République

A ceux qui ont tôt fait d’attribuer au coordinateur général des affaires présidentielles le statut de vice-président de la République, la députée botte en touche cette vision des choses. «Sur le plan technique, le décret portant création et fixant les attributions et avantages du coordinateur général des Affaires présidentielles précise que celui-ci « assiste le président de la République dans la conduite de toutes les affaires de l’Etat et veille à la stricte application de ses décisions ». L’expression « assiste » n’est pas spécialement attribuée au coordinateur général des Affaires présidentielles. On la retrouve dans plusieurs textes organiques des ministères et même de la présidence», précise-t-elle.

«Cela ne crée donc pas des pouvoirs politiques ou administratifs en faveur de son titulaire pour exiger des ministres, hauts fonctionnaires de s’incliner sous ses pieds. En revanche, titulaire d’un mandat ou d’une mission de suivi évaluation, il travaille en collaboration étroite avec le président sans avoir politiquement la qualité de le remplacer comme la Constitution ne le réserve que pour le vice-président de la République et le Premier ministre dans certains cas limités (présidence du Conseil des ministres, missions à l’étranger ou à l’intérieur du pays, nominations aux hautes fonctions de l’Etat…)», poursuit-elle.

En guise de sagesse, il recommande aux Gabonais patience pour mieux apprécier à l’avenir les conséquences de ce décret présidentiel. «Bien entendu, les textes juridiques sont une chose et la pratique politique en est une autre. Il vaut donc mieux attendre et observer la façon dont le coordinateur général va se mouvoir entre le directeur de cabinet, le secrétaire général de la présidence de la République et le Premier ministre, parce que ce sont eux qui ont la charge d’exécuter les décisions et arbitrages du chef de l’Etat», lance-t-elle.

Pour Estelle Ondo, le jeune promu doit être jugé sur ses états de service et non sur le fait qu’il est le fils du président de la République. «De plus, la République ne juge pas en fonction du patronyme, de l’ethnie ou de la couleur de la peau, mais du sens de l’intégrité, du dévouement et de l’efficacité (action, résultat). Je pense qu’il faut mettre un terme au procès en patronyme. Il faut juger Noureddin Bongo Valentin à l’épreuve de son humilité (éthique) et de son efficacité (politico-administrative) dans le respect des bornes légales et constitutionnelles qui fondent l’Etat de droit démocratique», conclut-elle.

FIN/INFOSGABON/SM/2019

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